vignette|Village traditionnel de Kuria

Le Nyumba ntobhu (qui signifie « maison du fils ») est une forme traditionnelle d'union homosexuelle non sexuelle chez les femmes Kuria de la région de Mara en Tanzanie et au Kenya existant depuis . Elle est aussi appelée « maison de femme » ou « maison sans homme ».

Définition Situation Ces unions se forment entre des femmes plus âgées, généralement veuves et sans descendance masculine, et des femmes plus jeunes, généralement sans enfant, appelées mokamööna (belles-filles).

Dans le cadre de cette relation, la plus jeune mokamööna porte un enfant d'un géniteur extérieur au village, choisi par la femme aînée qui n'ont pas de droit sur l'enfant. La femme aînée sert de grand-mère à l'enfant qui en résulte, lui assurant ainsi un héritier et la continuité de sa lignée patrilinéaire. L'enfant porte ainsi le nom de l'aînée.

Pour autant, cette relation n'est pas considérée comme une relation homosexuelle localement, le pays interdisant ce type de relation.

Légalité Les mariages Nyumba ntobhu semblent avoir toujours existés. Ils sont comme les mariages traditionnels Kuria, sont garantis par le paiement d'une dot sous forme de bétail. Dans le cas des relations Nyumba ntobhu, la dot est versée par la femme aînée à la famille de la partenaire plus jeune.

Ces mariages sont reconnus par la loi tribale garantie par l'autorité du chef, mais pas par la législation tanzanienne. Le mariage est ainsi moins ritualisé : certains couples ne procèdent à aucune cérémonie, ne partagent pas leur lit et ne portent pas d'alliances.

La relation a l'objectif social de permettre aux femmes vieillissantes de vivre en couple, d'avoir quelqu'un pour prendre soin d'elles, de garder un droit sur leur propriété et d'avoir des enfants quand elles-mêmes ne sont plus capables de concevoir.

La relation a également un objectif économique et politique de garder la propriété de la veuve au sein du sous-clan pour éviter qu'elle ne se marie avec le membre d'un sous-clan concurrent. En effet, une femme hors mariage voit ses propriétés remises à un homme de son entourage. Il arrive qu'il soit demandé à une veuve d'épouser un homme de sa famille comme un frère, un cousin ou un oncle.

Droit des femmes Face aux difficultés de vie en absence de descendant mâle, la pratique du Nyumba ntobhu se développe :

, explique la journaliste Dinna Maningo.

Parmi les Kuria, les couples nyumba ntobhu représentent environ 10 à 15 pour cent des ménages en 2016. Un chiffre en augmentation depuis les années 1970.

Les relations Nyumba ntobhu sont devenues de plus en plus courantes ces dernières années. De nombreuses jeunes femmes Kuria s'engagent dans ce type de relation afin de mieux choisir leurs partenaires sexuels et d'éviter les mariages forcés, la polygamie, les violences conjugales et les mutilations génitales féminines. En 2013, le ministère de la Santé et de la Sécurité socale estime que 45% de femmes de 15 à ont déjà expérimenté des violentes physiques ou sexuelles chez elles. D'après l'ONGU, elles sont 78% en 2018.

Cela leur permet aussi d'avoir une meilleure gestion de leurs biens, qui conditionne leur accès à l'alimentation et à un revenu.

Notes et références

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