Mohsen Hachtroudi (en persan : محسن هشترودی), aussi transcrit Hashtroodi, est un mathématicien, penseur et poète iranien. Élève d’Élie Cartan, il mena des recherches en géométrie différentielle et sa thèse est à l’origine de la connexion de Hachtroudi. Il a joué un rôle marquant dans l’enseignement des mathématiques en Iran.
Biographie Hachtroudi naît à Tabriz le . Son père, Esmaïl Hachtroudi, était un religieux constitutionnaliste et proche de Cheykh Mohammad Khiabani.
Il rejoint Téhéran en 1925 pour le secondaire au Dar-ol-Fonoun. Reçu boursier d’État, il part en France étudier les mathématiques. À la Sorbonne, il obtient une licence (1935), puis soutient en 1937 un doctorat d’État sous la direction d’Élie Cartan. Sa thèse, Les espaces d’éléments à connexion projective normale, a été publiée chez Hermann (Actualités scientifiques et industrielles, n° 505) et est disponible en ligne.
De retour en Iran, il enseigne à la Dānešsarā-ye ʿāli puis à l'université de Téhéran ; il est promu professeur en 1941. Il devient président de l'université de Tabriz (1951) et doyen de la Faculté des sciences de l'université de Téhéran (1957). En 1944, il épouse Robāb Modiri ; le couple a trois enfants : Faranak, Fariba et Ramin.
Activités scientifiques et internationales Ses travaux portent sur la géométrie différentielle et les équations différentielles. La notion de connexion de Hachtroudi est notamment utilisée en géométrie CR.
Il entretient des liens avec les milieux scientifiques internationaux : séjour à l’Institute for Advanced Study (School of Mathematics), Princeton, octobre– ; participation au Congrès international des mathématiciens 1950 (Cambridge, Massachusetts), 1954 (Amsterdam) et 1958 (Édimbourg).
Études de mathématiques en France Au milieu des années 1930, Élie Cartan et Émile Borel jouent un rôle majeur à la Sorbonne. Cartan dirige peu de doctorants ; parmi eux, Charles Ehresmann (1934), Mohsen Hachtroudi (1937), Radu Roșca (1939) et Kentaro Yano (1938).
Engagements culturels et sociaux Hachtroudi contribue à la diffusion des mathématiques en Iran (revue Yekān ; introduction des mathématiques modernes). Il est l’initiateur de l’hebdomadaire littéraire Ketāb-e Hafteh (1961–1963), publié par l’Institut Keyhan, sous sa supervision et celle d’Ahmad Shāmlou. Il intervient aussi à la radio dans Frontières de la connaissance (*مرزهای دانش*) ; des enregistrements sont conservés à l’IRIB et la collection a été inscrite en 2018 sur la Liste nationale de la Mémoire du monde (Iran).
Publications (sélection) Les espaces d’éléments à connexion projective normale, Paris, Hermann, 1937 (thèse) . Les espaces Normaux, Téhéran, 1945 . Les connexions normaux affines et weyliennes, Téhéran, 1948 . Sur les espaces de Riemann, de Weyl et de Schouten, Téhéran, 1956 . Dāneš o honar (Le savoir et l’art), Téhéran, 1961 . Tamrinhā-ye riāżiyāt-e moqaddamāti : Hendese-ye davāyer dar ṣafḥa, Téhéran, 1966 . Naẓariya-ye aʿdād, Téhéran, 1970 .
Décès et héritage Mohsen Hachtroudi meurt d’un accident vasculaire cérébral le à Téhéran et est enterré au cimetière de Behesht-e Zahra (parcelle 824). Un prix de l’Association mathématique d’Iran porte son nom (Hashtroudi Award). Dans son testament, il exprime son souhait symbolique d’être enterré à l’université « afin que ma dépouille nourrisse l’élan et les pas de la jeunesse de cette terre ».
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Mathématicien iranien du XXe siècle Catégorie:Poète iranien du XXe siècle Catégorie:Naissance en janvier 1907 Catégorie:Décès en septembre 1976 Catégorie:Naissance à Tabriz Catégorie:Décès à Téhéran Catégorie:Décès à 69 ans