L’église Saint Pierre de Corcelles est un temple protestant situé dans la commune de Neuchâtel en Suisse.

Il s'agissait à l'origine d'une église prieurale occupée par les moines clunisiens depuis la fin du XIe siècle. L'édifice est entrée dans le girond de l'église réformée au XVIe siècle sous l'impulsion de Guillaume Farel.

Historique L’existence de l’église est déjà attestée lors de la fondation du prieuré clunisien de Corcelles en 1092 auquel l’église est incorporée. Ce prieuré était constitué, en plus de l’église, de la maison du prieur et d’un cimetière. À ce moment-là, un seigneur local nommé Humbert enrichit considérablement le prieuré en lui conférant un certain nombre de droits et de fiefs : perception de la dîme, terres cultivables, forêts et droit de pêche. L'acte de donation qui officialise la fondation du prieuré présente son fondateur comme l'arrière-petit-fils d'un certain Rodolphe, lui-même fondateur du prieuré de Bevaix.

Les clunisiens font prospérer le prieuré par l’intermédiaires des prieurs successifs. L’activité du prieuré s’articule autour de l’agriculture ainsi que les œuvres charitables et éducatives. Cependant en 1530 les moines quittent les lieux, mettant fin à 438 ans de présence monastique.

Durant toute la durée de leur implantation les moines doivent composer avec le clergé séculier de Corcelles qui dessert également l’église. Ainsi réguliers et séculiers et avaient chacun leurs intérêts qu’ils tentaient mutuellement de satisfaire pour maintenir une coexistence pacifique. Un acte daté du indique notamment que le vicaire Guillaume Bousson a le droit de séjourner temporairement au prieuré, nourrit et logé par les moines.

La communauté monastique est aussi soutenue par la maison noble de Colombier jusqu’à la fin du Moyen Âge. Un testament de 1410 rapporte notamment la volonté de Pierre de Colombier d’être inhumé dans l’église du prieuré.

Au XVe siècle, le prieuré accueille plusieurs fois des membres du Haut clergé dans le cadre des visites diocésaines. Ainsi en 1416 l’évêque de Lausanne, dans lequel se situe le prieuré, envoie son vicaire épiscopal effectuer cette visite. À l’issue de cette visite, un rapport fait état de l’état matériel de l’église du prieuré, avec une nécessité de renouveler le mobilier liturgique et d’entamer des travaux sur la toiture. Une seconde visite le 2 aout 1453 donne également des consignes concernant l’aménagement de l’église et son entretient. Cependant les sources ne permettent pas de vérifier si tous ces travaux ont été exécutés.

Le véritable déclin du prieuré advient au siècle suivant au cours duquel l’établissement est fustigé par le pasteur réformé Guillaume Farel. Ce dernier parvient à obtenir le départ des moines et nomme un certain Jacques Lecoq comme pasteur de l’église du prieuré qui devient un temple protestant.

Architecture L'édifice actuel se présente comme une église bâtie en de pierres jaunes, avec une seule nef rectangulaire terminée par une croisée du transept à laquelle succède un coeur et une abside semi circulaire. Sur le mur latéral sud deux fenêtres sont percées dans un arcs en plein cintre. Bien que la datation précise de l'église soit quasiment impossible à définir précisément, son édification se situerais entre le Xe et le XIe siècle. De l'extérieur, un imposant clocher est placé un peu après le transept, marquant l'endroit en dessous duquel les fidèles étaient séparés des moines dans la configuation de l'église prieurale.

Bibliographie

Ann Robert, 900 ans d’histoire de la paroisse de Corcelles-Cormondrèche : 1092 – 1992, Corcelles-Cormondrèche, J.-P. Krattiger,1992, 61 pages Christophe Voros, Sites clunisiens en Europe, Éditions Gaud, 2004, 95 pages Jacques Bujard et Nicole Plumettaz , « Prieuré de Corcelles: de l’église de villa au monastère clunisien », Archéologie Suisse, N°41, 2018, pp. 61-65 Notes et références

Catégorie:Neuchâtel Catégorie:Église romane Catégorie:Architecture chrétienne