L’hypercentre de Saint-Quentin-en-Yvelines est un quartier yvelinois construit à partir de la fin des années 1970 à cheval entre les communes de Montigny-le-Bretonneux, dont il est devenu le centre-ville, et de Guyancourt.
Situé autour de la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines, l’hypercentre constitue le cœur économique, administratif, universitaire et culturel de l’agglomération saint-quentinoise ainsi que l'aile ouest de la technopole de Paris-Saclay. Il accueille, entre autres, l'université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines et le siège de multinationales françaises et internationales.
Dessiné par l'architecte-urbaniste Yves Draussin, le site a vu également intervenir plusieurs architectes, designers et artistes de renom.
Histoire et urbanisme
Conception urbaine L'hypercentre de Saint-Quentin-en-Yvelines est essentiellement situé à Montigny-le-Bretonneux et, dans une moindre mesure, à Guyancourt. Sa localisation, le long de la « Grande route de Paris » entre l'Étang de Saint-Quentin et la Vallée de la Bièvre, est arrêtée dès 1968, dans le cadre du développement en Île-de-France des « villes nouvelles ». La construction ex nihilo de ce centre-ville est lancée dans les années 1970 par l’Établissement Public d’Aménagement (EPA) autour de la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines ouverte en 1975 ; ce avec l’appui des urbanistes Henri Coulomb et Guy Lagneau. Il s’agit de la première étape de sa fondation avec une conception de zoning et de séparation des flux. La fin de la décennie voit l'arrêt de ce projet.
La deuxième étape débute dès 1979 ; Jean Guillaume et Yves Draussin, urbanistes de l’EPA, assistés par le cabinet DLM, pilotent le projet. Ce dernier est à l'origine du plan de masse sur lequel urbanistes et politiques tomberont d'accord en 1985. On revient à une conception plus classique, plus traditionnelle, de la ville : polyfonctionnalité, intrication des fonctions urbaines, rues, places et pieds d'immeuble… Refusant le modèle « boîte à chaussures » que l'on retrouve dans d'autres centres de villes nouvelles, les urbanistes de l'EPA font le choix novateur d'une « intrication » entre le centre commercial et le reste de la ville ; le centre commercial, pour une partie enterré, constitue ainsi grâce à ses rues piétonnes extérieures le véritable cœur du centre.
Le quartier Saint-Quentin se caractérise par une séparation entre piétons et voitures, séparation des flux matérialisée par une ville sur deux niveaux respectueuse du niveau du terrain naturel : une « ville basse » traversée par le canal Saint-Quentin, plus sinueuse, plus piétonne et symboliquement encadrée par le boulevard Vauban (évoquant ainsi les anciennes cités fortifiées), et une « ville haute » structurée autour de grandes perspectives rectilignes et places reliées aux grands axes routiers. La « ville basse » se distingue également par un usage important de la brique rouge, voulu pour transmettre une ambiance chaleureuse et intimiste.
Deux grands axes diagonaux, voulus par Yves Draussin, structurent le quartier : le premier est économique et commercial, il s'étale du quartier d'affaires de la gare jusqu'à la Place Claudel, en passant par la rue piétonne et la place du Marché, le second est culturel et spirituel et suit le tracé du Canal. L’ensemble forme une unité urbaine marquée par les perspectives et la symétrie. Deux perspectives visuelles majeures se distinguent en se croisant perpendiculairement, comme dans un forum antique, Place Georges Pompidou (place d'ailleurs inspirée dans sa configuration par la Piazza Navona de Rome) : l'axe Avenue du Centre (Est-Ouest) et l'axe Karavan-Kowalski (Sud-Nord). Selon Yves Draussin, « l’une des vertus reconnues de l’urbanisme français, depuis l’époque classique, est le tracé perspectif de la ville […]. À Saint-Quentin-en-Yvelines, il y a cette recherche du tracé perspectif de la ville, du tracé ordonné de la ville ».
Les références à Versailles, l’autre ville nouvelle des Yvelines, sont nombreuses dans la « ville basse », ce notamment dans la dénomination des rues ; on y retrouve ainsi un boulevard Vauban (enserrant tel un rempart la ville), une rue Colbert (la rue piétonne), une rue Le Nôtre (ouvrant vers le Parc des Sources de la Bièvre) ou encore une allée (et non loin une école) Mansart.
Dans les années 1990, la réalisation du centre-ville se poursuit en privilégiant des opérations de prestige via une architecture contemporaine de renom, notamment le long du canal, avec l'Église Saint-Quentin-les-Sources de l'agence Euvé Blisson Saint Gealme, le Théâtre-Médiathèque-Musée de Stanislas Fiszer (qui fait la jonction entre la « ville haute » et la « ville basse ») ou avec l’Université d'Antoine Grumbach. L'implantation le long du canal, axe culturel et spirituel du quartier, de ces équipements majeurs ainsi que d'œuvres publiques apporte un supplément d'âme au centre-ville, forgeant son identité culturelle et tempérant par là son image jusqu'alors très commerciale.
À l’initiative des pouvoirs publics, et dans un souci de compétitivité alors que la région connaît une reconfiguration profonde de ses équilibres géographiques (projet du Grand Paris, aménagement du plateau de Saclay…), l’hypercentre subit depuis le début des années 2020 d’importants travaux de modernisation.
« La trame bleue » L’hypercentre est pris en étau entre deux espaces verts d’envergure : le parc des Sources de la Bièvre au sud, œuvre du paysagiste Paul Soun et de l'architecte Bertrand Lemoine (1975) qui relie le quartier à la forêt domaniale de Versailles, et l’Ile de loisirs régionale, autour de l’Étang de Saint-Quentin, au nord. Ces deux espaces sont reliés, depuis la construction de la ville nouvelle, via le canal Saint-Quentin, qui traverse et coupe en deux la « ville basse ». Trois œuvres d’art aquatiques, labellisées d'intérêt régional, contribuent à cette « trame bleue », directement inspirée des eaux du château de Versailles voisin : La Perspective de Marta Pan, La Porte de Paris de Piotr Kowalski et Meta de Nissim Merkado. gauche|vignette|Le Carré Urbain dessiné par Dani Karavan (1999). En fond, l'Université. Le Carré urbain, ou « jardins de l'Université », sert de transition entre la ville et le parc des Sources de la Bièvre : il est dessiné en 1999 par l'artiste israélien Dani Karavan, un an après qu'il a reçu le Praemium Imperiale au Japon. L’entrée des Jardins du parc depuis l'avenue du Centre fait l'objet chaque soir depuis 2012 d'une mise en lumière sur le thème des pétales de rose, une œuvre signée Marc Dumas.
Yves Draussin, dans son livre Saint-Quentin-en-Yvelines. Le Centre-ville 1973-2003, apporte une nuance quant au rôle que joue l'eau dans le centre-ville : « Dans une continuité parfaite de pensée, les acteurs - successivement paysagistes, urbanistes, architectes et artistes - ont su exploiter la topographie pour construire, sans en devoir rien à un document fondateur, un paysage urbain qui puise dans la poésie de l'eau la force de son image. L'eau, fil directeur du centre-ville, est donc tout à la fois l'objet d'un mythe et l'expression d'une réalité. »
Économie
Quartiers d'affaires vignette|Gare de Saint-Quentin-en-Yvelines, deuxième du département en nombre de voyageurs ().|gaucheAccueillant le siège de grands groupes français et internationaux, tels qu’Alphabet, BMW, McDonald’s ou bien prochainement Airbus, un incubateur de start-ups (le SQY Cub), des espaces de co-working ainsi que le siège de la section yvelinoise du MEDEF, l’hypercentre constitue le principal poumon économique des Yvelines, concentrant sur son territoire plus de , essentiellement des ingénieurs et des cadres, et pas moins d’un million de mètres carrés de bureau répartis principalement sur deux quartiers d’affaires : le quartier Sud-Gare, autour de la gare SNCF, et la zone d’activité du Pas-du-Lac.
Cyllene et Bouygues ont également des data centers dans la zone.
Chaque année, le Vélodrome national, site olympique de Paris 2024, y accueille le « SQY Business Day », la convention d'affaires de Saint-Quentin-en-Yvelines, réunissant plusieurs centaines d’entreprises yvelinoises et franciliennes. Commerces L’hypercentre dispose de trois zones commerciales et de loisirs : le centre commercial régional Espace Saint-Quentin, le centre SQY Ouest ainsi que le centre commercial Sud Canal et son marché forain bihebdomadaire autour de la halle dessinée par le couple Philippe et Martine Deslandes ; cette « grande halle du cœur de ville, baptisée Marcel-Proust à sa livraison en 1989, entendait rendre hommage aux anciennes halles de Paris, en une sorte de Baltard 2.0 ».
Enseignement et Recherche Abritant universités, écoles et laboratoires de recherche, et concentrant , l’hypercentre constitue un important pôle académique et scientifique de l'Ile-de-France.
Université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines vignette|UFR de Santé Simone Veil de l'UVSQ. Est notamment implantée dans l'hypercentre la majorité des campus de l'université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) parmi lesquels l’UFR de Santé « Simone Veil », l'Institut des sciences et techniques des Yvelines (École d'Ingénieurs à laquelle est rattaché le Laboratoire LI-PaRAD), la Faculté de droit et de science politique, l’UFR des Sciences sociales, l’Institut d’études culturelles et internationales, l’Institut supérieur de management (IAE) ainsi que la bibliothèque universitaire de Saint-Quentin-en-Yvelines.
À l’orée du parc des Sources de la Bièvre se trouve l’Observatoire OVSQ qui, divisé en 5 laboratoires (LATMOS, CEARC, LSCE, IRAM, LIMEEP-PS) et placé sous la double tutelle de l’UVSQ et du CNRS, réunit 40 enseignants chercheurs et 500 étudiants à l’année autour de thématiques telles que le spatial, le climat, la santé, l’économie, la sociologie ou encore l’anthropologie.
Enseignement supérieur En dehors de l'UVSQ, l'hypercentre accueille plusieurs autres établissements d'enseignement supérieur parmi lesquels l'École supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile (ESTACA), l’École supérieure des agricultures, l'École de cybersécurité « 2600 » et l'École d'hôtellerie et de tourisme de Saint-Quentin-en-Yvelines (EHTSQY).
Enseignement secondaire Pour ce qui est des principaux établissements d'enseignement secondaire, l'hypercentre compte le lycée public Émilie-de-Breteuil, le lycée privé catholique Saint-Exupéry, le lycée privé catholique Saint-François d'Assise ainsi l'Institut culturel franco-japonais - École japonaise de Paris, qui a reçu en 2018 la visite de l'empereur du Japon Nahurito. Culture et Patrimoine
Institutions culturelles vignette|Théâtre national de Saint-Quentin-en-Yvelines œuvre de l'architecte Stanislas Fiszer (1993), place Georges-Pompidou.
Le théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines (TSQY), scène nationale de plus de embrassant tous les arts de la scène (opéra, théâtre, musique, danse…), le musée de la ville, « Musée de France » riche d'une collection « Design et modes de vie » de plus de , le Conservatoire des Arts, lieu de conférence sur l'histoire de l'art et d'exposition d'art moderne et contemporain, le cinéma UGC, servant également de centre des congrès, ainsi que les bibliothèques locales, telle la médiathèque du Canal ou la bibliothèque universitaire, font de l’hypercentre le cœur de la vie culturelle saint-quentinoise.
Dès la conception du centre-ville, était sur la table l'idée d'y ouvrir une vaste librairie indépendante. En 1989, date de la construction de la halle Marcel-Proust par les architectes Philippe et Martine Deslandes, ouvrit ainsi sous la direction d'Éric Hardin « Le Pavé du Canal », aujourd'hui le plus ancien lieu de culture de l'hypercentre ainsi que l’une des plus grandes librairies des Yvelines avec ses (elle fut agrandie en 2003 de ). Elle était la seule librairie du quartier jusqu'en 2017 date à laquelle le groupe Furet du Nord y ouvre son treizième magasin.