Le monument aux morts de Bathelémont-lès-Bauzemont de 1918 est dédié aux trois premiers soldats américains de la Première Guerre mondiale morts pour la FranceLes premières cartes postales ont pour légende , sans que cela corresponde à la mention « Mort pour la France » définie et officialisée en 1919. le . Les victimes, le caporal , le soldat et le soldat appartenaient à la d'infanterie du corps expéditionnaire américain en Europe placé sous les ordres du général John J. Pershing ; tués au combat contre les Allemands, ils ont été inhumés à Bathelémont.

Inauguré le , le monument a été détruit en Le 6 ou le 16 octobre selon les sources. par l'occupant allemand. Il a été remplacé en 1955 par une stèle non sculptée en granit.

Le monument de 1918 Ce monument a été dessiné par Louis Majorelle, artiste réputé de l'École de Nancy, à la demande du préfet Léon Mirman, qui en a présenté l'esquisse au général Pershing à Nancy le , alors que celui-ci revenait de visiter ses troupes et les tombes de ses premiers soldats morts au combat. Le projet était de l'édifier à Bathelémont sur un terrain en contrebas de l'église Saint-Jean-Baptiste et du cimetière attenant. Un peu plus bas, à l'endroit dit "clos" ou "pré de la ferme du château", était déjà aménagé un cimetière militaire français provisoire, et les trois soldats américains y sont inhumés avec les honneurs le . À la cérémonie assistent notamment le général Paul-Émile Bordeaux et l'infirmière américaine volontaire , récente épouse du général Robert de Buyer, venue spécialement de Vitrimont, qui se chargera d'écrire aux familles.

Modelé par le Nancéien Auguste Vautrin, professeur de sculpture à l'École d'apprentissage du bâtiment de Nancy fondée par Edmond Cayotte, l'imposant édifice est construit en pierre d'Euville par l'entreprise de bâtiment France-Lanord et Bichaton, terminé début et acheminé sur place par l'entrepreneur de travaux publics et maire de Nancy Gustave Simon, pour être inauguré à la date anniversaire du . Élevé sur une butte, il culmine à plus de cinq mètres de hauteur.

La réalisation en a été rendue possible grâce à une souscription de toutes les communes non envahies du département de Meurthe-et-Moselle. Dans sa séance du conseil municipal du , la ville de Nancy avait la première alloué une somme pour la réalisation du monument.

La forme en obélisque est celle de nombreux monuments aux morts de l'époque et du siècle précédent. Son originalité vient de la ligne courbe caractéristique de l'Art nouveau, formant un évasement vers le bas, de son petit pyramidion arrondi, et de sa décoration : la face antérieure comporte une grande croix de Lorraine, entourée à sa base de deux chardons lorrains, sur laquelle est inscrit . Cette représentation des symboles de la Lorraine rappelle celles d'Émile Gallé et des artistes de l'École de Nancy dans leurs œuvres à thème lotharingiste et nationaliste des années 1880 et suivantes. Sur la face postérieure, au sommet, est gravée l'étoile du drapeau américain à cinq branches, et, sur toute la hauteur, l'inscription .

L'image dessinée du projet de MajorelleSur le dessin, trois étoiles, symboles des trois soldats et de leurs trois États, figurent à la base de la face antérieure, mais seront placées à la base de la face postérieure sur les maquettes. est reproduite aux États-Unis dès 1919 dans un ouvrage consacré à la Première Guerre mondiale"Lorraine's Tribute to Americans".

Malgré les obus encore tombés la veille, l'inauguration sur place avec dépôt de gerbes a lieu le au matin. Elle rassemble le préfet Léon Mirman, le général Edme Philipot, le sous-préfet de Lunéville Roger Langeron, le maire d'Einville et plusieurs militaires américains et français. Une seconde inauguration, avec discours d'une dizaine de notabilités, a lieu à l'hôtel de ville de Nancy l'après-midi, où sont présents le ministre du Blocus et des Régions libérées Albert Lebrun, l'ambassadeur des États-Unis en France William G. Sharp, le général commandant la 1re division d'infanterie dite "Big Red One", le général , le préfet Mirman, le maire Gustave Simon, entre autres.

La sculpture originale en plâtre ( x x ) est conservée dans la famille du sculpteur. Des maquettes plus petites, en plâtre ou en biscuit, ont été réalisées, dont quelques-unes avec le texte en anglais destinées au président Wilson, au général Pershing et à l'ambassadeur W.G. Sharp ; celles avec le texte français sont offertes au président Raymond Poincaré, au préfet Mirman, au maire Gustave Simon et au directeur de l'École du bâtiment de Nancy. Un exemplaire est conservé par la commune de Bathelémont, et un autre, avec son inscription en anglais, par l'association mémorielle « Les Amis de la ligne de front ouest » de Manonviller. Les maquettes en biscuit ont été faites par les frères Mougin ; l'une d'elles a été exposée en 2012 au centre Pompidou-Metz lors de l'exposition 1917.

Entre-deux-guerres Le tertre du monument est d'abord entouré d'une clôture rudimentaire de piquets et cordons, puis d’une clôture en bois, et enfin de sa clôture définitive à quatre piliers de pierre et grilles en fer réalisée par l'entreprise France-LanordCette clôture, endommagée en 1940, a été restaurée à l'identique en 1955, puis démontée en 1977 ; elle est aujourd'hui perdue.. En 1921, l'American Legion appose une plaque souvenir sur le monument, et les tombes voisines sont retirées lorsque les corps des militaires sont rapatriés aux États-Unis.

Le , une grande manifestation franco-américaine est organisée à Bathelémont-lès-Bauzemont par l'association Knights of Colombus pour célébrer le dixième anniversaire de la mort des soldats ; un public nombreux et plusieurs personnalités y assistent, dont le maréchal Lyautey, l'ancien ministre des Régions libérées et ancien ministre des Pensions Louis Marin, tous deux Lorrains d'origine, et le préfet de Meurthe-et-Moselle André Magre. En , le nouvel ambassadeur des États-Unis en France Walter E. Edge se rend à Bathelémont.

Destruction pendant la Seconde Guerre mondiale En , un capitaine de la Wehrmacht s'indigne du terme « Impérialisme allemand, fléau du Genre humain ». Après avoir sommé le maire de détruire l'inscription, puis l'avoir menacé de le fusiller parce qu'il l'avait simplement enduite de plâtre, il fait dynamiter le monument. Le socle du piédestal est resté intact et sera partiellement réutilisé. Des lourds débris disséminés aux alentours et restés là pendant plusieurs années, seul le sommet du monument subsiste de nos jours ; en pierre calcaire d'Euville, ce gros fragment de x x comportant le haut de la croix de Lorraine et l'étoile américaine a été déposé devant le cimetière communal de Bathelémont. Une petite plaque "Monument de Majorelle" vient rappeler le nom de son concepteur.

Deux nouveaux monuments commémoratifs Pour remplacer le monument détruit, une stèle en granit brut a été érigée en 1955 à l'emplacement d'origine sur une partie récupérée du socle en pierre d'Euville comportant les noms de Vautrin et Majorelle ; à la demande du propriétaire du terrain, l'ensemble avec sa clôture a été retiré en 1977 et la stèle sur son socle en pierre transférée à quelques centaines de mètres de là devant le cimetière communal. Elle comportait une inscription plus concise que la précédente : , suivie des noms des trois soldats avec leur ville d'origine. En 2018, cette inscription a été recouverte par une autre, reprenant les noms des trois premiers soldats mais y ajoutant ceux de leurs neuf camarades morts entre le 13 et le inhumés à Bathelémont de 1917 à 1921. Le même texte traduit en anglais figure à l'arrière de la stèle..

vignette|redresse=0.6|Une petite réplique de la statue Au but ! d'Alfred Boucher était installée devant les monuments de 1918 et 1955 Une réplique réduite en bronze de la statue d'Alfred Boucher Au but ! (1886), don de l'American Legion en 1921, avait été scellée à la base de l'ancien monument ; le maire de Bathelémont, qui n'avait pas pu empêcher le dynamitage en 1940, avait cependant réussi à sauver cette statuette, qu'il a gardée chez lui jusqu'à ce qu'elle soit réinstallée devant le nouveau monument en 1955. Elle a été volée en 2005, mais son souvenir est maintenu par une plaque apposée en 2007 pour le .

Depuis 2017, à l'initiative de la délégation du Souvenir français de Meurthe-et-Moselle, un autre monument commémore le sacrifice des trois soldats américains ; en rappel du monument de Majorelle et Vautrin, mais nettement plus petit, il est constitué d'un obélisque en grès rose des Vosges de de haut comportant l'inscription . Après son inauguration à Réchicourt-la-Petite, il a été implanté en pleine campagne sur la colline du Haut-des-Ruelles, à quelques kilomètres du village, exactement à l'endroit de la bataille du .

Centenaire L'inauguration du monument de Réchicourt-la-Petite le s'inscrivait dans le cadre des cérémonies du centenaire organisées par les communes de Bathelémont, Bures, Réchicourt-la-Petite et l'association « 1917-2017 Célébration du centenaire de la mort des trois premiers soldats américains en France » de Maixe. Elles réunissaient une garde d'honneur de l'US Army, un détachement militaire français, le chargé d'affaires de l'ambassade des États-Unis en France, , consule générale des États-Unis à Strasbourg, Dietmar Wenger, consul général de la République fédérale d'Allemagne, et plusieurs représentantes et représentants d'associations.

Quelques mois auparavant, le , des soldats américains de la Big Red one avaient défilé sur les Champs-Élysées, cinq d'entre eux ayant revêtu l'uniforme de 1917, trois portant les étendards des États-Unis, de la Big Red One et du .

Voir aussi

Articles connexes Monument Monument aux morts Mémorial Lieu de mémoire Commémoration

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Notes et références Notes

Références

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