Gauthier-Ferrières, né Léon Gauthier le dans le et mort pour la France à Sedd-ul-Bahr en Turquie, le , est un poète et écrivain français du . Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie

Léon Adolphe Désiré Gauthier, né le au N 49 de la rue d'Angoulême (du Marais), est le fils de Jacques Adolphe Honoré Gauthier (1836-1901), employé et de Marie Anne Jeanne Ricadat (1851-1917).

Il suit sa scolarité au lycée Turgot à Paris et apprend les langues anciennes. À dix-sept ans, il écrit son premier recueil de poèmes et fait la connaissance du poète et académicien François Coppée, puis se lie à d'autres écrivains célèbres de l'époque, Albert Sorel, Maurice Maindron, Hérédia, Sully-Prudhomme, Richepin qui encouragent ses débuts. Gaston Méry rapporte en 1901 dans La Libre parole un entretien avec François Coppée qui « causait, dans son cabinet de travail, avec un jeune poète, Léon Gauthier, car François Coppée que les revues d'avant-garde "blaguent" volontiers, aime beaucoup les rédacteurs des revues d'avant-garde. "J'en faisais autant, déclare-t-il, quand j'avais leur âge". Et en me présentant Léon Gauthier, il me dit le talent original du jeune auteur. Un des maitres de l'avenir ». Albert-Émile Sorel rapporte qu'on dit de lui que « c'est un romantique », qu'il « professait un culte fanatique pour Victor Hugo ».

Son premier recueil de poésie, La Belle matinée, parait en 1904 et est couronné par un prix de l'Académie française en 1905. En 1907, il remporte le Prix de poésie de l'Académie française. Pour répondre au sujet proposé, « un poème sur un fait important de notre histoire nationale », il compose La Lettre d'un vainqueur de Denain, 24 juillet 1712, qui sera intégré à son second recueil, Jours d'orage (1908). Il publie d'autres recueils de poésie et est l'auteur d'une « Chronique rimée » dans La Revue française à partir de 1911.

À partir de 1901, il fait partie de la rédaction des Éditions Larousse et devient l'un des secrétaires de rédaction du Larousse mensuel illustré. Il y écrit de nombreux articles sur la littérature, l'art et l'histoire, et commente à partir de 1913 le frontispice de chaque numéro de la revue avec des vers. S'appuyant sur son érudition littéraire, il publie chez Larousse les biographies de Gérard de Nerval, Alfred de Musset, Alphonse Daudet et de son mentor de jeunesse François Coppée. Il dirige la publication commentée d'œuvres d'Alfred de Vigny, Nerval, Ronsard et de l'abbé Prévost. De 1908 à 1911, il assure la publication d'une imposante anthologie des écrivains français en 8 volumes.

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, il n'est pas mobilisé et affecté au service auxiliaire, car il n'a pas fait de service militaire à cause d'une pointe de hernie. Rappelé au service armé par décision de la commission spéciale de réforme de la Seine en , il est incorporé au 129 régiment d'infanterie le .

Après quelques mois de formation au Havre, il rejoint la 1 compagnie du 176 régiment d'infanterie comme brancardier le et embarque pour les Dardanelles le . Il débarque sur la presqu'île de Gallipoli le .

Le , il est à Seddul-Bahr à la pointe sud de la péninsule de Gallipoli lors des combats à l'assaut des tranchées turques qui font de très nombreux morts. Son attitude de jour-là lui vaut une citation à l'ordre du régiment : « A fait preuve d'une abnégation remarquable au combat du ; a franchi plusieurs fois le parapet pour aller soigner les blessés ». De nouveau, il se fait remarquer et citer : « Pendant la soirée du et dans la nuit du 13 au 14, a fait preuve, sous un feu violent, d'un complet dévouement, pansant et évacuant sans relâche de nombreux blessés ».

Le , grièvement blessé par une balle qui lui traverse le ventre, il meurt dans l'heure qui suit et ses camarades l'enterrent au cimetière de Seddul-Bahr. Sa tombe n'est pas retrouvée après les combats, mais ses amis décident de faire construire un monument en son hommage sur la tombe familiale au cimetière du Père-Lachaise. Antoine Redier et Albert-Émile Sorel l'inaugurent le .

Œuvres principales

La Belle matinée, poésie, Paris, Lemerre, 1904

Anthologies des écrivains français, 8 volumes, Paris, Bibliothèque Larousse, 1908-1911 (dont le tome sur la poésie) Jours d'orage, poésie, Paris, Lemerre, 1908 François Coppée et son œuvre, Paris, Mercure de France, 1908 La Romance à Madame, poésie, Paris, Lemerre, 1909 Les Ombres heureuses, poésie, Paris, Lemerre, 1912

Distinctions , à titre posthume, arrêté du

1905 : Académie française, Prix Archon-Despérouses pour La Belle matinée 1907 : Académie française, Prix de poésie pour Un poème sur un fait important de notre histoire nationale 1910 : Académie française, Prix Jules Davaine pour La romance à Madame 1913 : Académie française, Prix Jules Davaine pour Les ombres heureuses 1917 : Académie française, Prix Archon-Despérouses

Hommages Le nom de Gauthier-Ferrières est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France. Son nom figure sur la plaque commémorative de l'Église Saint-Ambroise, le monument commémoratif du Lycée Turgot (promotion 1894) et le monument aux Parisiens morts pendant la Première Guerre à Paris.

Bibliographie

Références

Liens externes

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