La famille Mahy (parfois appelée de Mahy) est une famille de la noblesse française, donnée pour éteinte, originaire du Blésois, puis qui s'est fixée en Sologne, à La Réunion et aux États-Unis.
Issue de la noblesse dite de robe, la famille reste principalement dans les mémoires grâce à Thomas de Mahy (), marquis de Favras et fervent soutien de la monarchie, qui fut la première victime noble de la Révolution exécutée pour crime de lèse-nation.
Histoire Origines
Un premier Jean Mahy apparaît au tout début du , mentionné de 1401 à 1408 comme bourgeois de Blois, receveur des finances du duc Louis Ier d'Orléans et notaire au Châtelet d'Orléans, chap. II.. Comme d'autres familles locales, les Mahy semblent ainsi avoir profité de la présence de la cour ducale à Blois depuis 1397, puis de l'accession au trône de Louis XII en 1498 pour entamer leur ascension sociale.
Un deuxième Jean Mahy est ensuite cité en 1566, sous Charles IX, comme figurant dans une assemblée de notables de Blois.
En 1707, un François Mahy, alors chanoine à la nouvelle cathédrale Saint-Louis de Blois, fait une donation en faveur de l'hôtel-Dieu.
Une famille localement dispersée Branche de Savonnières Un troisième Jean Mahy est mentionné comme échevin au . Il est également bourgeois de Blois, écuyer, conseiller du roi et avocat général à la Chambre des comptes. En 1698, il acquiert la seigneurie de SavonnièresSur le territoire de l'actuelle commune d'Ouchamps (Le Controis-en-Sologne).. On lui connaît un fils, nommé Jean-Nicolas Mahy, qui occupa les mêmes offices.
Jean-Nicolas aurait eu deux fils, Augustin Mahy d'Argy (ou d'Argis), et Jean-Joseph, qui céda en 1770 sa terre de Savonnières à M. Lamé Duperron, alors trésorier de France au bureau des finances de la généralité d'Orléans.
Branche de Cormeray En 1719, un Jean-Guillaume (), alors receveur général des domaines du comté de Blois et du duché de Vendômois depuis 1710 et greffier en chef de la Chambre des comptes de Blois, fait acquisition du château de Chitenay, situé dans la baronnie de Cormeré, qui relève du fief de Mondoubleau. De ce fait, il obtient le droit de haute, moyenne et basse justice sur un territoire réunissant les actuelles communes de Chitenay, de Cormeray, de Feings, d'Ouchamps et de Seur.
Fils de Jean-Guillaume, Guy-Guillaume () succéda à son père en 1747. Ce dernier était également conseiller du roi et, à sa survivance, receveur général des domaines du Blésois et du Vendômois.
Marié en secondes noces à Thérèse Charpentier, Guy-Guillaume eut cinq fils. L'aîné, Guillaume-François de Mahy (né en 1739), fut fonctionnaire du contrôle général, receveur général des domaines et bois, et choisi par Necker pour diriger le Bureau pour la refonte des traites. Le cadet, Thomas de Mahy (1744–1790), dit le marquis de Favras, fut premier lieutenant du comte de Provence et frère du roi Louis XVI, le futur Louis XVIII. Ce dernier participa d'ailleurs à la fin de guerre de Sept Ans. Le troisième, Édouard de Mahy de Chevenelles, fut officier au sein des troupes de la colonie de Saint-Domingue, dans les Antilles. Le benjamin, Charles-Louis de Mahy de Chitenay, s'est engagé dans la Compagnie française des Indes orientales où il fut interprète du gouvernement français en persan et en indoustan. Dans une situation similaire au blésois François-de-Paule de La Saussaye, il est fait prisonnier de guerre en 1780 au Bengale. Un cinquième, Joseph-Henri de Mahy des Montils, est aussi donné comme membre de la fratrie.
Branche de Pontchardon On connaît également un Louis Mahy, cité comme seigneur de BoismartinSur le territoire de l'actuelle commune de Feings (Le Controis-en-Sologne). et conseiller au présidial de Blois, qui enregistra ses armes dans l'Armorial d'Hozier de 1696. Il est certainement le père de Louis-Adrien Mahy de Boismartin, seigneur de PontchardonSur le territoire de l'actuelle commune de Cour-Cheverny. devenu procureur général de la Chambre des comptes de Blois. Marié en 1732 à Louise Colas de Brouville, ce dernier eut quatre enfants, dont deux fils.
L'aîné, Adam-François-Melchior Mahy du Plessis (), devint écuyer, conseiller du roi et auditeur à la Chambre des comptes de Blois, puis acquit à une date indéterminée la seigneurie de l'AubépinSur le territoire de l'actuelle commune de Saint-Gervais-la-Forêt.. Il est notamment connu pour avoir introduit à Saint-Gervais-la-Forêt la culture de la pomme de terre dès 1780, à une époque où l'agronome Antoine Parmentier lutte à faire accepter ce féculent encore mal-aimé en France.
Son frère, Louis-Timothée, hérita de la terre de Pontchardon et était, en 1789, maître ordinaire à la même Chambre des comptes.
En 1765, on retrouve d'ailleurs deux nobles, du nom de François-Jacques Mahy de l'Obépin et de Florence Mahy de Plainville, donnés pour frères originaires de Blois, comme s'étant inscrits au Conseil souverain de Martinique.
Le rameau de Pontchardon semble s'être éteint en 1868 en la personne de Louise-Anne Mahy de Pontchardon, décédée à Blois à l'âge de .
Pendant la Révolution
Les Mahy en 1789 En , plusieurs membres de la famille sont appelés à participer à la destination des députés de la noblesse en vue des États Généraux convoqués par Louis XIV, à Versailles. À Blois, sont notamment présents Guillaume Mahy du Coudray, Augustin Mahy d'Argy, Adam Mahy du Plessis, Louis-Timothée Mahy de Pontchardon ainsi que dame Claude-Louise Mahy en tant que veuve de César-Nicolas Texier de Russy.
Comme toutes les familles nobles de France, la famille perd tous ses privilèges féodaux en conséquence de la nuit du 4 août 1789.
L'affaire Favras vignette|263x263px|Dessin du marquis de Favras, E. Thomas (1889).
Grand soutien de la cause royaliste lorsqu'éclate la Révolution, Thomas de Favras est soupçonné de préparer l’évasion de Louis XVI. D'abord arrêté le , un procès s'ouvre et dure presque deux mois, ce qui est long pour cette période pleine de troubles. Sa défense fut assurée par son frère aîné, le baron de Cormeray. Il est finalement condamné à mort par pendaison le suivant, sur la place de Grève, en faisant une des premières victimes politiques de la Révolution. vignette|200x200px|L’Exécution du marquis de Favras, une du Journal de Paris du .
Les exilés
À la suite de l'exécution du marquis, son épouse Victoria () et leurs enfants, Charles (1781–1845) et Caroline (1787–1865), sont d'abord placés sous la protection de Louis XVI, mais l'exécution du roi le les pousse à émigrer. Si Caroline épousa en 1805 Rudiger Freiherr von Stillfried-Rattonitz, son frère s'engagea au sein des armées de l'Autriche des Habsbourg et de la Russie impériale. vignette|200x200px|La famille du marquis de Favras. Au moment du procès de Louis XVI (), Augustin de Mahy d'Argy figure parmi les signataires de la proposition volontaire des nobles blésois de patrouiller dans la ville pour y augmenter la sécurité..
Aussi en 1793, Charles-Louis décide d'émigrer quant à lui à Philadelphie (États-Unis), avant de revenir en France après la signature du traité d'Amiens en 1802. En récompense de ses services passés, Charles-Louis reçut une rente de accordée par Napoléon Ier, chap. XIV..
De même, Joseph-Henri Mahy des Montils s'exila à la Nouvelle-Orléans où il laissa une descendance encore vivante en 1863.
La fille d'Adam de Mahy du Plessis, Marie-Madeleine (), épousa Guillaume-François de La Saussaye (). Le couple n'eut cependant pas de descendance.
Sous la Restauration Fils du marquis de Favras, Charles revint en France à la Restauration, en 1814. Alors établi à la Motte-Tilly (Aube), il bénéficia jusqu'en 1830 d'une que lui avait accordée le roi Louis XVIII. Après la Révolution de Juillet, il quitta définitivement la France pour rejoindre sa mère en Bohême. Il y épousa une dame hollandaise, sans que l'on ne leur connaissance de descendance, avant de s'éteindre veuf à Egra (actuelle Tchéquie), le .
Sur l'île de La Réunion Le basculement de la Révolution dans la Terreur, à partir de 1792, incite un François de Mahy quitte Bourges et son Berry natal pour s'installer sur l'île Bourbon (actuelle île de La Réunion). Il y épouse Florence Dennemont, issue d'une famille ancienne de l'île, et avec qui il eut un fils, François-Césaire. Né en 1795, François-Césaire fut d'abord officier de la milice de Bourbon puis receveur de l'enregistrement de 1819 jusqu'en 1842, avant d'être nommé maire de Saint-Pierre-de-Bourbon en 1841. Il y épousa Adélaïde Le Coat de Kerveguen, issue d'une famille de la bourgeoisie bretonne s'étant établie sur l'île pour la production de sucre. vignette|276x276px|Le député et ministre François Césaire de Mahy (vers 1880). Né en 1830 à Saint-Pierre, leur fils François Césaire est d'abord docteur en médecine avant devenir en 1870 l'un des deux députés attribués à La Réunion, lors des premières élections législatives de l'île sous la Troisième République. Rallié à la Gauche républicaine, il conserva son siège à l'Assemblée nationale (devenue Chambre des Députés en 1875) jusqu'à sa mort en 1906, et fut également nommé ministre de l'Agriculture en 1882 puis ministre des Colonies en 1884 ainsi qu'en 1887. En plus de favoriser la colonisation de Madagascar dont la conquête par la France s'achève avec l'exil de la reine Ranavalona III en 1897, il présida la première conférence de l'Action française, en 1899.
Héraldique À l'origine, la famille Mahy portait des armes . En Alsace, la branche de la Couplière a porté un alias et . La souche à La Réunion semble les avoir reprises au .
À Moulins, la branche cadette a brisé les couleurs : .
À l'occasion de la Grande enquête sur la noblesse commandée par Louis XIV, la branche blésoise de Pontchardon les a officialisées en 1696 .
Enfin, à Thouars, le chirurgien Maître de Mahy portait . Là aussi, la souche en Martinique aurait porté les mêmes armes.
Hommages Une rue Mahy du Plessis existe à Saint-Gervais-la-Forêt, dans l'actuel quartier de l'Aubépin.
De même, on retrouve une rue François de Mahy, ainsi qu'une statue à l'effigie du député François Césaire de Mahy, à Saint-Pierre de La Réunion.
Généalogie simplifiée La généalogie générale de la famille n'a pas été établie dans les archives.
Notes et références Notes
Fiefs
Références
Voir aussi Bibliographie
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Articles connexes Liste de familles éteintes notoires de la noblesse française Armorial des familles de l'Orléanais Armorial des familles de Touraine
Liens externes
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