vignette|Le sort de 500 demandeurs d'asile lors de la manifestation « Les Grands Disparus » à Mynttorget, à Stockholm, le 20 juin 2022. L'artiste Marit Törnqvist y a installé 500 panneaux manuscrits pour attirer l'attention sur tous ceux qui ont déposé une demande d'asile en Suède, mais qui ont dû attendre avant de recevoir la première décision, souvent une décision de refus, de décisions juridiquement ambiguës, d'augmentation de leur âge par décision administrative et de modifications de la législation à effet rétroactif. Quelques uns sont morts. Les demandeurs d'asile afghans en Suède entre 2015 et 2024 constituaient la deuxième nationalité la plus nombreuse parmi les demandeurs d'asile en Suède en 2015. Parmi les plus de qui ont déposé une demande d'asile en Suède en 2015, étaient citoyens afghans. Parmi eux, étaient enregistrés comme mineurs non accompagnés. Au cours des années 2016-2019, encore environ afghans étant mineurs ont déposé une demande d'asile en Suède, dont ont été enregistrés comme mineurs non accompagnés. En 2020-2023, afghans ont déposé une demande d'asile en Suède.
L'office suédois des migrations a dû traiter un grand nombre de dossiers et les demandeurs d'asile afghans, et en particulier les enfants non accompagnés, ont dû attendre longtemps leurs décisions. La majorité des jeunes Afghans ont été déboutés. Plus de la moitié des demandeurs d'asile afghans en 2015 étaient mineurs non accompagnés, et la majorité de tous les enfants non accompagnés étaient afghans. De ce fait, la discussion concernant les demandeurs d'asile afghans a souvent été mené parallèlement à celle concernant les mineurs non accompagnés en général. La question de savoir s'ils devaient être autorisés à rester en Suède a été débattue dans la presse et est devenue l'objet de manifestations.
Parmi les citoyens afghans qui ont déposé une demande d'asile en 2015, 50 pour cent ont vu leur demande approuvée par l'office suédois des migrations ou le tribunal de l'immigration. Ce chiffre comprend non seulement ceux qui ont obtenu une carte de résidence ou un titre de séjour temporaires mais aussi les mineurs non accompagnés qui doivent être expulsés, mais dont l'expulsion ne peut être mise en œuvre que le jour de leur majorité. Parmi ceux qui sont arrivés en Suède quand ils étaient mineurs non accompagnés mais qui avaient 18 ans lorsque leur demande a été étudiée par l'office des migrations, 86 pour cent ont été déboutés. Parmi ceux dont l'âge a été augmenté par l'office des migrations, 92 pour cent ont été déboutés.
L'automne 2016, la Suède et l'Afghanistan ont signé un accord qui réglait les conditions de retour des demandeurs d'asile déboutés en Suède. Cet accord a cessé de s'appliquer en raison de la prise du pouvoir des talibans l'été 2021. L'office des migrations suédois décide toujours d'expulser des citoyens afghans, mais n'a pas été en mesure de procéder à des expulsions forcées mais ceux-ci n'ont ni le droit aux conditions matérielles ni le droit de travailler. En , l'office suédois des migrations a décidé qu'aucune femme ou fille ne devait être expulsée vers l'Afghanistan et que les femmes ayant déjà reçu une décision d'expulsion auraient celle-ci réexaminée et seraient considérées comme des réfugiées et obtiendraient un titre de séjour.
Le gouvernement a introduit deux lois : la loi du lycée 2017 et la loi du lycée 2018 qui ont permis à certains jeunes, dont la demande d'asile avait été rejetée, d'obtenir un titre de séjour temporaire pour poursuivre des études secondaires. Ces lois ne précisent rien sur la nationalité, mais la grande majorité des personnes éligibles étaient afghanes. La loi du lycée 2018 a permis à environ 7 800 personnes d'obtenir un titre de séjour temporaire de 13 mois avec possibilité de prolongation. En , environ 5 200 d’entre eux ont rempli les conditions requises par la loi et ont obtenu une carte de résidence.
Au cours des deux premières années suivant la prise de pouvoir des talibans (2022 et 2023), l'office suédois des migrations a pris 6 400 décisions concernant des demandes d'asile de citoyens afghans. Parmi celles-ci, 3 200 (50 %) étaient des décisions d'expulsion, les autres étaient des titres de séjour temporaires. Dans les pays comparables de l'UE, la proportion de décisions positives pour les citoyens afghans était nettement supérieure bien que la majorité des demandeurs d'asiles afghans en Suède sont d'ethnie hazaras. Seule une faible proportion des personnes ayant fait l'objet d'une décision d'expulsion se sont effectivement rendues en Afghanistan, volontairement ou en utilisant des moyens coercitifs. Plusieurs milliers de personnes se sont rendues dans d'autres pays européens après avoir été déboutées en Suède, où elles ont demandé et souvent obtenu une protection.
Nombre de demandeurs d'asile afghans En 2015, plus de 163 000 personnes ont demandé l'asile en Suède dont environ 41 200 citoyens afghans, ce qui en fait le deuxième plus grand groupe après les Syriens. Au cours des années 2016-2023, encore 7 800 citoyens afghans ont déposé une demande d'asile en Suède. Les chiffres suivants sont tirés de la base de données Eurostat et concernent les demandes de première ligne (pas de prolongations) :
2015 : ; 2016 : ; 2017 : ; 2018 : 685 personnes ; 2019 : 770 personnes ; 2020 : 670 personnes ; 2021 : 915 personnes ; 2022 : 770 personnes ; 2023 : 615 personnes.
Selon les différents motifs de classification, les chiffres diffèrent légèrement de ceux des comptes-rendus annuels et des statistiques de l'office des migrations, mais l'ordre d'importance est le même.
Parmi les Afghans qui ont déposé une demande d'asile en 2015, 23 480 ont été enregistrés comme mineurs non accompagnés, dont la majorité étant des garçons adolescents. Près de la moitié ont grandi en tant que réfugiés sans papiers en Iran et une grande partie étaient hazaras, un groupe de personnes qui ont depuis longtemps été persécutés en Afghanistan et ont été contraints de fuir vers les pays voisins.
En plus des personnes ayant demandé l'asile en Suède, la Suède a accueilli des réfugiés sous quota dont certains en provenance d'Afghanistan. L'automne 2021, environ 1 300 réfugiés afghans ont été évacués du pays après la prise du pouvoir des talibans. Certains d'entre eux avaient été employés à l'ambassade de Suède ou dans le cadre de l'opération militaire de la Suède en Afghanistan. La Suède n'a cependant pas évacué tous ses employés locaux, ce qui a été évoqué par le journaliste Thord Eriksson.
Résultats
Le nombre de demandeurs d'asile ayant doublé et les initiatives gouvernementales pour obtenir un temps de réflexion En 2015, plus de ont déposé une demande d'asile en Suède dans le cadre du grand flux migratoire en Europe, notamment en provenance de la Syrie. Cela a entraîné un doublement du nombre de demandeurs d'asile par rapport à 2014.
Le , le gouvernement (le parti social-démocrate des travailleurs et le parti écologiste) a annoncé qu'un "temps de réflexion" était nécessaire et que la législation suédoise concernant le droit à l'asile devait temporairement être restreint aux exigences minimales en vertu du droit international afin de minimiser le nombre de demandeurs d'asile. Lors d'une conférence de presse, ils ont annoncé un accord impliquant des frontières fermées pour les personnes sans documents d'identité, qu'on accorderait uniquement des titres de séjour temporaires pour tous les étrangers à l'exception des réfugiés sous quota, un règlement nettement plus sévère concernant le regroupement familial et un projet de loi ayant pour objectif de modifier le règlement d'asile en Suède afin de respecter uniquement le règlement de base de UE. En , les ministres Anders Ygeman et Morgan Johansson ont déclaré que la moitié des demandes d'asile seront refusées.
Les priorités de l'office des migrations L'office des migrations a eu l'ordre de de travailler rapidement et efficacement. La situation sécuritaire en Syrie a été jugé telle que chaque personne qui se trouvait sur le territoire risquait d'être victime de violence et de ce fait la plupart des Syriens ont obtenu un titre de séjour. Les demandeurs d'asile syriens étaient prioritaires pour un examen rapide. Les dossiers des Afghans et en particulier des Afghans mineurs non accompagnés étaient plus difficiles à examiner, notamment parce que la majorité d'entre eux n'avaient pas de document d'identité et de ce fait l'examen a pris plus de temps et leurs demandes ont par la suite été rejetées dans une majorité des cas. Les dossiers des demandeurs d'asile afghans ont aussi été dépriorisés aux États-Unis. Au moins 300 Afghans qui ont déposé une demande d'asile en 2015 ont dû attendre plus de trois ans avant de recevoir une première décision de l'office des migrations suédoise.
Novelles lois et lois modifiées
La loi limitant le droit d'asile avec effet rétroactif Le , le gouvernement a présenté la loi visant une limitation du droit d'asile. La proposition a été fortement critiquée par le Conseil des lois et une grande quantité d'autres organisations consultés, mais a été accepté par le parlement suédois à l'été 2016 et a alors eu un effet rétroactif.
Les modifications importantes apportées à la loi de 2016 par rapport aux précédentes législations étaient :
Restrictions des motifs qui permettent d'obtenir une protection en Suède. Autrefois, il existait des " autres besoins de protection " et des "circonstances exceptionnelles" qui pouvaient être appliquées, par exemple, aux personnes gravement malades, aux enfants et à ceux qui appartiennent à un groupe vulnérable sans être personnellement menacés, par exemple les hazaras. À partir de cette date, il a fallu prouver une menace visant sa propre personne pour pouvoir obtenir une protection. Les titres de séjour temporaires de un à trois ans sont devenus la protection à privilégier, avec un nouvel examen vers la fin de la période pour obtenir un renouvellement. Ici, la loi a fait une exception pour les enfants, mais puisque la plupart des mineurs non accompagnés sont devenus majeurs, souvent à la suite d'une augmentation de leur âge par décision administrative, cette règle n'a pas eu d'importance. La possibilité d'obtenir un rapatriement familial a été fortement réduite.
Le gouvernement voulait avec cette loi obtenir que la Suède se retrouve au niveau minimum de l'UE en matière de droit d'asile.
Le , le Parlement a décidé, de façon générale, de prolonger de deux ans la loi temporaire limitant le droit d'asile. Les règles de rapatriement familial pour ceux ayant une protection subsidiaire ont cependant été allégées.
Le règlement de Dublin Le Dubliner règlement est un accord entre 36 pays européens ayant pour objectif d'empêcher qu'un demandeur d'asile dépose une demande dans plus d'un pays. Cet accord n'est pas nouveau, sa forme la plus ancienne date de 1990. À cause de l'effet rétroactif de la loi temporaire visant une limitation du droit d'asile, l'accord de Dublin a une nouvelle actualité, car les réfugiés qui avaient choisi la Suède avant d'autres pays en raison de la législation relativement généreuse ne pouvaient pas essayer ailleurs lorsque la loi par la suite est devenue plus stricte avec effet rétroactif.
La loi du lycée 2017 et la loi du lycée 2018 En , le parlement a adopté une loi, loi du lycée 2017, impliquant que ceux qui ont eu une décision de refus à leur demande d'asile mais qui sont toujours mineurs ont la possibilité de rester en Suède et poursuivre leurs études au lycée, si certaines autres exigences étaient remplies. Seule une fraction des jeunes qui ont été rejetés était couverte par la loi. En , elle a permis à seulement 130 personnes d'obtenir un titre de séjour temporaire. La raison principale de ce faible nombre était que la plupart des mineurs ont eu leur date de naissance modifiée par l'office des migrations.