Le cinquantenaire de l'indépendance de la Belgique désigne différentes festivités et expositions commémorant la déclaration d'indépendance de la Belgique du . Elle se tient tout au long de l'année 1880 principalement à Bruxelles. Ces manifestations patriotiques sont destinées à mettre en exergue l'identité culturelle et les réalisations dans différents domaines du royaume de Belgique.
Organisation Au début de 1878, le roi des Belges, Léopold II, prend l'initiative d'organiser une grande fête patriotique et des expositions nationales à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de la Belgique. Le but est de contribuer à renforcer l'identité belge et l'unité du jeune état et de mettre en valeur la production nationale dans les domaines de l'art, de l'industrie et de l'agriculture-horticulture.
Le , Léopold II signe la loi qui dégage les moyens financiers nécessaires. En , le chantier sur le site du parc du Cinquantenaire et des arcades éponymes de Bruxelles proprement dit commence. Faute de temps, seuls les pavillons d’angle sont prêts pour l’ouverture de l’Exposition nationale le . Après 1880, le site restera dénommé Cinquantenaire (en français) et Jubelpark (en néerlandais).
Différentes médailles commémoratives en or, argent, étain et cuivre sont frappées à l'occasion du cinquantenaire selon le modèle créé par les graveurs Léopold Wiener et Charles Wiener. vignette|L'arrivée des souverains belges sur l'esplanade du Cinquantenaire.
Festivités Le , le monument à la Dynastie belge, érigé en style néogothique dans le parc de Laeken, est inauguré à l'occasion du anniversaire de l'intronisation du roi de Belgique et du cinquantenaire de l'indépendance de la Belgique.
Le , a lieu la manifestation principale du cinquantenaire consistant en une grande fête patriotique qui a lieu en présence des souverains de Belgique, Léopold II et Marie-Henriette de Habsbourg-Lorraine. Dans les tribunes, 800 personnalités de l'armée, la Garde civique, des anciens combattants de 1830, des représentants communaux, des guildes, des provinces, gouverneurs, magistrats et autres invités officiels sont associés à cette cérémonie qui marque officiellement le début des festivités du cinquantenaire. La tribune royale est entourée d'une colonnade en hémicycle, entre les deux pavillons d'angle métalliques. Un orchestre et un chœur assurent l'accompagnement musical. Le parc, à proximité des monuments accueille jusqu'à . Le jour de l'inauguration des salves d'artillerie se succèdent de du matin jusqu'à la fin de la cérémonie. L'apothéose de la célébration est la présentation des drapeaux, étendards et bannières et le salut aux souverains par les bourgmestres, échevins, représentants des guildes et fraternités de tout le pays, accompagnés de la musique de l'orchestre et les chœurs. Le roi prend ensuite la parole pour prononcer son allocution avant que la cérémonie ne se clôture au son de la Brabançonne.
vignette|gauche|Toile de Camille Van Camp (Palais de la Nation, Bruxelles) dépeignant la présentation des drapeaux.
Divers événements ont également lieu en marge de cette fête patriotique : notamment des défilés militaires et de la Garde civique, un festival de musique, un concours de chant et un défilé en costume historique.
Un an plus tard, du 4 au , les fêtes de Gand commémorent le cinquantenaire de l'indépendance de la Belgique : exposition de fruits, de légumes et de fleurs coupées à Gand organisée au jardin botanique de l'Université de Gand par le Cercle d'Arboriculture de Belgique, concours international de chant d'ensemble, exposition d'objets d'art industriel et concours international de photographie, concours international de gymnastique, concerts, bals, feux d'artifice, festival international de musiques d'harmonie, fête militaire, concours de régates internationales, défilé des écoles communales et fête scolaire. Les fêtes de Gand pour le cinquantenaire de l'indépendance nationale sont inaugurées le en présence des souverains de Belgique et des personnalités.
Expositions
droite|vignette|Émile Delperée, Luther devant la diète de Worms, 1878 (tableau exposé durant l'Exposition historique de l'art belge 1830-1880). droite|vignette|Gérard Goswin et Bertholet Flémal, Trois portraits, fleurs et fruits, avant 1685 (tableau exposé durant l'Exposition de l'art ancien au pays de Liège).
Le cinquantenaire de l'indépendance est marqué par l'organisation de grandes expositions à Bruxelles et Liège destinées à mettre en valeur les talents et capacités du nouvel état belge :
Exposition nationale des produits de l’art et de l’industrie belge : répartie en quatre thèmes (enseignement, agriculture et horticulture, industrie et art industriel ancien) et organisée sur l’ancien champ d’exercices de l’armée belge sur le plateau de Linthout, réaménagé et devenu le Cinquantenaire. Dans le cadre de celle-ci, un parc et deux palais d’expositions ont été érigés (actuellement les musées royaux d’Art et d’Histoire de Belgique et le musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire), conçus par Gédéon Bordiau. Dans le parc du cinquantenaire, une tour médiévale néogothique est construite en 1880 par l'architecte Henri Beyaert en marge de l'exposition en vue de vanter les propriétés de la pierre de Tournai. L'exposition est inaugurée le par le roi Léopold II et de la reine Marie-Henriette de Habsbourg-Lorraine et ferme ses portes le . Elle connaît un franc succès avec ;
Exposition historique de l'art belge 1830-1880 : située au centre de Bruxelles, dans la rue de la Régence au nouveau Palais des Beaux-Arts (actuellement les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique) bâti d’après les plans d’Alphonse Balat. Il s'agit d'une grande rétrospective de l’art belge entre 1830 et 1880. Cette exposition est inaugurée le en même temps que le Palais des Beaux-Arts par le roi Léopold II et la reine Marie-Henriette de Habsbourg-Lorraine ainsi que Philippe de Belgique, comte de Flandre et son épouse Marie de Hohenzollern-Sigmaringen, comtesse de Flandre ;
Exposition de l'art ancien au pays de Liège : l'objectif de celle-ci est de . Elle se tient du au dans les cloîtres de la cathédrale Saint-Paul et dans les locaux de la Société libre d'émulation et de l'université de Liège. C'est où plus de sont exposées.
Bibliographie Le cinquantenaire de la Belgique, Alphonse Dechamps, éd. Decq et Duhent, Bruxelles, 1880. Cinquantième anniversaire de l'indépendance de la Belgique. Union syndicale de Bruxelles. Congrès international du commerce et de l'industrie du 6 au 18 septembre 1880, International commercial congress et Union syndicale (Brussels, Belgium), éd. M. Weissenbruch, impr. du roi, Bruxelles, 1880-1881. De Belgische natie viert, Jeroen Janssens, Universitaire Pers Leuven, 2001. Brochure nationale par occasion de cinquantenaire de notre indépendance, Joseph Casteleyn, imp. Gustave Deprez, Schaerbeek, 1885. Exposition nationale 1830-1880, Album commémoratif, M. Fussen, Armand Heins et Franz Herla, éd. Alfred Lefèvre, 1880.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Exposition historique de l'art belge 1830-1880 Exposition de l'art ancien au pays de Liège Déclaration d'indépendance de la Belgique Centenaire de l'indépendance de la Belgique Arcades du Cinquantenaire Parc du Cinquantenaire Monument à la Dynastie
Liens externes
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