Charles Van Lerberghe (à l'état civil, dans son acte de naissance et dans son acte de décès, le nom s'écrit Van Leerberge), né à Gand le et mort à Bruxelles le , est un homme de lettres et poète symboliste belge francophone.
Biographie Charles Jean Van Lerberghe, né à Gand le , est le fils de Jean Van Leerberge et de Jeanne Marie Guislain. Il est issu d'une famille bourgeoise de Gand, d'origines courtraisiennes. Son père meurt alors qu'il n'avait pas encore sept ansIl avait six et dix mois. ainsi que sa mère alors qu'il n'a pas encore atteint sa onzième annéeIl avait alors dix ans et presque onze mois.. Il est alors confié à Désiré Vandenhove, son tuteur légal qui est un oncleBernardus Ludovicus Maeterlinck (° Gand 1804 ; + Gand 1877), avait épousé à Gand en 1829 Melania Van Beerlere (° Gand 1805 ; + Gand 1876). Ils eurent notamment d'une part Maria Louisa Maeterlinck (° Gand 1832 ; + Gand 1893) qui épousa à Gand en 1854 Desiderius Ludovicus Vandenhove (° Ledeberg 1830 ; + Gand 1914), fabricant, et d'autre part Polydorus Jacobus Maeterlinck (° Gand 1835 ; + Gand 1904) qui épousa Mathildis Van den Bossche, qui sont les parents de Maurice Materlinck (° Gand 1862 ; + Nice 1949). de Maurice Maeterlinck, futur écrivain et, en 1911, prix Nobel de littérature.
En , Charles Van Lerberghe suit un enseignement primaire à l'Institut Saint-Amand. En , l'enfant est inscrit au Collège Sainte-Barbe de Gand dirigé par les Jésuites. En 1872, ses études dans ce collège sont interrompues par une grave maladie. Son tuteur l'envoie alors à la campagne chez les frères Joséphites de Melle de 1873 à 1875 où il se signale par ses excellents résultats. De retour en 1875 au collège Sainte-Barbe de Gand, il fait la connaissance de deux condisciples, Maurice Maeterlinck et Grégoire Le RoyCharles Van Lerberghe, Hubert Juin, Poètes d'aujourd'hui, n° 186, éd. Pierre Seghers, Paris, 1969., avec qui il restera lié dans sa carrière littéraire. Dans ce collège, il reçoit une instruction austère, centrée sur les dogmes religieux et l'au-delà. Il manifeste toutefois des dons précoces pour la poésie. En 1878, il remporte le prix de poésie d'un concours d'écoles catholiques sur l'Immaculée conception.
En 1881, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Gand sans parvenir à réussir sa première année. Dès lors, avec ses condisciples Maurice Maeterlinck et Grégoire Le Roy, il s'essaie à la poésie centrée à l'époque sur la Pitié, l'Amour de la Mort et l'Amour des jeunes filles.
En , il fait la rencontre de Georges Rodenbach, poète symboliste, qui lui permet de publier en quelques-uns de ses vers dans la revue littéraire La Jeune Belgique.
En 1887, il fait paraître une dizaine de ses pièces (dont Solyane) dans le Parnasse de la Jeune Belgique. Le paraît dans La Wallonie, journal du symbolisme français et belge, Les Flaireurs, « petit drame en trois scènes dans un genre légendaire et flamand » et la première manifestation symboliste au théâtre. Par cette œuvre, il commence à se faire connaître du grand public.
En 1889, il s'inscrit à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) et y décroche en un diplôme de docteur en philosophie et lettres. En 1892, il quitte Gand pour Schaerbeek et se lie avec les milieux littéraires de la capitale belge. Il compte parmi ses amis, Émile Verhaeren, Albert Mockel, Théo Van Rysselberghe, André Fontainas, Eugène Demolder, Maeterlinck et Le Roy.
En 1898, il publie le recueil de poèmes Entrevisions après deux ans de travail acharné. À propos de ce recueil, Charles Van Lerberghe indiquait: « Je vois en images, en symboles », explique-t-il à Severin. « Il y a peu de symbolistes aussi enracinés que moi. Vous l’avez vu, je ne parle jamais des choses qu’indirectement, par allégories vagues, par suggestions (…). La beauté à mes yeux est aussi toujours plus ou moins voilée ». vignette|Recueil Entrevisions Son œuvre la plus connue et qui a suscité un grand intérêt dans le public est La Chanson d'Ève écrite à Bouillon à partir de et parue en . Il y célèbre le renouveau éternel de la nature généreuse, claire et miroitante et l'épanouissement harmonieux d'Ève dans un grand Tout, libéré de toute entrave.
Pendant toutes ces années, il voyage en Europe et s'éprend de différentes amies mais ne parvient jamais à se résoudre à se mettre en ménage. Au contraire, il est l'adepte de rencontres tarifées qui ne correspondent pas au modèle de la femme idéale auquel il aspire.
En 1904, son médecin lui diagnostique une para syphilis, maladie dégénérative du cerveau. En 1906, paraît Pan, « comédie satirique en trois actes », pièce écrite à Rome qui sera créée sur les planches à Paris, Mons et Bruxelles à la fin de cette même année. À travers Pan, Van Lerberghe se montre ironique face au monde et à la religion en particulier en adoptant une approche à la fois dionysiaque, païenne et panthéiste. En , la paralysie lui retire l'usage de la parole et de la mémoire. Il décède précocement le à l'hôpital Saint-Jean de Bruxelles et est inhumé au cimetière de Bruxelles à Evere.
Nom et famille La famille van Lerberghe est une très ancienne famille de Courtrai, et sa filiationE. de Riddere, Généalogie van Lerberghe, Tablettes des Flandres, VII, Bruges, 1957, pp. 192 à 239. peut être suivie jusqu'en 1250. Dans les registres paroissiaux courtraisiens, le nom s'écrit généralement Van (ou van) Leerberghe (avec deux "e" et un "h"). Le nom de plume de Charles van Lerberghe correspond dès lors assez à celui de ses ancêtres.
Le père de Charles van Lerberghe, Joannes Josephus Van Leerberge, était né à Gand, paroisse Saint-MichelGand, registre paroissial de la paroisse Saint-Michel : Die 1a 7bris 1794 baptizavi Joannem Josephum filium Joannis Ferdinandi Van Leerberghe ex Sti Martini Cortraci et Coleta D'haese ex Sti Michaelis conjugum natum heri prima pomeridiana Susceptores Joannes Baptista D'haese et Anna Catharina Van der Meersch (Signé : JB De Roeck pastor, joannes ferdinandus Van Leerberghe, Joan Baptiste D'haese, a:c vandermersch)., en 1794, de Joannes Ferdinandus Van Leerberghe, originaire de Courtrai, paroisse Saint-MartinCourtrai, registre paroissial de Saint-Martin, 18 novembre 1751, baptême de Joannes Ferdinandus van Leerberghe, fils de Ferdinandus Van Leerberghe fius Franciscus, et d'Anna Stragier fia Bartholomeus, conjoints, parraint et marraine : Joannes Vrmeulen et Marie de Clerck épouse de Joannes de Bree., où il était né en 1751, et de Coleta D'haese, une Gantoise de la paroisse Saint-Michel, qui s'étaient mariés à Gand, paroisse Saint-Michel NordGand, paroisse Saint-Michel Nord, Die 16 9bris 1790 praeviis tribus bannis matrimonium contraxerunt joannes ferdinandus van leerberghe ex Sti martini cortraci et coleta petronilla d'haese ex sti michaelis coram me infrascripto et testibus carolo josepho dhaese et maria theresia meeins (Signé : joannes ferdinandus van leerberghe, Coleta D'haese, Charel D'haese, marie theresia miens, JB De Roeck, pastor)., en 1790. Joannes Josephus Van Leerberge (car tel est l'orthographe de son nom dans l'acte de mariage), qualifié de marchand dans l'acte, et déjà alors âgé de 38 ans, épouse en premières noces à GandGand, acte de mariage n° 88 du 30 mai 1833, livre 90, folio 77. Le père du marié est déjà décédé et la mère du marié est qualifiée de particulière. La mariée, 23 ans, née à Oostacker, habitant à la rue Haute à Gand, est la file des feus Augustus Franciscus Malingié et Anna Marie Vanhaut. Les grands-parents sont morts, sauf la grand-mère maternelle Maria Regina van der Meersch, rentière à Gand, qui consent au mariage de sa petite-fille. Les témoins sont notamment Charles Van Leerberge, 36 ans, brasseur, et Franciscus Gheldhof, 41 ans, marchand de vins, respectivement frère et cousin par alliance. le 30 mai 1833 Rosalia Malingié, particulière, âgée de 23 ans. Joannes Josephus, qui signe alors Jean Van Lerberghe Malingié, brasse de nombreuses affaires, et on le retrouve notamment à percer deux nouvelles rues le long du Sas de GandArchives de la ville de Gand, De Zwarte Doos, Travaux publics, Série G, sections 1-4 G/1566 : dossier concernant le percement de deux nouvelles rues le long du Sas de Gand, par Jean Van Lerberghe-Malingie, avec acte d'échange de terrains avec la ville de Gand, avec plan, 1841-1843.. Il est aussi juge (et juge suppléant) au tribunal de commerceAnnuaire de la province de la Flandre orientale pour 1835. de Gand, membre de la commission de la prison de Gand en 1856, etc. C'est donc un homme bien intégré dans la bourgeoisie gantoise.
En secondes noces, Joannes Joseph Van Leerberge, alors âgé de 63 ans et qualifié de rentier, épouse à GandGand, acte de mariage n° 422 pour l'année 1858. Le marié habita alors à la rue Saint-Michel. La mariée, Joanna Maria Guislain, sans profession, 26 ans, née à Gand le 14 décembre 1831, habite chez ses parents, à la rue Bellevue, et est la fille de Petrus Judocus Guislain, maître-constructeur, et de Coleta Paulina Fuerison. en 1858 la jeune Gantoise Joanna Maria Guislain, âgée de seulement 26 ans. Ils auront trois enfants : Carolus Joannes Van Leerberge, qui sera connu sous le nom de Charles van Lerberghe, né le 21 octobre 1861 à dix heures du soir à GandGand, acte de naissance n° 3432 du 23 octobre 1861. La naissance est déclarée par le père Joannes Josephus Van Leerberge, particulier, demeurant Dierentuindreef. Il signe Jean van Lerberghe Guislain, et l'un des témoins est Carolus Van Leerberge, particulier, 64 ans, habitant au Sint Jans Vest à Gand., en la demeure de ses parents à la drève du Jardin zoologique, Maria Coleta Sophia Van Leerberge, née à Gand, et morte à GandGand, acte de décès n° 2827, folio 472. Le déclarant du décès est Carolus Van Caneghem, 58 ans, aubergiste à la Hoogpoort, cousin de la défunte. le 9 août 1865, âgée de trois jours, en la demeure de ses parents à la rue du Poivre. Maria Sophia Francisca Van Leerberge, née à GandGand, acte de naissance du 22 janvier 1868. Le père, Joannes Josephus Van Leerberge, qualifié de propriétaire foncier, est absent et la déclaration est effectuée par une tierce personne. le 21 janvier 1868, à la rue du Poivre, en la demeure de ses parents. Elle épouse à GandGand, acte de mariage du 12 février 1889. Le marié, Arthur Jean Joseph Hellemans, né à Bruxelles le 2 mars 1866, est le fils d'Urbain Louis Hellemans et de Marie Hortense Joséphine Jambers, tous deux sans profession, demeurant à Schaerbeek, et présents et consentant au mariage. L'un des témoins de la mariée est son frère qui signe C. Van Leerberge. le 12 février 1889, Arthur Jean Joseph Hellemans, alors étudiant en droit et qui sera avocat, né à Bruxelles en 1866 et demeurant à Schaerbeek chez ses parents.
Le père de Charles, Joannes Josephus Van Leerberge, est mort à GandGand, acte de décès n° 2473 du 8 septembre 1868., en sa demeure de la rue du Poivre, âgé de 74 ans, à trois heures de l'après-midi le 7 septembre 1868. Sa mère, Joanna Maria Guislain, est morte à GandGand, acte de décès n° 2943 du 20 septembre 1872. le 19 septembre 1872, en sa demeure du Rempart Saint-Jean.