Jacques Torracinta, né le à Malo-les-Bains (Nord) et mort le à Montebourg (Manche), est un syndicaliste, électricien, journaliste et homme politique français.

Militant du Parti communiste français (PCF), membre de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) et trésorier adjoint du syndicat CGT des Marins du Havre, il adhère à la Collaboration et rejoint successivement le Rassemblement national populaire (RNP) dont il devient le responsable au Havre, le Parti franciste et la Waffen-SS.

Biographie

Communiste et syndicaliste du Havre Né en 1911 et fils d’un commerçant d’origine corse, Jacques Torracinta travaille dans le domaine maritime au Havre et milite en parallèle au Parti communiste français (PCF) et au syndicat unitaire (CGTU) des marins du Havre comme secrétaire.

Également journaliste, il est gérant du journal fédéral L’Inscrit maritime et collabore à La Vie Ouvrière. À l'occasion de la grève des marins du , il se constitue prisonnier et est condamné pour violence à huit jours de prison le . Il est également condamné à trois jours de prison sans sursis pour avoir refusé d'obtempérer le . Par la suite, il quitte le PCF et la CGT pour fonder un syndicat autonome des marins du Havre (3 000 adhérents en 1943) dont il est élu secrétaire et qui se donnait pour but de « démasquer l'activité communiste nuisible au syndicalisme ».

Militant collaborationniste Arrêté par la Allemands au début de l’Occupation, il prouve sa non-appartenance au Parti communiste puis va travailler pour une durée de sept mois comme électricien sur un chantier de construction navale en Allemagne. À son retour, il rejoint le Rassemblement national populaire (RNP) et entame une série de conférences dans lesquelles il explique sa « conversion » et « les motifs de son adhésion à la cause franco-allemande ». Dans un article paru dans un journal local intitulé « Pourquoi j’ai quitté le Parti communiste et pourquoi je suis devenu collaborationniste », il écrivait : « Je reviens d’Allemagne, j’ai vu ce que l’Allemagne national-socialiste a fait pour la classe ouvrière ». Aussi, il écrivait qu'il voyait l'armée d'occupation comme « l'ambassadeur d'un pays bien organisé » et qu'il était devenu un « ennemi du bolchevisme, ami de l'Allemagne, un admirateur passionné du Maréchal, promoteur et artisan de la Collaboration ».

En , il prend la présidence du RNP du Havre puis passe au Parti franciste avec lequel il tente, grâce à son passé communiste, de rallier d'ancien militants et des ouvriers à la Collaboration. D’après l'historien Roger Le Marec, il aurait rejoint par la suite la Milice française de Joseph Darnand.

En 1946, il est condamné à mort par contumace par la Cour de justice pour s'être engagé dans les Waffen-SS et être un agent actif de la Propagandastaffel.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Marie-Paule Dhaille-Hervieu, Communistes au Havre : Histoire sociale, culturelle et politique, 1922-1983, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2009, Claude Malon, Occupation, épuration, reconstruction : le monde de l'entreprise au Havre, 1940-1950, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2012,

Liens externes

Maitron

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