L’expédition d'Alger.. est une campagne militaire, livrée de à par la France contre la régence d'Alger, menée par un corps expéditionnaire de commandé par le général de Bourmont.
En plus du général de Bourmont, futur maréchal, cinq autres futurs maréchaux de France sont également présents dans le corps expéditionnaire : Baraguey d'Hilliers, Mac Mahon, Magnan, Pélissier, Vaillant ainsi que trois futurs grands « Africains » : Duvivier, Lamoricière et Changarnier Henry d'Estre, Les conquérants de l'Algérie (1830-1857), Berger-Levraud, 1930, p. 26..
Causes et genèse de l'expédition Raisons de l'expédition Durant la Révolution française, deux négociants juifs algériens, Bacri et Busnach, arrivent à nouer une relation privilégiée avec le dey d’Alger, devenant ses conseillers financiers, et bénéficient de privilèges et monopoles commerciaux qui font leur fortune. Ils fournissent en blé les armées du Directoire vers 1795-1796, sans parvenir à s’en faire régler le prix, sauf de façon partielle sous la Restauration. Ce conflit commercial connaît de multiples rebondissements plus ou moins dramatiques et empoisonne les relations entre la France et la Régence pendant une trentaine d’années.
En 1801, fait la paix avec le dey MustaphaA. Berthet, Les naufragés de la « Marie Élisabeth » (22 avril 1882.), G. Téqui, Paris, 1884, ..
La piraterie des bateaux barbaresques, surtout le long des côtes de France, Espagne et Italie, quoique déclinante, demeurait un problème en mer Méditerranée et incita Napoléon à préparer, en 1808 une expédition à Alger, au moyen de la mission secrète du colonel du génie Vincent-Yves Boutin.
Les États-Unis ont mené deux guerres contre les Barbaresques de 1801 à 1805, puis en 1815, pour y mettre fin.
Alger avait été aussi bombardée par une flotte britannico-néerlandaise en 1816, puis soumise à un blocus par la Royal Navy en 1824.
Le dey Hussein, ne pouvant prélever sa part majoritaire sur le produit de la transaction commerciale non réglée, convoque le consul français Pierre Deval pour essayer d'obtenir le règlement des dettes de la France. C’est à la suite de ce conflit commercial que surviennent l’affaire du « coup d'éventail », le , la rupture des relations diplomatiques entre le Dey et la France, le blocus maritime du port d'Alger depuis le jusqu'en 1830, puis la prise d'Alger et la conquête de l’AlgérieTous les ouvrages relatant la conquête d’Alger par les Français en 1830 traitent de ce conflit commercial. Cf. plus particulièrement, sur le rôle des familles Bacri et Busnach. Maurice Eisenbeth, Les Juifs en Algérie, esquisse historique depuis les origines jusqu’à nos jours, in Encyclopédie coloniale et maritime, Paris, 1937, 17-18, et Claude Martin, Les Israélites algériens de 1830 à 1902, Paris, 1936, 20-21..
La solution de ce conflit, en partie créé sous le Directoire et prolongé depuis de nombreuses années, offre également au roi Charles X, couronné en 1824, la possibilité de redorer son blason et de tenter de sauver la monarchie fragilisée., en s’illustrant par une conquête aux forts accents patriotiques.
Genèse de l'expédition Reconnaissance d'Alger par l'espion Boutin (1808) L'État-major français bénéficie d'un plan de débarquement, Reconnaissance des forts et batteries d'Alger, dressé par un officier du génie, Vincent-Yves Boutin, sous le Premier Empire. Le commandant Boutin avait été envoyé en 1808 en mission comme espion dans la Régence sur ordre de NapoléonPetite histoire de l'Algérie (1830-1962) : comment formez-vous le futur ?, par André Micaleff, Éditions L'Harmattan, 1998, p. 29]. ; celui-ci préparait alors l'après campagne d'Égypte (1798-1801) avec un débarquement à Alger et une colonisation de l'Afrique du NordBoutin : le Lawrence de Napoléon, espion à Alger et en Orient, pionnier de l'Algérie française, Jean Marchioni, Gandini, 2007, p. 63.. Afin de ne point éveiller les soupçons des Ottomans, Boutin avait été envoyé auprès du consul général français à Alger, Charles-François Dubois-Thainville (frère du général), en se faisant passer pour son cousin, amateur de voyage.
Boutin accomplit avec succès sa mission d'espionnage du au . Ses relevés lui permettent non seulement d'établir Sidi-Ferruch comme lieu propice à un débarquement mais également d'élaborer un plan de contournement d'Alger dont l'itinéraire emprunte Staoueli, Sidi Khalef et le Bordj Moulay Hassan (futur « fort l'Empereur »). Son rapport suggère l'emploi d'une force d'environ à hommes. Il contient même des recommandations à l'adresse de la future armée d'occupation. Quinze ans après l'assassinat de Boutin lors d'une mission en Syrie, le commandant en chef du corps expéditionnaire contre la régence d'Alger Louis de Bourmont (ministre de la Guerre), assisté du commandant de la flotte Duperré mettent en application son travail de 1808 ; travail qui sert de base au géographe Charles Picquet pour son Aperçu historique, statistique et topographique sur l'état d'Alger : à l'usage de l'armée expéditionnaire d'Afrique publié par le dépôt de la guerre en 1830Aperçu historique, statistique et topographique sur l'état d'Alger : à l'usage de l'armée expéditionnaire d'Afrique.. À l'occasion du centenaire du débarquement français, les autorités d'Alger rendent hommage à Boutin avec l'inauguration d'une table d'orientation à son nom.
Préparatifs à partir de 1827 Dès le mois d', le capitaine Collet, commandant la station navale du blocus devant Alger, est chargé par le marquis de Clermont Tonnerre, alors ministre de la guerre, de concevoir une offensive militaire. Les relevés topographiques précis effectués de mai à par le colonel Boutin, alors que l'empereur envisageait déjà cette opération pour mettre fin aux exactions des navires de la régence d'Alger, sont activement exploités.
Un projet d'offensive prévoyant un débarquement à l'écart d'Alger est présenté en conseil des ministres le , mais ajourné à cause de l'accroissement des tensions avec l'Empire ottoman.
La bataille de Navarin, survient quelques jours plus tard, le , suivie par l'expédition de Morée, lancée en Grèce en .
Les tergiversations politiques font durer le blocus d'Alger pendant plus de deux ans, malgré son coût, et l'offensive s'organise finalement à partir de l'automne 1829 pour être entreprise à la belle saison, au printemps suivant.
Le roi de France, Charles , et le président du Conseil, le prince de Polignac, prennent en , après débats en conseil des ministres et au Parlement, la décision de lancer une expédition militaire dans le Nord de l'Afrique au printemps 1830, au plus tard le , date de l'ordonnance nommant le ministre de la Guerre lui même, le général de Bourmont, commandant en chef du corps expéditionnaireOrdonnance du 11 avril 1830 qui nomme général en chef de l'armée d'expédition d'Afrique comte de Bourmont, ministre de la Guerre, dans .. Le commandement de la flotte est confié, quant à lui, au vice-amiral Duperré.
Les préparatifs sont menés activement sous la direction du général de Bourmont, et du ministre de la marine, le baron d'Haussez.
Sur un plan diplomatique, l'expédition est soutenue par l'Espagne, le royaume de Sardaigne, la Russie, l'Autriche, les Etats-Unis. Plusieurs de ces puissances délèguent des officiers de leurs armées pour participer à l'expédition. Cette dernière suscite l'hostilité de la Grande-Bretagne, qui la perçoit comme une menace pour son hégémonie maritime en Méditerranée, où elle est basée à Gibraltar et à Malte, et celle de l'Empire ottoman, auquel est affilié le dey d'Alger, mais cette hostilité ne prend pas une tournure militaire.
Après une revue militaire effectuée dans une atmosphère de liesse populaire par le duc d'Angoulême, dans le port de Toulon, puis dans le port de Marseille, le , les troupes, hommes accompagnés par chevaux, embarquent le sur une flotte montant au total à 675 navires civils et militaires. L'expédition est lancée par l'appareillage des navires, le , après que le vent a tourné.
De son coté, le dey Hussein, ayant appris que l'armada française allait bientôt être aux pieds de sa ville, il envoya des lettres aux états voisins pour leur demander un soutien militaire. Mais le sultanat Alaouite ainsi que la régence de Tunis refusèrent, et seul le bey de Tripoli accéda à la demande du dey et appela à la guerre sainte contre la FranceGustave Gautherot, 1929, La Conquete d' Alger ; 1830 : d' après les papiers inédits du Maréchal de Bourmont, Commandant en chef de l' expédition. p 72.
Le : Algérie – 1830 (Expédition française) (consulté le 20 octobre 2015)., le corps expéditionnaire français débarque sur la presqu'île de Sidi-Ferruch. C'est Frédéric Sion, qui étant marin à bord de la Thélis planta le premier le drapeau français sur la terre algérienne
Elle prend fin plus tard, le , date à laquelle, après plusieurs batailles, le dey d'Alger, Hussein, signe à El Biar un acte de reddition, la capitulation d'Alger. Puis les troupes françaises entrent dans la ville le : Alger est prise..
Elle constitue le premier épisode de la conquête de l'Algérie par la France.
L’armée de la régence d’Alger s'est particulièrement mal préparée à l'expédition française. En effet, le dey, surestimant sa propre puissance, ne fit appel qu'à la moitié des troupes dont il disposait.
Déroulement Résumé chronologique (1830) vignette|Coup de vent au camp de Sidi Ferruch, le .
Les principaux évènements de la campagne sont les suivants : : départ de Toulon ; - : coup de vent qui disperse la flotte ; : relâche à Palma ; : départ de Palma ; : arrivée à Sidi Ferruch ; : débarquement de Sidi-Ferruch ; : bataille de Staoueli (première attaque) ; : bataille de Sidi Khalef ; : coup de vent (situation critique de la Marine) ; : attaque des batteries de mer d'Alger ; : prise du fort l'Empereur (ex-Bordj Moulay Hassan) ; : capitulation d'Alger.
Débarquement de Sidi-Ferruch ()
thumb|Bombardement de la ville d'Alger par l'amiral Duperré le .
De son côté, Hussein Dey avait rassemblé une armée hétéroclite s'appuyant sur la milice janissaire et renforcée par les contingents fournis par les beys d'Oran, de Constantine et du Titteri. Son commandement a été confié à l'agha Ibrahim.
Selon les sources, les estimations concernant l'effectif total de cette armée varient de .. Cependant, cette armée s'était particulièrement mal préparée à l'expédition française. Le dey, surestimant sa propre puissance, ne fit appel qu'à la moitié des troupes dont il disposaitSelon le témoignage de Sidi Hamdan ben Othman Khodja, riche Kouloughli proche du pouvoir, le Dey, , ne fit appel qu'à la moitié des troupes sur lesquelles il aurait pu compter. cf. Xavier Yacono, « La régence d'Alger en 1830 d'après l'enquête des commissions de 1833-1834 », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, , 1966, , note 31 ..
Bataille de Staoueli ()
Une seconde bataille a lieu le . Les troupes françaises sont restées dans l'immobilisme sur leur tête de pont, dans l'attente du matériel de siège, qui tarde à arriver., et pendant ce temps, les troupes de la Régence se renforcent, s'établissent au campement de Staoueli et consolident leurs lignes face aux Français de quelques batteries au centre de leurs positions.
L'attaque qu'ils déclenchent le au point du jour est repoussée au bout de quelques heures par les Français, qui s'emparent de l'artillerie turque et du campement de Staoueli, où ils s'établissent.
Bataille de Sidi Khalef ()
thumb|Bataille de Sidi Khalef.
Bombardements d'Alger ( et ) La flotte française entreprend de bombarder la ville d'Alger en soutien des troupes débarquées, le , et à nouveau le . La flotte échange avec les batteries côtières de vives canonnades, mais à peu près hors de portée. Quelques jours plus tard, le général Valazé, commandant le génie, qui visitait les forts, ironisait, disant .
Siège du fort l'Empereur () thumb|Débarquement de l'armée française à Sidi Ferruch, .