vignette|Emblème du Saint-Siège. Les clés croisées symbolisent les clés de saint Pierre. Les clés sont d'or et d'argent, représentant le pouvoir de délier et de lier. La tiare symbolise le triple pouvoir du pape en tant que « père des rois », « gouverneur du monde » et « Vicaire du Christ ». Le globe à croix d'or surmontant la tiare symbolise la souveraineté de Jésus. Les insignes et les regalia pontificaux sont les éléments officiels de tenue et de décoration propres au pape en sa qualité de chef visible de l'Église catholique et de souverain de l'État de la Cité du Vatican.
Regalia
vignette|Le pape Pie XII en regaliae papaux comprenant le trirègne, la falda et le mantum, tout en étant porté sur la sedia gestatoria et flanqué du flabellum.
Tiare Les regalia de la papauté comprennent la tiare pontificale, une coiffe à trois couronnes ou niveaux. Bien que certaines sources appellent cette coiffe « triple tiare »....., son nom exact est « triple couronne », traduction correcte de . « Tiare » est le nom de la coiffe entière, même dans les formes qu'elle avait avant qu'une deuxième et une troisième couronne ne lui soient ajoutées. Pendant plusieurs siècles, les papes la portaient lors des processions, comme quand ils entraient ou sortaient de la basilique Saint-Pierre, mais ils lui préféraient une mitre épiscopale lors de la liturgie. Paul VI l'utilisa le lors de son couronnement, mais cessa de la porter après le 13 novembre 1964.. Aucun de ses successeurs ne l’a par la suite utilisée. Le « Couronnement », encore prévu par la Constitution apostolique ()., est remplacé par « l’inauguration du pontificat » par la Constitution Apostolique (22 février 1996) .. Sur ses armoiries personnelles, le pape Benoît XVI a remplacé la tiare par une mitre., mais la tiare est restée sur les armoiries du Saint-Siège et de l'État de la Cité du Vatican.
Anneau du pêcheur L'anneau du pêcheur, un autre élément des insignes papaux, est un anneau en or avec une représentation de saint Pierre dans un bateau lançant son filet, entouré du nom du pape régnant. La plus ancienne source le mentionnant date de 1265 dans une lettre du pape Clément IV à son neveu., qui écrit que les papes avaient l'habitude de sceller les documents publics avec une « bulle » de plomb et les lettres privées avec « le sceau du Pêcheur ». Ainsi au , l'anneau du pêcheur était utilisé pour sceller les brefs papaux. L'anneau du pêcheur est placé au doigt du pape nouvellement élu par le camerlingue de la Sainte Église romaine ; à la mort du pape, la tradition impose au cardinal camerlingue de défigurer et de briser l'anneau du pêcheur avec un marteau comme représentation symbolique de la fin de l'autorité du pape défunt.
Férule Les papes modernes portent la férule papale, un bâton surmonté d'un crucifix, plutôt qu'une crosse, bâton pastoral courbé inspiré d'une houlette de berger. L'utilisation de la férule papale est une coutume ancienne, établie avant le .
Sedia gestatoria et flabella L’utilisation d’autres éléments des insignes papaux a été abandonnée, bien qu’ils n’aient pas été abolis. La Sedia gestatoria, un trône ou fauteuil portable porté par douze valets de pied (palafrenieri) en uniformes rouges, était accompagnée de deux assistants portant les flabella, grands éventails de cérémonie en plumes d'autruche blanches. La sedia gestatoria était utilisée pour l'entrée solennelle du pape dans une église ou une salle et pour son départ à l'occasion de célébrations liturgiques telles qu'une messe papale, ainsi que pour les audiences papales. L'utilisation des flabella a été abandonnée par le pape Paul VI en 1965, et celle de la sedia gestatoria par le pape Jean-Paul II en 1978.
Vêtements
vignette|Le pape Benoît XVI en vêtements pontificaux : la mitre, le pallium, le fanon et à côté de lui la férule.
Pallium Le pape porte le pallium sur sa chasuble lorsqu'il célèbre la messe. Le pallium est une bande circulaire de tissu d'environ cinq centimètres de large, d'où pendent deux bandes de trente centimètres de long, un à l'avant et un à l'arrière. Il est orné de six petites croix noires réparties sur les épaules, la poitrine et le dos, et est fixé en place par trois épingles d'or, symboles des clous avec lesquels le Christ a été crucifié. Seul le pape à le droit de porter partout le pallium, et il peut le porter à toutes les cérémonies ecclésiastiques sans restriction. Dans le rite latin/occidental de l'Église, les métropolitains (c'est-à-dire les archevêques qui sont les évêques principaux d'une province ecclésiastique) portent également un pallium dans leur propre province, qu'ils doivent recevoir du pape, soit personnellement, soit lors d'une cérémonie présidée par un autre évêque délégué par le pape. Le pape Benoît XVI, lors de son investiture en 2005, a introduit un type spécial de pallium (qui ne peut être porté que par le pape), est basé sur la forme antérieure du pallium, semblable à l'omophorion, qui est toujours porté par les évêques chrétiens orientaux. Ce pallium papal était plus large et plus long que le pallium ordinaire et doté de croix rouges. À l'occasion de la fête des saints Pierre et Paul en 2014, le pape François est revenu à l'usage du pallium noir habituel. Un vêtement réservé au pape seul est le fanon, composé de bandes alternées d'argent et d'or. Le fanon est semblable à un châle dont une extrémité est passée sous l'étole et la seconde sur la chasuble ; le pallium est ensuite placé sur le fanon. Le fanon n'est plus couramment utilisé, mais les papes Jean-Paul II et Benoît XVI l'ont porté à quelques occasions.
Avant les réformes liturgiques du concile Vatican II, il existait un certain nombre d’autres vêtements qui étaient portés uniquement par le pape :
Le subcinctorium — une bande de tissu brodé semblable à un manipule qui était suspendu à la ceinture. Il était brodé d'une croix et de l'. La falda — un vêtement papal particulier qui forme une longue jupe s'étendant sous l'ourlet de l'aube. Les jupes de la falda étaient si longues que le pape avait des porteurs de traîne devant et derrière lorsqu'il devait se déplacer. Le mantum — une très longue chape portée uniquement par le pape, de couleur rouge ou or.
Lorsque le pape se tenait sur son trône ou à la , la falda et le mantum descendaient tous deux jusqu'aux marches inférieures, ce qui avait pour effet de faire paraître le pape bien plus grand que les autres dignitaires présents.
Habits de chœur
Soutane et calotte Lorsqu'il ne célèbre pas de services religieux, le pape porte simplement une soutane. La tenue de chorale est portée lorsqu'il participe, sans les célébrer, aux offices ainsi qu'aux occasions formelles, telles que les audiences. L'élément le plus rapidement repérable est une soutane blanche et un zucchetto (calotte). La soutane avait autrefois une traîne, mais le pape Pie XII a mis fin à cette tradition. Pour plus de commodité, celle-ci pouvait être repliée et fixée à l'arrière de la soutane. Il portait autrefois une fascia (sorte de ceinture blanche attachée autour de la taille, dont les extrémités touffues descendent jusqu'aux genoux et sont souvent brodées des armoiries du pape), jusqu'à ce que Paul VI la remplace par une ceinture à franges plus simple. Auparavant, la fascia touffetée (terminé par des glands dorés) était porté avec la tenue de chœur, et la fascia à franges (terminé par une frange dorée plus simple) était porté avec la tenue ordinaire. Par dessus sa soutane, le pape portera un rochet de dentelle.
Camail ou mosette Par-dessus le rochet est portée la mosette (mozzetta) papale rouge, une cape d'épaule avec un col et, boutonnée sur le devant. Cette couleur rouge est un vestige de l'époque où l'écarlate était la couleur papale. La mosette papale avait une petite capuche dans le dos, qui a disparu après Vatican II à l'époque du pontificat de Léon XIV. En hiver, la mosette papale est en velours rouge bordée d'hermine (cette dernière est également tombée en désuétude après Vatican II, mais le pape Benoît XVI a recommencé à porter une mozzetta d'hiver bordée de fourrure d'hermine), en été, la elle est en satin rouge. Traditionnellement, pendant l'Octave de Pâques, le pape porte la mosette pascale blanche, qui est en soie damassée blanche garnie d'hermine. De même, bien qu'elle soit tombée en désuétude sous le pontificat de Jean-Paul II, elle a été remise en usage en 2008 par le pape Benoît XVI.
Le pape porte une croix pectorale suspendue à un cordon d'or au-dessus de la mosette. Il peut également porter une étole rouge avec une broderie dorée par dessus la mosette, en certaines circonstances comme les audiences aux souverains catholiques.
Camauro Depuis le , de nombreux portraits pontificaux montrent aussi le pontife portant le camauro, un bonnet de velours rouge qui couvre les oreilles et est garni d'hermine ou de fourrure blanche.. Là encore, le camauro est tombé en désuétude avec la mort du pape Jean XXIII, mais a été relancé par le pape Benoît XVI.
Mules Traditionnellement, le pape portait des pantoufles papales en satin rouge ou en velours lorsqu'il était en intérieur, et des chaussures papales en cuir rouge à l'extérieur. Les chaussures papales étaient traditionnellement rouges,symboles des sacrifices des fidèles, bien que le pape Jean-Paul II portait parfois des chaussures en cuir noires ou marron. C'est aussi le pape Benoît XVI qui a rétabli l'usage des chaussures papales rouges traditionnelles, mais le pape François est revenu aux chaussures noires, que le pape Léon XIV a continué à porter.
Habit ordinaire
La tenue ordinaire du pape (également appelée tenue de maison), portée quotidiennement en dehors des célébrations liturgiques, se compose d'une soutane blanche ceinte d'une ceinture blanche à franges (avec les armoiries papales brodées dessus), d'une croix pectorale suspendue à un cordon d'or, des mules papales rouges et d'une calotte blanche... Lors d'occasions plus formelles, le pape peut porter une cape rouge semblable au ferraiuolo, sans sa décoration dorée. À l'extérieur, le pape peut porter le cappello romano, ou saturne, un chapeau à larges bords utilisé par tous les grades du clergé. Alors que la plupart des autres membres du clergé portent un cappello romano noir, celui du pape est généralement rouge (bien qu'il puisse également être blanc).
Emblème
Clés L'emblème de la papauté consiste en deux clés croisées, une en or et une en argent, reliées par un cordon rouge. Elles représentent les « clés du Royaume des cieux » (Matthieu 16:19 ; cf. Isaïe 22:22) et sont le symbole par excellence de la papauté en tant qu'institution et de son rôle central au sein de l'Église catholique. La déclaration de Jésus à Simon Pierre, « tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel », est comprise dans la théologie catholique romaine comme le pouvoir des clés, données à l'Église en général et à Pierre en particulier pour ouvrir le Ciel (absolution des péchés) ou le fermer (excommunication), pouvoir représenté par ces clés d'argent et d'or. Ainsi la clé d'argent symboliserait le pouvoir de lier (fermant la porte du Ciel), et la clé d'or le pouvoir de délier (ouvrant la porte du Ciel).
L'emblème principal de la papauté est constitué de ces deux clés sous un trirègne (tiare papale). Les armes personnelles du pape sont ainsi surmontées de ces deux clés en sautoir derrière l'écusson (une clé en argent et une clé en or, attachées avec un cordon rouge), et au-dessus d'elles le trirègne en argent portant trois couronnes en or et des fanons (ou infulae) rouges (les pans qui pendent de l'arrière de la tiare et tombent sur les épaules lorsqu'elle est portée). Cette tradition remonte au pontificat de Clément VI..