En Nouvelle-Calédonie, le clivage politique traditionnel depuis les années 1970 est celui qui oppose les courants indépendantistes, généralement associés ou revendiqués comme étant de gauche, aux courants loyalistes, couramment assimilés ou revendiqués comme étant de droite. Ce paysage se diversifie au fur et à mesure que l'enjeu est, plus que le statut de l'île, sa gestion, tandis que des formations aux dimensions ethniques se sont ajoutées à côté de ces deux grands blocs.
Loyalistes, anti ou non indépendantistes Né face à la montée de la revendication indépendantiste dans les années 1970, le camp non indépendantiste, souvent appelé également « loyaliste », a longtemps été fédéré au sein du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) de Jacques Lafleur, fondé en 1977 sous le nom de Rassemblement pour la Calédonie (RPC), et dénommé Le Rassemblement-UMP de 2004 à 2014 puis tout simplement Le Rassemblement. Mais depuis les années 1990 et la signature des Accords de Matignon et de Nouméa, le leadership de Lafleur a fortement été remis en question et a conduit à la création de plusieurs partis politiques, auxquels s'ajoutent les mouvements qui ont toujours été hostiles au RPCR. Depuis la défaite de ce dernier aux élections provinciales du en Province Sud et le retrait de Jacques Lafleur du devant de la scène politique, cette division s'est accentuée. Si la tendance non indépendantiste n'était représentée après le scrutin de 2004 que par trois partis au Congrès, il est dispersé, à la veille de l'élection suivante de 2009, entre cinq formations au sein de l'assemblée locale auxquelles s'ajoutent quatre autres mouvements.
Toutefois, entre 2009 et 2022, plusieurs coalitions et rapprochements se créent ou se défont, dont notamment deux coalitions électorales pour les provinciales de 2014, une principale lors des élections de 2019 et deux lors des élections législatives en 2022. Dans ce paysage, trois principales forces siègent au Congrès depuis une nouvelle recomposition en 2022.
Rassemblement-LR Lors de l'élection présidentielle française de 2022, les partis de la coalition L'Avenir en confiance (qui était arrivée en tête en Province Sud aux provinciales de 2019, et qui, sous l'appellation , était la seule formation non indépendantiste représentée dans le Nord) ayant soutenu Valérie Pécresse continuent à former seuls le groupe de cette ancienne coalition au Congrès. Celui-ci se retrouve donc réduit à n'être plus que le deuxième groupe non indépendantiste du Congrès, toujours présidé par Virginie Ruffenach du Rassemblement-LR, et change de nom pour être appelé simplement en 2023. Il a une ligne plus conservatrice, provincialiste (demandant entre les politiques menées par ces collectivités) mais également plus modérée quant à l'attitude à adopter vis-à-vis des indépendantistes dans les discussions sur l'avenir institutionnel de l'archipel que l'autre groupe issu de L'Avenir en confiance, celui des Loyalistes, tout en s'associant généralement à eux dans les campagnes électorales ou pour les négociations avec l'État et les indépendantistesSheïma Riahi, « Avenir institutionnel : "L’héritage historique du Rassemblement nous place en responsabilité dans les discussions", déclare Virginie Ruffenach », Nouvelle-Calédonie La , 30 mars 2023.. Ses conseillers à l'Assemblée de la Province Sud créent pour leur part le groupe (pour faire écho au groupe déjà existant au sein de l'assemblée du Nord), laissant le nom aux représentants des Loyalistes.
Depuis 2022, ce groupe est donc largement dominé par Le Rassemblement-Les Républicains (Rassemblement-LR), le courant non indépendantiste historique, fondé en 1977 sous le nom de Rassemblement pour la Calédonie (RPC) par Jacques Lafleur. Il a par la suite plusieurs fois changé de nom en fonction des évolutions des principaux partis de la droite à l'échelle nationale, auxquels il a toujours été associé. Ainsi, il est devenu en 1978, après sa fusion avec la fédération néo-calédonienne du RPR de Jacques Chirac, Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) puis Le Rassemblement-UMP après la création de l'UMP et finalement Le Rassemblement-LR depuis la transformation du nom du parti de la droite française en Les Républicains en 2015. Son dirigeant fut jusqu'en 2005 Jacques Lafleur, son fondateur, qui fut député (de 1978 à 2007), président de l'Assemblée de la Province Sud (de 1989 à 2004) et le principal négociateur puis signataire du côté non indépendantiste des accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa. Pierre Frogier, qui a été maire du Mont-Dore (de 1987 à 2001), député (de 1996 à 2011) puis sénateur (de 2011 à 2023) ainsi que président du gouvernement (de 2001 à 2004), du Congrès (de 1995 à 1997 et de 2007 à 2009) et de l'Assemblée de la Province Sud (de 2009 à 2012), lui a succédé. En 2018, il démissionne pour laisser la présidence à son secrétaire général Thierry Santa, qui a dirigé à son tour le Congrès (de 2015 à 2018) puis le gouvernement (de 2019 à 2021). Il démissionne pour raisons personnelles en au profit d'Alcide Ponga, maire de Kouaoua (de 2014 à 2025), conseiller provincial du Nord et membre du Congrès (de 2019 à 2025) et à son tour président du gouvernement (depuis 2025). Le RPCR a géré seul la Province Sud de sa création en 1989 jusqu'en 2004 et a disposé jusqu'alors de la majorité au Congrès. S'il est dans l'opposition entre 2004 et 2007, il reste le premier parti du territoire en nombre de voixLuc Steinmetz, « Le paysage politique calédonien au lendemain des élections du 9 mai 2004 », Revue juridique, politique et économique de Nouvelle-Calédonie , octobre 2004, mis à jour le 17 mars 2005, portail académique de l'histoire-géographie-EMC sur le site du vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie, consulté le 21 septembre 2025., les deux députés de la Nouvelle-Calédonie ont tous été issus de ses rangs de 1986 à 2012 et il contrôle toujours de 2001 à 2008 6 communes sur 33 dont la plus importante, celle de Nouméa, jusqu'en 2014. Il redevient un parti de la majorité à partir de 2007 dans le cadre d'un « accord-cadre » avec son principal adversaire d'alors, L'Avenir ensemble, puis en redevenant la force dominante entre 2009 et 2014. Les élections législatives de 2012 puis les municipales et les provinciales de 2014 marquent un échec sévère pour le parti, qui non seulement pour la première fois de son histoire n'est plus le premier parti néo-calédonien en nombre de suffrages, mais perd de plus les deux sièges à l'Assemblée nationale qu'il détenait depuis 1986 ainsi que la mairie de Nouméa qui était sienne depuis la création du parti en 1977. Ayant momentanément soutenu un « contrat de gouvernance solidaire » avec les autres formations indépendantistes jusqu'en puis une « Plateforme commune » avec Calédonie ensemble, le MPC et Tous Calédoniens, L'Avenir en confiance de 2019 à 2022 et finalement en coopérant avec Les Loyalistes depuis 2022, il a été dans l'opposition de 2014 à 2017, de 2018 à 2019 et de 2021 à 2025. Il contient dans ses rangs des gaullistes mais aussi des représentants des autres tendances traditionnelles de la droite française, il défend généralement des positions conservatrices en matière sociale, fiscale et politique (notamment le maintien du système de statu quo de 1989, à savoir de deux camps, non indépendantistes et indépendantistes, dominés chacun par un grand parti, respectivement le Rassemblement et l'Union calédonienne) et libérales en matière économique. Ils sont signataires et des défenseurs, conjointement avec Tous Calédoniens et Les Loyalistes, de l'accord de BougivalCharlotte Mannevy, « Accord Nouvelle-Calédonie. “Bougival est la seule voie possible” pour les Loyalistes et le Rassemblement », Nouvelle-Calédonie La , 13 août 2025. Son électorat est resté assez pluriethnique, avec une plus forte représentation dans les communes du Grand Nouméa ainsi qu'au sein de l'électorat Kanak non indépendantiste des trois provinces. Il est associé à l'UMP (bien que ce partenariat est remis en question en 2013) puis au parti Les Républicains fondé en 2015.
Un petit parti est associé aux groupes dominés par Le Rassemblement, et soutient les mêmes candidats aux élections nationales : Tous Calédoniens, créé en 2014 par Pascal Vittori et d'autres élus locaux de Brousse ayant quitté L'Avenir ensemble. Défendant des positions centristes, Pascal Vittori étant par ailleurs le délégué régional du Nouveau Centre (NC) puis de Les Centristes (LC), il est également sur une ligne ruraliste de défense des intérêts des agriculteurs et des éleveurs . Bien représenté dans les conseils municipaux de la Grande Terre (contrôlant depuis les élections de 2020 deux mairies : Boulouparis avec Pascal Vittori et Koumac avec Wilfrid Weiss), il n'a qu'un seul élu provincial (Wilfrid Weiss dans le Nord) et n'a, en revanche, de représentation dans les institutions de la Nouvelle-Calédonie que depuis 2025 (Wilfrid Weiss remplaçant alors au Congrès Alcide Ponga, élu au gouvernement). Proche initialement de Sonia Backès, il l'a suivi dans son ralliement aux Républicains en 2015, mais a rompu avec elle pour participer à la création de la « Plateforme » en 2017 et est devenu depuis un allié du Rassemblement.
Calédonie ensemble