Mohammed Fakhir (en arabe : محمد فاخر), né en 1949 à Casablanca et décédé le , est un cinéaste, homme politique et figure du monde équestre marocain.
Formé entre la Sorbonne et l’INSAS de Bruxelles, il appartient à la génération des cinéastes marocains engagés des années 1970 et préside ensuite la commune d’Anfa pendant deux mandats.
Jeunesse et formation Originaire d’Anfa, Fakhir effectue sa scolarité au lycée Mohammed V de Casablanca.
Il poursuit des études de droit et de sciences politiques à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, avant d’intégrer l’INSAS à Bruxelles, où il se forme aux techniques cinématographiques dans un environnement intellectuel européen en effervescence.
Contexte du cinéma marocain Les années 1970 marquent l’essor d’un cinéma marocain post-indépendance, dominé par Mustapha Derkaoui, Mohamed Reggab et Souheil Ben Barka.
Le CCM soutient mais encadre ces créateurs : la censure politique impose un équilibre entre critique sociale et morale nationale.
Carrière cinématographique Fakhir débute au CCM comme technicien avant de collaborer avec de grands réalisateurs. Il participe à plusieurs films marquants du cinéma marocain et maghrébin des années 1970 à 2000.
Réalisateur 1976 : Destin d’un animal — court documentaire observant la vie animale dans un Casablanca en pleine urbanisation. 1977 : La plage, un dimanche — fresque visuelle sur les familles et les contrastes sociaux du littoral casablancais. 1999 : Le Temps d’un rêve — fiction poétique centrée sur la jeunesse et la quête d’identité, présentée au Festival national du film en 2001.
Direction de production 1991 : Un amour à Casablanca — réalisé par Abdelkader Lagtaâ, avec Mouna Fettou, Ahmed Naji et Mohamed Zouhir. L’histoire aborde l’amour, la jeunesse et le poids des traditions dans une société marocaine en mutation. 2001 : Les Amours de Haj Mokhtar Soldi — film de Mustapha Derkaoui évoquant la passion, la modernité et la confrontation entre classes sociales. 2003 : Casablanca by Night — chronique urbaine signée Mustapha Derkaoui ; la ville devient personnage central entre démesure, solitude et espoir. 2005 : Les Enfants du vent — coproduction d’Abdellah Mesbahi, récit initiatique autour des rêves d’émancipation de jeunes Marocains.
Collaborations techniques 1974 : De quelques événements sans signification — film expérimental de Mustapha Derkaoui, symbole du cinéma d’auteur contestataire marocain. 1976 : Les Cendres de la cabane — de Mohamed Reggab, chronique ouvrière au style néoréaliste. 1977 : Les Noces de sang — de Souheil Ben Barka, coproduction internationale avec Irène Papas, Laurent Terzieff et Francisco Rabal. 1984 : Cauchemar — drame social marocain avec Touria Jabrane et Amina Rachid, mêlant psychologie et critique morale.
Engagement politique Dans les années 1990, Fakhir rejoint l’Union constitutionnelle, parti fondé par Mohamed Maâti Bouabid, et devient président de la commune d’Anfa pendant près de dix ans. Il y mène des projets de modernisation urbaine et de soutien à la culture et au sport.
Activités équestres En 1986, Fakhir fonde le Royal Club Équestre Anfa à Aïn Diab, affilié à la Fédération royale marocaine des sports équestres et spécialisé dans le saut d’obstacles, la formation et les balades équestres. Il développe un cheptel d’environ 90 chevaux et participe à la promotion du cheval barbe et arabe-barbe. En 1991, il crée le Moussem de Sidi Abderrahmane, grand événement de fantasia / tbourida, organisé jusqu’en 2010, puis relancé en 2024 sous le nom « Assil Anfa – Sidi Abderrahmane ». Éleveur reconnu, il offre en 1995 un cheval au roi Hassan II et siège à la Fédération royale marocaine des sports équestres aux côtés de Lalla Amina et de Charif Moulay Abdellah Alaoui.
Notes et références
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