La folie des prairies ou fièvre des prairies est un mal qui affecte les colons européens durant leur migration et leur installation dans les Grandes Plaines, aussi bien dans l’Ouest américain que dans les prairies canadiennes, au . Les colons qui se déplacent alors de zones densément urbanisées et peuplées de la Côte est se retrouvent face au risque de dépression nerveuse du fait des rudes conditions de vie et du niveau extrême d'isolement des prairies. Les symptômes de la folie des prairies incluent la dépression, le repli sur soi, des changements comportementaux et dans les habitudes, et de la violence. La folie des prairies peut alors mener la personne atteinte de ce mal à retourner sur la Côte est, ou, dans certains cas extrêmes, au suicide.
Toutefois, la folie des prairies n'est pas considérée comme une affection clinique. Il s’agit plutôt d'un thème récurrent dans les écrits de fiction et de non-fiction de l’époque pour décrire un phénomène assez courant. Eugène Virgin Smalley en fait la description en 1893: «Une quantité alarmante de cas de folie survient dans les nouveaux États des Grandes Plaines parmi les fermiers et leurs épouses». Causes vignette|Passage à niveau équipé d'une barrière canadienne dans un espace rural du Dakota du Sud
Le phénomène connu sous le nom de « folie des prairies » est une affection d'une certaine ampleur qui touche nombre de colons qui s'installent dans les Grandes Plaines - aussi bien dans l'Ouest américain que dans les prairies canadiennes - durant le . Celui-ci trouve ses causes plus dans l'isolement dans lequel se trouvent certains colons que les rudes conditions climatiques . Isolement qui trouve notamment sa source dans le Homestead Act du . Celui-ci stipule alors que tout colon qui arriverait à s'installer sur une terre donnée de 160 acres (environ 65 ha) et à la faire fructifier, pour une durée de cinq ans, en gagnerait l'entière propriété.
alt=Le paysage est désolé et sec entre la fin du mois d'août et le mois d'avril, pendant environ huit mois par an|centré|vignette|Panorama d'une prairie désolée située près de Pierce, dans le nord du Colorado|800x800px Facteurs de risque
Nombre de colons restent attachés à leur mode de vie de la côte Est, et leurs tentatives pour que leurs nouveaux foyers dans l'Ouest respectent les anciennes coutumes déclenchent parfois la folie des prairies. D'autres tentent de s'adapter à un mode de vie entièrement nouveau et abandonnent leurs anciennes habitudes, mais succombent tout de même à la folie. Certains mécanismes d'adaptation pour échapper au traumatisme émotionnel de l'installation dans la prairie consistent à se déplacer continuellement vers de nouveaux endroits ou à revenir sur la côte Est.
Symptômes
Puisque la folie des prairies n'est pas reconnue comme étant une maladie clinique, il n'y a pas de connaissance réelle de l'ensemble de ses symptômes. Toutefois, les descriptions que font les écrits historiques, les témoignages, ou encore la littérature de l'Ouest de la folie des prairies, permettent de comprendre quels sont certains de ses symptômes. vignette|300x300px|Un paysage des Grandes Plaines, à l'ouest de Kearney, Nebraska
Déclin
La folie des prairies disparaît progressivement de toute trace écrite historique et littéraire depuis la «Fermeture de la Frontière» (en 1890), ce qui peut s’expliquer notamment par les progrès techniques, comme le développement des réseaux de communication et des moyens de transport - chemin de fer, téléphone et automobile.
Impact culturel
La folie des prairies a laissé un certain impact culturel dans le paysage littéraire et cinématographique américain du à nos jours. En voici quelques éléments (liste non exhaustive):
En 2008, Stephen Bridgewater réalise un western intitulé . Stephen King explore ce phénomène dans sa nouvelle1922, publiée en 2010, avant d'être adaptée au cinéma en 2017. Le western The Homesman - réalisé par Tommy Lee Jones et sorti en 2014 - s'intéresse aussi de près à ce phénomène. Dans le film, une femme doit escorter, hors des territoires désolées du Nebraska, trois autres femmes qui ont perdu la raison à cause de la folie des prairies. Le scénario s'inspire d'ailleurs du roman éponyme de Glendon Swarthout, publié en 1988. L'intrigue du film Terre maudite - The Wind en version originale - réalisé par Emma Tammi, et sorti en 2018, tourne autour de l'histoire d'un couple de colons venant s'installer dans une zone déserte du Nouveau-Mexique, à la fin du XIXe siècle, et dont l'épouse, laissée seule, sombre peu à peu dans la folie. Un roman de , publié en 2019, s'intitule Prairie Fever. Le roman Lone Woman de Victor LaValle, publié en 2023, y fait référence.
Notes et références Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé «Prairie madness».
Voir aussi
Bibliographie et ressources
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Articles connexes
. . Piblokto-Maladie mentale liée à la culture. Syndrome de la cabane-Irritabilité liée à un confinement sur le long terme dans un espace donné. - Anxiété associée aux chasseurs-pêcheurs inuits seuls en kayak sur une mer ou un lac calme.
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