Bernard Stasi, né le à Reims et mort le dans le , est un homme politique français.
Biographie Jeunesse et études Ses grands-parents et parents naissent dans des contrées différentes : en Italie, en Espagne et à Cuba. Il n'obtient la nationalité française que par une démarche personnelle à l'âge de 18 ans. Il est le frère de Mario Stasi, ancien bâtonnier de Paris, ainsi que de Gérard Stasi.
Il est de confession chrétienne.
Ancien élève de Saint-Joseph de Reims, il est admis à l'École nationale d'administration (ENA) en 1957. Il suit sa scolarité au sein de la promotion Vauban (1957-1959), aux côtés de Jacques Chirac.
Parcours professionnel En sortie d'école, il est d'abord nommé chef de cabinet du préfet d'Alger. Il sera ensuite conseiller dans les cabinets de différents ministres, de 1963 à 1968.
Parcours politique Il devient député de la Marne en 1968, et le demeure jusqu'en 1973. Il l'est à nouveau de 1974 à 1993, sous l'étiquette du Centre des démocrates sociaux (qui devint l'une des composantes de l'UDF). Il est brièvement ministre. Il est vice-président de l'Assemblée nationale de 1978 à 1983, président de la région Champagne-Ardenne de 1981 à 1988, député européen de 1994 à 1998 et maire d'Épernay de 1970 à 1977 et de 1983 à 2000. En , à l'instar de Jacques Chirac et de Jacques Toubon, il vote avec la majorité parlementaire de gauche l'abolition de la peine de mort présentée par Robert Badinter, et exprime le regret qu'une telle mesure n'ait été promulguée par la précédente. Mais dans les débats sur la cohabitation qui agitent la droite entre 1984 et il prend parti pour Raymond Barre, estimant qu'une élection législative avait valeur de test pour ou contre la légitimité du Président de la République.
Il perd son siège de député en 1993, à la suite de sa position en faveur de la loi Évin concernant les publicités pour l'alcool (sa circonscription est en pleine région viticole). Il obtient l'annulation de l'élection, mais est à nouveau battu lors de l'élection partielle en 1994.
Du au , il est ministre des Départements et Territoires d'Outre-mer au sein du deuxième gouvernement Messmer. Il condamne le coup d'État du général chilien Pinochet du .
En 1975, il fonde l’association Cités Unies France (CUF), qui regroupe des collectivités territoriales françaises engagées dans l’action internationale. Il en assure également la présidence pendant près de trente ans.
En 1977, il participe à la fondation du Carrefour social-démocrate..
Lors du (1992-1995), .
De 1998 à 2004, il occupe le mandat de Médiateur de la République, au titre duquel il préside la commission Stasi, chargée d'un rapport sur la laïcité en France.
Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.
thumb|285px|La tombe de Bernard Stasi au cimetière du sud de Reims (Marne).
Il meurt le à l’hôpital Bretonneau, dans le , à l'âge de 80 ans« Bernard Stasi, ancien ministre, ancien médiateur de la République, est mort », La Voix du Nord, 4 mai 2011.AFP - Décès de l'ex-ministre Bernard Stasi sur lefigaro.fr.
Polémiques
Sur l'immigration Il adopta des positions sur la crise de en Nouvelle-Calédonie, affirmant dans un rapport que les responsabilités de la crise kanake étaient antérieures à 1981. Christian Bonnet le qualifia alors de « Stasibaou » (par allusion au dirigeant kanak Jean-Marie Tjibaou).
Ses positions favorables à l'immigration se sont également exprimées dans la publication en 1985 de son livre L'immigration, une chance pour la Francewww.vie-publique.fr/politiques-publiques/politique-immigration/chronologie-immigration/ et occasionnèrent aussi des insultes dans sa propre formation politique. Cette double hostilité contribua à son échec parlementaire en , lors de sa candidature à la présidence de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale contre Roland Dumas, pour la session automnale de l’année 1986. Les députés du Front national et un député de la majorité de droite votèrent pour Roland Dumas, qui accepta toutes les voix sans état d’âme. C'est aussi qu’à égalité, comme il le dit, en décomptant seulement les voix du Front national, Roland Dumas l’emportait en raison, comme le voulait la loi — de son plus grand âge. Aux sessions suivantes du printemps et de l’automne 1987, ce fut Valéry Giscard d’Estaing qui pour maintenir la cohésion au sein de la majorité fit acte de candidature, en même temps qu’il sollicita par lettre publique les voix du Front national.
Sur ses origines Le , à l'occasion d'un débat avec Jean-Marie Le Pen sur France Inter, il lance à celui-ci : , lequel lui répond : . Stasi réplique alors : . Le Pen conclut . Après la chute du mur de Berlin, Jean-Marie Le Pen revint à la charge : .
Détail des fonctions et mandats Mandats locaux 1970 - 1977 : maire d'Épernay 1983 - 2000 : maire d'Épernay 1981 - 1988 : président du conseil régional de Champagne-Ardenne
Mandats parlementaires - : député de la quatrième circonscription de la Marne (démission pour entrer au gouvernement) - : député de la quatrième circonscription de la Marne - : député de la Marne (élu au scrutin proportionnel) - : député de la sixième circonscription de la Marne - : député européen
Ouvrages Vie associative et démocratie nouvelle, Presses universitaires de France, 1979, L'Immigration, une chance pour la France, Robert Laffont, coll. « Franc Parler », 1984, La politique au cœur, Robert Laffont, 1993, Tous Français, l'immigration, la chance de la France, Hugo Document, 2007,
Hommages Distinctions (2003)décret du 13 juillet 2003. Prix Bernard-Lecache.
Postérité En 2013, la ville de Reims créée un parc Bernard-Stasi ; Épernay a aussi nommé une place en son honneur.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Conseil régional de Champagne-Ardenne Épernay Liste des députés de la Marne Liste des maires d'Épernay Sixième circonscription de la Marne
Liens externes
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