Achille Devéria, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un peintre, illustrateur et graveur français de l'époque romantique.
Biographie Achille Devéria est le fils d'un fonctionnaire de la Marine, et l'aîné d'une fratrie de cinq enfants. Il suit tout d'abord les cours de peinture d'Anne-Louis Girodet... puis ceux de Louis Lafitte, dessinateur du roi.
En 1822, alors qu'il commence à exposer au Salon, lui et son frère Eugène (également peintre) ouvrent un cours de dessin.
Achille Devéria fait la connaissance de Victor Hugo et de son épouse un soir de en attendant l'ouverture des guichets sous les galeries du théâtre de l'Odéon où se donne, depuis le 7 du mois, l'opéra Robin des Bois ou les Trois balles, adaptation française très libre du Freischütz de WeberThéophile Gautier, « Histoire de l'art dramatique en France depuis vingt-cinq ans », Paris, éd. Hetzel, librairie Magnin, 1859, (en ligne).. Un dessin promis lors de cette rencontre et apporté à Madame Hugo marque le début de leurs échanges réguliers et des visites qu'ils se rendent désormais mutuellement à leurs domiciles respectifsVictor Hugo et son épouse logent alors dans l'entresol d'une maison (disparue) de la rue de Vaugirard (ancien numéro 90, ultérieurement ), non loin du domicile d'Achille Devéria. D’avril 1827 à février 1830, les Hugo habitent encore plus près, dans une maison de la rue Notre-Dame-des-Champs (ancien , devenue en 1904, au moment où sa démolition en vue du percement du boulevard Raspail est projetée). Cf. Lucien Lambeau, « La maison de Victor Hugo, rue Notre-Dame-des-Champs », Procès-verbal de la Commission municipale du Vieux Paris du 15 décembre 1904, ..
Achille Devéria épouse, en 1829, Céleste Motte, fille de l'imprimeur lithographe Charles Motte (1785-1836). D'après leur fils Gabriel Cette maison avait deux entrées. La seconde, plus volontiers indiquée comme adresse officielle dans les catalogues du salon se trouvait au de lancienne rue de l'Ouest (quartier du Luxembourg, ancien arrondissement) qui longeait, à cette époque, la pépinière plantée à l'emplacement de l'ancien enclos des Chartreux.
La maison est à la fois le foyer familial où logent également Eugène et Laure Devéria et le lieu de travail d'Achille qui y installe son atelier. Elle est « gaie et animée par le mouvement [des] six enfants » du couple qui reçoit dans son salon « toute la pléiade romantiqueEdmond Pottier, Notice sur la vie et les travaux de M. Gabriel Devéria, In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, année, , 1900. -143 (en ligne).. »
Victor Hugo, Alexandre Dumas (père), Prosper Mérimée, Franz Liszt et de nombreux autres artistes et écrivains viennent dans son atelier pour se faire immortaliser. Un portrait d'Honoré de Balzac jeune homme (1825) lui est attribué. Alfred de Musset y déclama ses premiers vers.
Achille exerça son art dans des genres divers. On lui doit des tableaux religieux et des aquarelles fort recherchées. Il est le premier qui ait su appliquer la couleur à la lithographie, avec l'aide de Motte qui effectuait les tirages.
En 1830, Devéria est un illustrateur reconnu qui a publié de nombreuses lithographies (par exemple le frontispice du Faust de Goethe). Il a aussi exécuté des peintures et des gravures érotiques. vignette|Autoportrait d'Achille Devéria (vers 1835), lithographie. Durant le Salon de 1846, son travail est remarqué par la critique. Charles Baudelaire écrit :
En 1849, Devéria est nommé directeur du département des Estampes de la Bibliothèque nationale et conservateur adjoint du département égyptien du Louvre. Il passe ses dernières années à voyager en Égypte, dessinant et transcrivant des inscriptions.
Illustrateur érotique
À l’époque romantique, en écho à ce qui advenait au milieu du siècle, on constate une abondance et une qualité d'illustrateurs qui se compromettent en détournant leurs outils au service de ce qui était considéré à l'époque et pendant longtemps, de la pornographie. Les libraires du siècle dénomment ces anonymes « Devéria et son école ». Alfred de Lostalot (1837-1909), rédacteur de la Gazette des beaux-arts dénonce, après sa mort, l'artiste : . La chose était donc su mais personne n'en parlait. Parmi les images érotiques composées par Devéria et ses complices, et la multitude des supports licencieux, la lithographie romantique pornographique reste l’image obscène la plus raffinée d’autant que – fait unique dans toute l’histoire de l’art érotique – elle n’est pas la conception d’un artiste isolé aux fantasmes inspirés mais d’un véritable mouvement, uni et concerté. L’a priori qui nous fait appréhender les romantiques français comme des jeunes gens vaporeux, désuets et obsolètes se retrouve mal en point, lorsque nous les découvrons plutôt provocateurs, ardents, lubriques et égrillards, vigoureux héritiers des valeurs émancipatrices du siècle des Lumières« Achille Devéria et ses amis », notice du lot 222, vente Curiosa - bibliothèque Tony Fekete, Paris, 6 octobre 2020, sur Marie Saint-Germain, commissaire priseur..
Famille Achille Devéria est le frère d'Eugène Devéria (1805-1865), peintre lui-aussi, et de Laure Devéria (1813-1838), peintre de fleurs morte prématurément.
Par son mariage avec Céleste Motte, conclu en 1829, il est le gendre de l'imprimeur lithographe Charles Motte. Six enfants naissent de ce mariage, dont Théodule Charles Devéria (1831-1871), égyptologue ; Sara Dévéria (1838-1914), épousera Paul-Alfred Colin (1838-1916), peintre de marine et de paysage, lauréat du prix de Rome ; Jean-Gabriel Devéria (1844-1899), sinologue.
Distinction et hommage : chevalier de la Légion d'honneurArchives nationales de France, base Léonore (en ligne). Rue Devéria (Paris )
Galerie
Ouvrages et albums illustrés Liste non exhaustive :
Miguel de Cervantes, L'Ingénieux Chevalier Don Quixote de la Manche, Paris, T. Desoer, 1821 [lithogr.] Constantin Mazeret, Dénorama, ou spicilège historique et anecdotique sur chaque partie du corps humain, Paris, Peytieux, 1825 [dessin] Jean de La Fontaine, Œuvres complètes, 30 vignettes gravées par Thompson et notice biographique par Balzac, Paris, A. Sautelet, 1826 [plusieurs éditions] Jean-Jacques Rousseau, Œuvres complètes, ornées de quarante-deux vignettes gravées d'après les dessins de DevériaVoir sur Gallica., Paris, Dalibon, 1826 [frontispice] Goethe, Faust, édition illustrée d'après Eugène Delacroix, Paris, Charles Motte, 1828 [vignettes gravées (dont Achille Devéria et Augustin Burdet)] Jean-François Regnard, Œuvres, Paris, P. Dufart, 1828 Charles Perrault, Les Contes, accompagnés d'une notice de P. L. Jacob, Paris, L. Mame, 1836 [frontispice] Daniel Defoe, Robinson Crusoë, trad. de Pétrus Borel, Paris, Francisque Borel et Alexandre Varenne, 2 vol., 1836 [collectif], Les Hommes célèbres de l'Italie, 28 portraits en pied dessinés et gravés par Riffaut, Paris, A. Ledoux, 1845. [album], Photographie zoologique ou représentation des animaux rares des collections du Muséum d'Histoire NaturelleNotice ouvrage, sur Calames., dessins, avec des photographies du naturaliste Louis Rousseau, gravures de Riffaut, procédé héliographique de Bisson, Mante et Lemercier, Paris, Masson & Gambart, 1853-1855.
Collections publiques Musée des beaux-arts de San Francisco J. Paul Getty Museum« Achille and Théodule Devéria », collections du J. Paul Getty Museum. Musée du Louvre Musée des beaux-arts de Beaune : Odalisque, huile sur toile Fondation Alexandre Vassiliev Norton Simon Museum Collections de l'université de Liège Université de Wake ForestFonds Devéria, Department of Arts, université de Wake Forest. Gray, musée Baron-Martin : Nymphe au chien ou Naïade au chien, d'après Prud'hon, gravure sur papier, . Musée des Beaux-Arts de Pau : L'imploration Orléans, musée des Beaux-Arts : La Princesse Marie d’Orléans devant la statue de Jeanne d’Arc, 1843-1844, lavis d’encre brune et de sépia, rehauts de gouache blanche, sur traits de crayon graphite sur papier vélin, .
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie Maximilien Gauthier, Achille et Eugène Devéria, Paris, H. Floury, 1925 « Achille Devéria » par Laure Beaumont-Maillet, directrice du département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France (1983-2006), in Dominique Morel (s./dir.), Achille Devéria, témoin du romantisme parisien, cat. exp. Maison Renan-Scheffer, Paris, Paris-Musées, 1985
Liens externes
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