Rivière-Saint-Paul (en anglais : ) est un village situé dans le territoire de la municipalité de Bonne-Espérance dans Le Golfe-du-Saint-Laurent, au Québec (Canada).

Lieu fréquenté au fil des millénaires par plusieurs peuples autochtones et européens, le village actuel prend racine autour d'un poste de traite établi au début du , puis d'un site de transformation du poisson. Les pêcheries sont encore au cœur des activités économiques et culturelles au .

Toponymie Le village est nommé d'après la rivière au bord de laquelle il est établi, la rivière Saint-Paul, elle-même nommée d'après une concession accordée à Jean-Amador Godefroy de Saint-Paul.

En 1913, le lieu est connu sous le nom de Village Saint-Paul. Le nom Rivière-Saint-Paul est officialisé par la Commission de géographie en 1956.

Géographie Situation Rivière-Saint-Paul est situé dans la municipalité de Bonne-Espérance, en Basse-Côte-Nord au Québec (Canada). Implanté à à l'ouest de la frontière avec le Labrador, le village se trouve à l'extrémité orientale du Québec.

Les localités les plus proches sont Vieux-Fort, à à l'ouest et Middle Bay, à à l'est.

Topographie Le village est implanté sur des pics rocheux et le sol meuble y est rare.

Hydrographie Le village est implanté aux abords de l'estuaire de la rivière Saint-Paul, au fond des baies des Esquimaux et de Sébastopol. La rivière est riche en saumons.

Climat Le climat à Rivière-Saint-Paul est de type continental subpolaire. Selon la classification Köppen-Geiger, le village est situé dans une zone climatique continentale humide avec des étés courts et froids (Dfc).

Démographie

Aménagement du territoire Un périmètre d'urbanisationAu Québec, un périmètre d'urbanisation comprend les secteurs d'une municipalité régionale de comté (ou d'un territoire équivalent) qui sont déjà urbanisés et ceux dans lesquels elle entend implanter les nouveaux secteurs d’expansion urbaine. Voir . a été identifié au schéma d'aménagement et de développement de la de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent et correspondant aux limites du noyau villageois. Le schéma d'aménagement identifie par ailleurs plusieurs risques : inondations par embâcle de glace, érosion côtière et avalanche.

Économie Rivière-Saint-Paul est le plus important port de pêche de la Basse-Côte-Nord après Lourdes-de-Blanc-Sablon. En 2012, 33 permis de pêche commerciale et 43 navires de pêche y sont recensés. Une usine transforme la ressource à même le village.

Si autrefois, la morue était la ressource la plus capturée, le homard est l'espèce la plus lucrative en 2025. Le crabe des neiges, le turbot, le flétan, le hareng constituent aujourd'hui les principales prises débarquées au quai. La ferme de la Baie-du-Saumon opère une aquaculture de pétoncles dans la baie des Saumons, en plus d'un restaurant et d'un site d'hébergement.

En , le taux de chômage est de 11,1 %.

Histoire Époque précolombienne L'occupation des environs remonte à avant aujourd'hui. Les populations de l'Archaïque ancien et de l'Archaïque qui vivent de la chasse et de la cueillette doivent migrer lors de l'époque néo-glaciaire.

Les Paléoesquimaux de la culture de Dorset s'établissent vers avant aujourd'hui. Ils s'alimentent en chassant (le phoque et le caribou, entre autres) et se déplacent notamment en traîneau à chien. Vers l'an 1150, l'arrivée des Thuléens et le déplacement du gibier entraîne la disparition des Dorsétiens de la Basse-Côte-Nord.

Contact avec les Européens Au , des Bretons fréquentent les environs pour y pêcher la morue tandis que des Basques chassent la baleine. Des tuiles basques et d'autres artéfacts européens ont d'ailleurs été retrouvées dans des sites archéologiques inuit près du village, montrant une relation partenariale établie entre les pêcheurs européens et les autochtones d'Amérique. Les Innus fréquentent les environs également au milieu du deuxième millénaire.

Les baleiniers délaissent la Basse-Côte-Nord vers 1620 tandis que les Inuits quittent au .

Colonisation En 1706, une concession est accordée à Jean-Amador Godefroy de Saint-Paul, bien qu'un poste de traite avait été établi par des Français avant 1701. Les Godefroy de Saint-Paul exploitent l'établissement jusqu'en 1781. Par la suite, la concession est transigée à Nathaniel et Philip Lloyd, puis à William Grant en 1805 et à Lymburner et Associés en 1808. En 1823, Louis Chevalier achète une part de la concession pour y opérer une usine de transformation du saumon, qui demeure en opération pendant une soixantaine d'années. À cette époque, le village compte une vingtaine de familles.

Municipalisation En 1963, une loi crée la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent, qui, à l'origine, comprend le village de Rivière-Saint-Paul. La municipalité de Bonne-Espérance est détachée de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent en 1990.

Effondrement des stocks de morue L'effondrement de la pêcherie de morue de Terre-Neuve et le moratoire qui s'est ensuivi en 1992 a porté un dur coup à l'activité économique du village, avec pour conséquences une hausse du chômage et un exode de la population. Les pêcheurs ont dû se réorienter vers d'autres ressources, comme le crabe des neiges, et l'usine de transformation a dû être modernisée en conséquence.

Services Transports Transport terrestre Le village est traversé par un segment de la route 138 qui n'est pas relié directement au reste du réseau routier québécois. Cette section isolée longue de relie Vieux-Fort à Blanc-Sablon et la frontière du Labrador, où elle connecte avec la route 510.

La route blanche est un lien hivernal entretenu par le ministère des Transports permettant de se déplacer entre les localités de la Basse-Côte-Nord par motoneige. Aucune marchandise n'y est cependant transportée. Lorsque le Relais Nordik est hors service en raison des glaces, les denrées périssables sont acheminées par la route, via le Labrador.

Transport maritime Le port est administré par l'Eastern Lower North Shore Harbour Authority. L'administration portuaire s'occupe de l'entretien des quais flottants destinés aux pêcheurs et aux plaisanciers.

Les marchandises sont manutentionnées au port en eau profonde de Blanc-Sablon, desservi par le transporteur maritime Relais Nordik, affrété par la Société des traversiers du Québec. Le Relais Nordik effectue la desserte maritime des localités de la Basse-Côte-Nord, ainsi que celle de l’île d’Anticosti à partir de Rimouski et Sept-Îles. Cette desserte permet l'approvisionnement en marchandises et en pétrole sur une base hebdomadaire, de mai à janvier.

Transport aérien Le village compte un héliport, notamment destiné à des fins de transport médical.

L'aéroport de Lourdes-de-Blanc-Sablon est situé à proximité.

Loisirs, culture et vie communautaire Le village compte plusieurs sites archéologiques qui témoignent des échanges entre les Inuits et les Basques au et . Le musée Whiteley retrace l'histoire de la localité et de , inventeur du piège à morue.

La bibliothèque de l'école secondaire Saint Paul est aussi un équipement culturel d'importance.

Éducation La localité compte une école secondaire anglophone qui accueille les élèves de Vieux-Fort et de Blanc-Sablon.

Santé Un centre local de services communautaires dispense des soins infirmiers aux habitants de Rivière-Saint-Paul. La médecine générale est pratiquée à l'hôpital de Blanc-Sablon tandis que les soins de spécialité sont offerts par des médecins itinérants.

Équipements publics Le village est desservi par son propre réseau d'aqueduc, rénové en pouvant fournir de l'eau potable jusqu'à 472 personnes. L'aqueduc. approvisionné à partir du lac Birchy, alimente l'ensemble du village, à l'exception de l'usine de transformation des pêches, qui possède sa propre conduite. Des travaux terminés en 2010 ont permis de moderniser le réseau et le traitement, tandis que des problèmes de contamination et de turbidité affectaient l'eau distribuée.

Un réseau d'égout est aussi présent.

Commerces et services Un magasin général assure l'approvisionnement des villageois en denrées et en biens. Des casse-croûtes sont en opération pendant l'été. Un établissement de chambres d'hôtes peut accueillir la clientèle touristique.

Notes et références Notes

Références

Annexes Articles connexes Brador (Québec)

Bibliographie

Liens externes

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