Camp Ashraf 3 (en ) est un camp de réfugiés et une localité en Albanie servant de siège à l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien. Il est situé à Manëz, dans la préfecture de Durrës.

En 2013, avant la fermeture du Camp Liberty de Bagdad, des membres de l'organisation des Moudjahidines du peuple sont transférés vers plusieurs pays européens, principalement en Albanie. En , les autorités albanaises mènent un raid contre le camp et saisissent du matériel électronique.

Localisation et protection Camp Ashraf 3 est une localité à part entière, située sur une route de campagne albanaise, à Manëz, dans la préfecture de Durrës, une zone entre Tirana et la ville côtière de Durrës. Le camp se situe à de la capitale Tirana.

Camp Ashraf 3 est lourdement protégé, avec une enceinte barbelée de plusieurs mètres de haut, surveillée par des caméras. Le complexe est gardé par une société de sécurité privée, ARB Security, leader du secteur en Albanie.

Histoire En 2013, avant la fermeture du camp Liberty de Bagdad, des membres de l'organisation des Moudjahidines du peuple sont transférés vers plusieurs pays européens mais principalement en Albanie, pour des raisons humanitaires. les autorités albanaises acceptent la demande des États-Unis d'accueillir environ de l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (Mujaheddin-e-Khalq, MEK). Le camp est construit à à l'ouest de Tirana, sur une superficie de de terres agricoles. En 2015, l'Albanie et le gouvernement américain signent un partenariat stratégique constituant un effort de coopération pour la sécurité dans la région.

L'Albanie refuse d'accorder le statut de réfugié aux résidents du camp, cependant les Nations unies leur versent une allocation de par mois (environ ), qui expire en 2018. Le sénateur républicain américain John McCain déclare que , les membres de l'OMPI devraient bénéficier d'une protection internationale en vertu de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951.

À partir de 2013, les Moudjahiddines du peuple organisent des réunions et invitent des personnalités telles que l'ancien vice-président américain Mike Pence et l'ancien secrétaire d'État Mike Pompeo. Le , une conférence intitulée « 120 ans de lutte pour la liberté en Iran » se tient à Camp Ashraf 3. L'ancien sénateur américain Joe Lieberman y prononce un discours et des personnalités influentes du camp républicain les soutiennent, comme John Bolton et Rudy Giuliani. Ce dernier témoigne son admiration au pays d'accueil, déclarant qu'il a . Mike Pence leur exprime également son soutien, décrivant comme un grand honneur d'assister à une cérémonie de l'OMPI à Achraf 3.

La police albanaise déjoue avec succès de nombreuses attaques planifiées par des agents iraniens contre le camp. Le directeur général de la police, Ardi Veliu, déclare que les institutions de sécurité albanaises ont découvert une cellule active de l'unité des opérations extérieures de la Force Al-Qods, rattachée au Corps des gardiens de la révolution islamique. Plus généralement, l'accueil par l'Albanie de réfugiés membres de l'OMPI dégrade considérablement les relations du pays avec l'Iran, qui réplique par une diplomatie agressive et des opérations d'ingérence auxquelles doit faire face le Service de renseignement de l'État.

Vie quotidienne Les activités quotidiennes du camp sont axées sur le soutien au mouvement de mené par des dissidents en Iran. Le camp dispose d'une salle de presse où les membres recueillent des informations sur les abus du régime iranien, qu'ils jugent essentielles compte tenu de la censure des médias en Iran. Le camp comprend également une salle de sport, une cafétéria, un musée retraçant l'histoire du mouvement et un studio d'enregistrement où sont produits des chansons et des clips vidéo anti-régime destinés à être diffusés sur les réseaux sociaux iraniens. Les résidents de Camp Ashraf vivent en quasi-autarcie, ayant très peu de contacts avec les habitants albanais locaux.

Pendant un temps, les Moudjahiddines du peuple sont financés partiellement par l'ONU, mais celle-ci retire son soutien en 2018. Les États-Unis continuent d'apporter leur aide et l'organisation se finance elle-même, avec des ressources diverses, notamment des dons privés. La sécurité du camp est elle financée grâce à des ressources d'origine inconnue.

En 2018, le correspondant à Téhéran, Arron Merat, rapporte qu'environ du mouvement vivent dans le camp. Il dit avoir interrogé des dizaines de transfuges qui affirment que les commandants de l'OMPI utilisaient la torture pour contrôler leurs membres. En réponse, un porte-parole déclare : . En , Patrick Kingsley, journaliste au New York Times, interroge Somayeh Mohammadi au camp. Elle affirme que son père est un agent infiltré de la république islamique d'Iran et qu'elle a rejoint l'OMPI volontairement en 1998, .

En 2022, Associated Press rapporte que habitent dans le camp près de Tirana. Ce nombre est confirmé en 2025 par Intelligence Online qui indique que les résidents du complexe sont assez âgés et sont principalement des hommes.

Raid de la police albanaise Contexte Avant le raid, en 2022, l'Albanie subit une cyberattaque que son gouvernement et des multinationales technologiques attribue au ministère iranien des Affaires étrangères. Cette attaque aurait été menée en représailles à la volonté de l'Albanie d'accueillir le camp de l'OMPI, un important groupe opposition iranien. Cette attaque pousse le gouvernement albanais à suspendre ses relations diplomatiques avec l'Iran. Le ministère iranien des Affaires étrangères nie toute implication et souligne que l'Iran lui-même subit des cyberattaques organisées par les Moudjahiddines du peuple.

Le camp fait l'objet de l'attention des médias albanais et des partis d'opposition concernant les termes de l'accord de 2014 et des soupçons grandissent concernant les activités présumées de l'OMPI sur le sol albanais. L'ancien chef des renseignements militaires albanais, Ylli Zyla, accuse le groupe d'avoir violé la loi albanaise. Certains médias et analystes suggèrent que le raid est lié aux négociations entre les États-Unis et l'Iran.

Déroulement Le , la police albanaise mène un raid sur Camp Ashraf 3, au cours duquel au moins un membre a été tué. Des centaines de policiers prennent d'assaut le complexe, qui est protégé par une équipe de sécurité privée contre d'éventuelles attaques d'agents iraniens. L'opération est organisée par le Parquet spécial de lutte contre le crime organisé et la corruption, avec l'accord du département d'État américain.

Des images obtenues par The Independent montrent des hommes et des femmes âgés face à de nombreux agents de police les aspergeant de gaz lacrymogène.

Le ministre de l'Intérieur, Bledar Çuçi, déclare aux médias que la police ne fait qu' visant à saisir des appareils électroniques et du matériel car le parquet spécial prétend avoir des sur la nature des activités à l'intérieur du camp. Il suggère que les membres du MEK se livrent à des activités politiques, ce qui est interdit en vertu des termes de leur accord de séjour en Albanie.

Conséquences Le raid fait un mort et , dont des résidents de Camp Ashraf 3. Muhamet Rrumbullaku, commandant de la police nationale albanaise, déclare que des membres de l'OMPI comme des policiers ont été blessés pendant le raid. Selon Intelligence Online, le bilan est de parmi les forces de l'ordre contre environ une vingtaine côté moudjahiddines.

Le Conseil national de la résistance iranienne, une organisation affiliée au mouvement, affirme que le raid a été mené à la demande du gouvernement iranien. Ils ajoutent qu'il s'est produit quelques jours seulement après que les autorités françaises ont interdit le rassemblement d'opposition prévu à Paris pour la première fois, invoquant la crainte d'éventuels « troubles à l'ordre public » et le risque de représailles iraniennes. Cependant, une semaine plus tard, un tribunal parisien annule l'interdiction, permettant aux membres de se rassembler place Vauban à Paris.

Après l'événement, le ministère du Renseignement de la république islamique d'Iran adresse officiellement ses remerciements aux autorités albanaises pour le raid, ouvrant la voie à de nouveaux efforts de répression transnationale en déclarant : .

Références

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