La Société Genevoise de Photographie (SGP) est une association suisse à but non lucratif. Elle a été créée le par des photographes professionnels et amateurs, ainsi que par des personnes qui utilisaient la photographie à des fins scientifiques. Elle est la plus ancienne société photographique de Suisse et l’une des plus anciennes encore en activité en Europe. La SGP a joué un rôle pionnier dans le développement de la photographie en Suisse et continue de promouvoir sa pratique à Genève. Elle est affiliée à l’Association suisse pour la photographie (PHOTOSUISSE) et à la Fédération Internationale de l’Art Photographique (FIAP). Son siège se trouve à la Maison internationale des associations de Genève.
Histoire
Membres fondateurs et influents On compte parmi ses promoteurs et membres fondateurs MM. Empeyta, Édouard Fatio, le professeur Hermann Fol, Albert Gampert, Ferdinand Lacombe, Jean Lacroix, Albert Lugardon, Émile Pricam et Edgar Sautter.
En 1881, Hermann Fol devient le premier président de la Société. Professeur d’anatomie et de zoologie à l’Université de Genève, il utilise la photographie à des fins scientifiques. En 1884, Édouard Fatio, banquier et photographe amateur, accède à la présidence.
Trois ans plus tard, en 1887, Henri-Antoine Boissonnas devient le troisième président de la Société. Il possède un important atelier de portraits photographiques dans le centre-ville de Genève. Ses deux fils, Edmond-Victor Boissonnas et Frédéric (Fred) Boissonnas, deviennent également membres de la SGP. Par la suite, le fils de Fred Boissonnas, Paul Boissonnas, en sera un président d’honneur. La famille Boissonnas est connue pour avoir durablement marqué l’histoire de la photographie genevoise et helvétique.
Émile Pricam, membre fondateur de la SGP et vice-président en 1881, possède lui aussi un grand atelier de photographie dans le centre-ville de Genève. Il est en concurrence directe avec les Boissonnas. En 1881, peu avant de cofonder la SGP, il est admis membre de la Société de photographie de Paris. Puis, en 1886, il fonde, avec d’autres photographes du pays, l’Union suisse des photographes professionnels (USP).
Développement des activités Peu d’informations existent au sujet de la première année d’existence de la SGP. Il semble que ses activités se soient alors essentiellement limitées à des réunions chez ses membres les plus aisés, au cours desquelles ces messieurs discutaient des moyens d’améliorer les techniques de prise de vue et de développement des images. En 1882, la SGP se dote de son premier local en devenant sous-locataire de la section genevoise du Club alpin suisse, ce qui lui permet d’accueillir davantage de membres et d’élargir ses activités.
Dès sa création, le comité de la SGP comprend un bibliothécaire, signe de l’importance accordée à la documentation. L’acquisition de livres et de périodiques est sûrement l’une des premières, et sans doute la plus importante activité de la Société à cette époque. Son ampleur se mesure au fait que deux photographes professionnels possédant chacun un atelier de photographie dans le centre-ville de Genève, Jean Lacroix et Fred Boissonnas, assument cette fonction. Les publications nouvellement reçues sont ensuite présentées lors des séances mensuelles, où elles nourrissent les discussions.
vignette|Revue suisse de photographie |gauche
À partir de 1889, la SGP contribue activement au développement de la photographie en Suisse. Cette année-là, elle prend l’initiative de fonder la Revue suisse de photographie, en collaboration avec les photo-clubs de Lausanne et de Zurich. Dirigée jusqu’en 1902 par un membre de la SGP, Eugène Demole, cette revue sert d’organe aux diverses sociétés de photographie suisses, de faire connaître leurs travaux et de présenter les dernières avancées technologiques. Il s’agit de la première publication de ce genre en Suisse; et paraîtra jusqu’en 1906. Trois ans plus tard, en 1909, la SGP publie les Annales suisses de photographie, qui vise à décrire les choix artistiques que doit faire le photographe, notamment dans l’interprétation des scènes.
Parallèlement, la SGP développe les autres activités classiques des clubs de photographie. Dès 1882, elle programme des sorties à la journée pour ses membres. En 1891, la Société et ses activités s’ouvrent aux femmes, année où Dupin, Ed. Chenevière, Lady Peel et la baronne Adolphe de Rothschild deviennent membres. En 1898, elle commence à organiser des concours afin de récompenser et de distinguer les photographes les plus méritants. Des cours sont proposés au grand public dès 1904, ce qui contribue à diffuser la pratique photographique à Genève. La SGP organise également de nombreuses soirées de projection d’images et des expositions photographiques, comme en témoigne le grand nombre d’articles à ce sujet dans la presse.
Les soirées de projection d’images Dès 1884, la SGP organise des séances de projection de photographies, d’abord réservées à ses membres, puis ouvertes au grand public à partir de 1892. Deux ans plus tard, en 1894, ces soirées sont annoncées dans la presse de Suisse romande, ce qui attire un public toujours plus nombreux, curieux de découvrir les progrès de la photographie. À compter de 1902, les projections, déjà accompagnées de lectures, sont en outre accompagnées par des musiciens.
Le , la Société présente ses premières projections d’images en couleurs grâce aux autochromes de la maison lyonnaise Lumière et Fils. Lors de cette même soirée, Fred Boissonnas montre des photographies qu’il a réalisé au cours de ses voyages en Grèce et en Égypte. Ces soirées connaissent un franc succès auprès du public genevois jusqu’aux années 1930 et à l’arrivée d’appareils photographiques grand public, compacts et abordables.
Les soirées publiques de projection de la SGP connaissent brièvement un second souffle avec l’essor des diapositives dans les années 1960-70. La SGP se perfectionne alors dans la technique, peu répandue, du fondu enchaîné, qui fait appel à deux projecteurs fonctionnant simultanément. Elle présente cette technique au photo-club de Fribourg en 1967. L’année suivante, en , la Société organise un spectacle à Genève donné sur plusieurs soirées, intitulé Arabesque, au cours duquel environ sept cents diapositives réalisées par une douzaine de ses membres sont projetées pendant deux heures. La SGP démontre ainsi sa maîtrise du fondu enchaîné, dont Luc Buscarlet, photographe professionnel et président de la SGP, est un des spécialistes.
Les expositions photographiques Parmi toutes les expositions organisées par la SGP, certaines se démarques particulièrement.
En 1886, Hermann Fol, Henri-Antoine Boissonnas et Albert Gampert montent la première exposition photographique de la Société. Le journal Le National suisse la présente comme une première en Suisse. L’objectif de l'exposition est de faire connaître au public les progrès accomplis en photographie, ainsi que son potentiel artistique. Deux photographies de paysage en grand format, réalisées par l’atelier Boissonnas, retiennent tout spécialement l’attention des visiteurs. Le professeur Hermann Fol expose à la fois des vues des Alpes suisses et les résultats d’expériences sur la pénétration de la lumière dans l’eau. Le docteur Donnadieu, de Lyon, présente quant à lui des planches de préparations anatomiques destinées à l’enseignement. Des représentants d’ateliers photographiques viennent de plusieurs régions de Suisse, notamment des cantons de Neuchâtel, Vaud et Zurich. L’atelier Jaccard, de Lausanne, se fait particulièrement remarquer pour ses vues de tempêtes sur le lac Léman.
thumb|La rade gelée de Genève, Emile Pricam, 1891|droite
Du au , la SGP organise, conjointement avec l’Association des photographes suisses, une exposition internationale de photographie. Celle-ci coïncide avec la session de l’Union internationale de photographie tenue à Genève. Émile Pricam y représente la Société au sein du comité d’organisation. Le Conseil fédéral subventionne l’exposition et lui accorde, en outre, une franchise douanière pour le matériel photographique en provenance de l’étranger. Pour l’occasion, la vaste salle du Palais électoral de Genève est métamorphosée : les murs se parent de tentures et de draperies, tandis qu’une fontaine entourée de plantes vertes occupe son centre. Pas moins de 180 exposants y prennent part, dont les deux tiers viennent de l’étranger. Une dizaine de pays sont représentés, parmi lesquels l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et la Russie. Tous les photographes amateurs sont suisses, la plupart genevois. Chez les membres de la SGP, les travaux d’Émile Pricam et de Jean Lacroix sont particulièrement remarqués. Estimant les conditions de participation trop strictes, Fred Boissonnas monte en parallèle à l’exposition internationale, une exposition personnelle très remarquée boulevard du Théâtre, où il présente notamment un portrait grandeur nature du conseiller fédéral Adrien Lachenal. L’exposition de 1893 présente de nombreuses innovations touchant aussi bien le matériel que les procédés photographiques. Son succès public est tel que les organisateurs décident de la prolonger d’une journée.
Pour célébrer le centenaire de la photographie, la SGP organise, du 9 au , une exposition nationale de photographie au Palais électoral, placée sous la présidence d’honneur du conseiller fédéral Ernest Chuard. L’événement comprend des sections artistique, scientifique, historique et internationale. Plus de sont réparties dans les différentes salles des trois étages du Palais. Les documents regroupés en vue des festivités à venir du centenaire de la photographie en France et envoyés par la Société française de photographie ainsi que par le Conservatoire national des arts et métiers de Paris attirent particulièrement l’attention. L’exposition propose aussi des conférences et plusieurs soirées de projection d’images, très en vogue à l’époque. Ces projections présentent, entre autres, des clichés pris au Village suisse de l’Exposition nationale de 1896 à Genève par Fred Boissonnas et colorisées à la main par Henri Bazin. Un article de l’époque du journal la Tribune de Genève, considère cette exposition comme l’une des plus grandes jamais organisées en Europe.
En 1956, à l’occasion du 75ᵉ anniversaire de la Société, ses membres organisent plusieurs festivités, parmi lesquelles une exposition internationale de photographie au Musée d’art et d’histoire de Genève. Elle présente 250 images initialement exposées par la Fédération internationale des photographes amateurs à la Biennale de Barcelone.
En 1963, la SGP conçoit, dans la salle des Casemates du même musée, une exposition internationale d’art photographique intitulée Imago. L’événement réunit de photographes suisses et des photo-clubs de Barcelone, Paris, Vienne, Linz, Turin et Lisbonne.
En 1981, pour son centenaire, la SGP organise une série de manifestations destinées à mieux faire connaître la photographie et ses activités auprès du public genevois. Au programme figurent notamment un rallye photo, un concours et un char fleuri en forme d’appareil photographique géant — qui recevra le prix d’originalité lors du corso fleuri des Fêtes de Genève — ainsi qu’un ensemble d’expositions. Celles-ci ont lieu dans plusieurs communes du canton, telles que Bernex, Carouge, Chêne-Bourg, Lancy et Le Grand-Saconnex. Les deux grandes expositions qui se distinguent sont, l’une, constituée de 150 agrandissements et se tenant dans le centre commercial de Balexert, et l’autre, intitulée Voir et regarder et occupant la galerie sud des Halles de l’Île, au centre-ville de Genève.
Pour son 125ᵉ anniversaire, en 2006, la SGP organise de nouveau un concours et une exposition. Cette dernière se tient du au à la galerie Delafontaine, à Carouge, et retrace l’histoire du numérique.
Références
Annexes
Bibliographie
(disponible à la bibliothèque de Genève) , contient de nombreuses illustrations
Liens externes
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