Sueur noire (en arabe : « العَرَق الأسود ») est un film algérien réalisé par Sid Ali Mazif et tourné au début des années 1970. Le film traite de la condition ouvrière et de la répression d'une grève de mineurs sous le régime colonial.

Synopsis En 1954, à Ouenza, important village minier du nord-est algérien, une minorité d’Européens colons domine et exploite des milliers d’ouvriers algériens. Dans ce contexte marqué par l’injustice sociale et la ségrégation, Amine Boularès, jeune étudiant arbitrairement exclu du collège, est contraint de travailler à la mine.

Confronté à la dure réalité du monde ouvrier, il découvre la misère, la division entre travailleurs et le paternalisme des techniciens français. Sa rencontre avec Idir, militant engagé et courageux, éveille en lui une conscience nouvelle. Ensemble, ils s’opposent aux manœuvres d’une direction coloniale menée par Borsocq, ancien administrateur militaire, et dénoncent la corruption syndicale.

Lorsque la grève générale éclate, la répression est brutale. Mais au cœur de cette épreuve, les mineurs prennent conscience de leur identité nationale et de la nécessité d’unir leur lutte à celle du peuple algérien pour la liberté et la révolution.

Fiche technique Réalisation : Sid Ali Mazif Scénario : Hamid Abdallah et Sid Ali Mazif Titre original : العَرَق الأسود Pays : Algérie Durée : 100 minutes Année : 1971

Distribution Ziani Boucherit Hosni Kitouni

Thèmes Le film aborde l'exploitation ouvrière, la prise de conscience politique, la répression coloniale et la solidarité de classe. Il s'inscrit dans un cinéma algérien post-indépendance engagé, centré sur la mémoire sociale et la représentation des luttes populaires.

Production et contexte Sueur noire est le premier long métrage de Sid Ali Mazif, réalisé dans le contexte des premières années du cinéma national algérien où l'État et plusieurs structures culturelles favorisaient les récits sociaux et historiques. Il a été initialement tourné en 16 mm puis porté en 35 mm pour certaines diffusions.

Hommages et projections récentes À la suite du décès du réalisateur Sid Ali Mazif en , plusieurs hommages et mentions de son œuvre — dont Sueur noire — ont été publiés par la presse algérienne et des structures cinématographiques locales. En 2018, la Cinémathèque algérienne organise des évocations du travail de Sid Ali Mazif et de sa filmographie, mentionnant la conservation et la valorisation de ses films. Des programmations de festivals ou de cinémathèques locales ont cité Sueur noire lors de rétrospectives sur le cinéma algérien classique.

Réception et postérité À sa sortie, Sueur noire a été salué pour son approche réaliste et son engagement social, incarnant la volonté du jeune cinéma algérien de traiter des questions ouvrières et de la conscience nationale. Plusieurs analyses et articles de presse ont souligné la portée politique et esthétique de l’œuvre.

Dans un article consacré à Sid Ali Mazif, l’Agence Algérienne de Presse (APS) rappelle que Sueur noire fait partie des films « à travers lesquels le réalisateur a voulu exprimer l’effort, la dignité et la souffrance du peuple algérien au travail ». L’article met en avant son « regard sincère sur la condition de la classe ouvrière » et son rôle pionnier dans le cinéma social algérie.

Le quotidien El Moudjahid a également rendu hommage au réalisateur après sa disparition, rappelant que Sueur noire fut « l’un des premiers longs métrages à avoir mis en image les luttes sociales dans les mines d’Ouenza », et soulignant qu’il demeure « une œuvre de référence dans la mémoire du cinéma algérien engagé ».

Sur le site Djazairess, le critique du Soir d’Algérie mentionne que Sueur noire « constitue un jalon essentiel du cinéma algérien des années 1970 », décrivant avec force « la grève des mineurs à Ouenza, la misère des baraquements, la violence de la répression et la lente prise de conscience politique ». L’article conclut que Mazif « a su traduire le passage de la misère sociale à la conscience nationale ».

Le site culturel Algeriades inscrit Sueur noire parmi les films fondateurs du cinéma algérien indépendant, notant qu’il s’agit d’« une œuvre emblématique tournée dans la mine de fer d’Ouenza, symbole de la condition ouvrière et du courage collectif des travailleurs ».

Enfin, le site Izzoran consacre une fiche au film, le décrivant comme « un drame social intense où la révolte, la solidarité et la prise de conscience nationale s’imposent progressivement comme moteur du récit ».

L’ensemble de ces témoignages et analyses confirment l’importance historique de Sueur noire dans la mémoire cinématographique algérienne : un film à la fois politique, humain et profondément enraciné dans la réalité sociale de son temps.

Notes et références

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Liens externes

Sueur noire — Africultures. Sueur noire — Africine.

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