Thélepte est un vaste site archéologique tunisien fouillé partiellement au et dont l'apogée est datée de l'Antiquité tardive. De nombreux édifices chrétiens, reconnus au , se sont largement dégradés depuis. Peu d'édifices sont visitables au si ce n'est le complexe thermal ainsi que deux édifices chrétiens, dont celui considéré comme la cathédrale de la ville.

Localisation et étymologie Localisé à un carrefour de routes et à la frontière de la Byzacène et de la Proconsulaire, le site de Thélepte est situé à environ d'Henchir el Gousset, entre et et également reliée à et .

Le nom du site, Thélepte, est aussi appelé Medina El Ghdima ou El Houriya. Il est aussi dénommé Medinet el Khedima.

Histoire Histoire antique La cité est créée sous les Flaviens. Les facteurs naturels ont sans doute été déterminants pour localiser une installation, avec des sources, un cours d'eau et des reliefs permettant une carrière, et une alimentation en argile située sans doute non loin permettant une industrie de la céramique.

L'histoire de la ville au Haut-Empire romain est méconnue, les connaissances sont plus importantes à l'époque chrétienne, vandale et byzantine. La ville est colonie au , sous le règne de Trajan. L'évêque Iulianus représente la ville à la conférence de Carthage organisée par saint Cyprien en 256, et la ville sera présente lors des événements religieux jusqu'au . En 411 la ville a à la fois un évêque catholique et un évêque donatiste.

Saint Fulgence, évêque de Ruspe pendant le siècle vandale, est originaire de la ville, né en 468. Des vestiges archéologiques sont conservés de la période vandale dans la région comme à Henchir el Gousset ou El Erg, ainsi qu'une épitaphe datée de la 17e année de Thrasamund.

Après la reconquête byzantine le site a un rôle militaire et devient siège du gouverneur de Byzacène. Du début de l'époque arabe ne sont conservés que des tessons de céramique datables du .

Histoire des fouilles Les premières explorations sont datées du .

Beaucoup d'éléments du site antique n'ont pas été fouillés. Sept églises sont repérées au , ainsi que quatre chapelles, mais seulement deux sont visibles au . Un plan de la ville par Sadoux est publié par Paul Gauckler en 1913.

Féthi Béjaoui a repris l'étude des édifices chrétiens. L'édifice compris comme la cathédrale a été fouillé au début du en 2005.

Description des vestiges vignette|alt=Mosaïque incomplète sur fond jaune représentant un homme avec une lance affrontant un lion|Bestiaire affrontant un lion, mosaïque conservée au musée national du Bardo Le site s'étend sur environ .

Vestiges conservés Thermes publics Les thermes conservent quelques pièces dont une grande salle qui possédait une voûte. L'édifice était pourvu de mosaïques dont peut-être celle du chasseur face à un lion conservée au musée national du Bardo. Les spectateurs sont représentés dans l’œuvre datée du .

Église 1 L'édifice est peut-être la cathédrale du fait de dimensions importantes, de sur . Sans l'avant-corps l'édifice mesure sur . Elle est située dans la partie orientale de la ville. L'église était orientée nord-nord-est. Le comportait cinq nefs. L'abside orientale était semi-circulaire. Il y avait des salles à l'arrière de l'abside, même si aucune sacristie n'a été identifiée comme telle.

L'édifice comporte une nef centrale et quatre bas-côtés. Le sol de l'abside comporte des mosaïques végétales et florales. Le chœur, occupant deux travées, était séparé par des chancels. Les bases des piliers comportent des éléments sculptés, fleurs, oiseaux et une scène du sacrifice d'Abraham.

L'édifice est utilisé jusqu'à l'époque byzantine. Les fouilles ont livré également des carreaux de terre cuite. Les voûtes de l'abside étaient composées de tubes de terre cuite. Une annexe située au nord-ouest était peut-être un baptistère.

Stéphane Gsell datait l'édifice du .

Église 2 (3 dans la numérotation de Baratte) Fouillé en 1885 et à nouveau exploré à partir de 1999, l'édifice est situé à environ de la citadelle et mesure sur et possède une nef et deux bas-côtés, trois éléments de même largeur. L'église possède deux absides et deux chœurs. Un des espaces était destiné à abriter une chapelle destinée aux martyrs. Le choeur était couvert de dalles et les deux absides comportaient des mosaïques. L'édifice était couvert d'une charpente. L'accès se faisait par la façade orientale.

Citadelle byzantine La citadelle est vaste, en forme de quadrilatère, avec sur et a été décidée par Justinien au milieu du . Des vestiges de remparts et de tours sont conservées : 4 tours rondes, 8 carrées.

Éléments perdus ou non visitables Église 2 (numérotation de Baratte) L'édifice, situé à de l'église 1 et jamais fouillé, a presque disparu. L'édifice à abside était orienté nord-nord-est. Les dimensions étaient au maximum de sur . Il y avait sans doute trois nefs dans le ,

Église 4 (numérotation de Baratte) L'édifice est situé au nord-est de la ville, à de la citadelle. L'église est orientée nord-est sud-ouest pour des dimensions de sur . La couverture était sans doute faite de charpente et de tuiles. L'édifice était précédé par une cour et un porche. Le comportait cinq nefs et douze travées, une abside semi-circulaire fermait l'édifice au chevet. Stéphane Gsell a daté l'édifice de la seconde moitié du .

Église 5 (numérotation de Baratte) L'édifice était situé à de la citadelle et est en très mauvais état de conservation. L'église, orientée nord-est sud-ouest, mesurait sur . Des tuiles ainsi que des tubes de terre cuite ont été retrouvés. Le comportait trois nefs et sept travées. Le chevet était pourvu d'une abside semi-circulaire couverte d'une mosaïque. Le chœur utilisait les trois dernières travées.

Église 6 (numérotation de Baratte) L'édifice était situé à au nord-est de la ville et sans doute au milieu d'une nécropole. Non fouillé, il mesurait sur . Un vestibule profond de était présent.

Le mesurait sur . Stéphane Gsell a daté les chapiteaux du ou .

Église 7 (numérotation de Baratte) L'édifice est situé au sud-ouest de la ville et il a sans doute disparu. Le musée du Bardo conserve un élément de la mosaïque de l'abside. Les fouilles ont livré également des inscriptions martyrologiques. Selon Stéphane Gsell l'édifice mesurait sur . Les nefs étaient dallées et l'abside était couverte de mosaïques. Une charpente en tuiles recouvrait l'église. Des tubes de terre cuite ont été retrouvés. L'accès se faisait peut-être par le bas-côté. L'église comportait trois nefs et sept travées, les deux dernières travées étant occupées par le chœur. La mosaïque de l'abside comportait des rinceaux, des oiseaux et une inscription basée sur le psaume 53,4. Sous la bas de l'autel les archéologues ont retrouvé une inscription en l'honneur de Ianuarius. L'édifice est daté du .

Église 8 (numérotation de Baratte) L'édifice orienté au nord-est n'a pas été fouillé. Il mesurait sur et comportait trois nefs et cinq travées. Les deux dernières travées étaient occupées par le chœur.

Église 9 (numérotation de Baratte) La chapelle était située à au nord-est de la citadelle et mesurait sur .

Église 10 (numérotation de Baratte) L'édifice était situé à au nord-est des thermes, il s'agissait d'une chapelle triconque ou tétraconque.

Église 11 (numérotation de Baratte) La chapelle était située au sud-ouest, non loin des carrières. Les murs conservés sur vus par Stéphane Gsell ont disparu. Les dimensions étaient de sur et comportaient une seule nef. L'édifice se terminait par un mur arrondi. Deux grottes existent toujours, peut-être des oratoires après avoir servi de lieu de sépulture.

Références

La Tunisie du centre-ouest : Les hautes steppes

Basiliques chrétiennes d'Afrique du Nord

Voir aussi

Bibliographie

Lien interne Afrique romaine

Lien externe .

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