Auguste Vautrin, né le à Nancy et mort le dans la même ville, est un sculpteur français de l'École de Nancy.
Biographie Enfance Auguste Côme Vautrin nait le au de la rue du faubourg des Trois-Maisons à Nancy (Meurthe), fils d'Étienne Nicolas Vautrin (1836-1871), maçon, et de Rosalie Lhote (1838-1916), son épouse. L'enfant est baptisé le en l'église Saint-Vincent-et-Saint-Fiacre ; c'est aussi dans cette église qu'il effectue sa première communion le .
Il est lauréat du certificat d'études primaires, auquel pouvaient se présenter à cette époque les enfants dès l'âge de onze ans, les dispensant en cas de réussite du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer.
Études et premiers travaux De 1881 à 1885, il étudie le dessin, le modelage et la sculpture à l'École municipale et régionale des Beaux-Arts de Nancy dirigée par Théodore Devilly, dont il sort avec un premier prix de figure, assorti d'une bourse d'études de , et un deuxième prix de composition.
En 1888, il habite à Paris, où il est l'élève d'Auguste Truphème au cours supérieur de dessin de la Ville de Paris, récompensé par une médaille. En 1889, il est modeleur pour l'ornementation des pylones des portes latérales du Palais de la Guerre de l'Exposition universelle.
L'architecte nancéien Ferdinand Genay fait appel à lui comme sculpteur lors de la reconstruction et restauration de l'église Saint-Laurent de Pont-à-Mousson de 1892 à 1895.
Entreprise de sculpture En 1896, Auguste Vautrin prend la succession du sculpteur F.-A. Pillement (1850-1896), de l'entreprise Pillement fondée en 1855, en occupant un local commercial rue de MetzDétruit et remplacé par un nouvel immeuble en 1903. à Nancy et se présentant comme « sculpteur, spécialité pour la décoration en carton-pierre, corniches et moulures de plafond en staff, sculpture sur pierre, sur bois et sur marbre ». Il renonce quelques années plus tard à cette activité libérale pour devenir employé à plein temps de l'entreprise des frères CayotteEntreprise de plâtrerie et de décoration Cayotte Frères (Edmond Cayotte, 1866-1929, et Paul Cayotte, 1870-1941), rue du Téméraire à Nancy..
Il devient membre sociétaire de l'École de Nancy le .
Expositions En 1888, il expose au Salon de la Société des artistes français présidée par Antoine-Nicolas Bailly. Il expose de nouveau à ce salon en 1894, la Société des artistes français étant alors présidée par Léon Bonnat. Les lettres des présidents ont été conservées.
Enseignement À partir de 1915, il est professeur de sculpture et de modelage à l'École d'apprentissage du bâtiment fondée par Edmond Cayotte, rue du Haut-Bourgeois à Nancy.
Service militaire Le conscrit Vautrin est incorporé au à compter du . Il est mobilisé le , puis renvoyé dans ses foyers le .
Famille Le , Auguste Vautrin épouse à Nancy Thérèse Célina Thincelin (1874-1954), tailleuse ; le couple aura une fille, Jeanne, née le , qui aura elle-même une fille, deux petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants, dont Mathias Auclair.
Décès Auguste Vautrin meurt d'une hémorragie brutale d'origine cancéreuse le , âgé de 52 ans, en son domicile rue de Mars-la-Tour à Nancy. Il est inhumé au cimetière de Préville, avec sa femme († 1954) et sa fille († 1973)Cimetière de Préville, sépulture n° 2455, série 1e, Famille Thincelin-Vautrin, localisation allée H, 6e plate-bande, 8e droite..
Œuvres Signature
La plupart de ses œuvres sont signées « Vautrin », « A.V. » ou « A. Vautrin », un manque de précision ayant entraîné dans beaucoup d'ouvrages de référence (Paul Arthur, Christian Debize et autres…), une transformation de son prénom en « Albert », alors qu'il n'existe aucun Albert Vautrin sculpteur. L'erreur sur le prénom imprimée dans les notices des trois tomes « Nancy architecture 1900. Inventaire général, Lorraine - Images du Patrimoine » en 1992 aux éditions Serpenoise a été corrigée dans les notices ultérieures en ligne, mais existe encore dans beaucoup d'autres sources.
Sculptures Façades d'immeubles à Nancy Maison Simette, rue de Metz, construite de 1900 à 1902 pour Léon Simette, entrepreneur de travaux publics et administrateur de société, par Charles-Désiré Bourgon, architecte. La date 1901 et les signatures sont portées par l'avant-corps. Ornement végétal : lierre, marronnier, clématites, tournesols, capucines, nénuphars. Maison Ambiel-Renaudin construite en 1902 rue Pasteur pour Georges Ambiel par Lucien Bentz, architecte. Georges Ambiel meurt avant la fin de la construction, et sa veuve vendra la maison au peintre Alfred Renaudin en 1906. La date et les noms de l'architecte et du sculpteur sont portés par la façade antérieure sur la chaîne d'angle droite. Ornement végétal : iris, pavot. Maison Loppinet, avenue Foch, construite en 1902-1903 pour Fernand Loppinet, inspecteur puis conservateur honoraire des eaux et forêts, par Charles-Désiré Bourgon, architecte. Date et signatures portées sur l'angle gauche de la façade. Ornement végétal : ombelles, nénuphars, chardons. Pharmacie Jacques, construite pour le pharmacien Victor-Alphonse Jacques (1860-1909) par Lucien Bentz, architecte, à l'angle du rue Jeanne-d'Arc et du rue de la Commanderie. La date 1903 et les noms de l'architecte et du sculpteur sont portés par la façade rue Jeanne-d'Arc, à l'angle droit sous le bandeau couronnant le premier niveau. Ornement végétal : pavot, colchique, gui, chêne, nénuphar, lierre, clématite, glycine. Sur la sculpture surplombant la porte d'entrée, deux serpents viennent boire à la coupe d'Hygie, symbole de la corporation des pharmaciens. Maison Vautrin, construite en 1903 au rue de Cronstadt pour Auguste Vautrin par Léon Cayotte, architecte : médaillon avec deux chérubins. La date et les noms de l'architecte et du sculpteur sont portés par la façade. Cette maison a été habitée par la famille du sculpteur du au . La petite Jeanne Vautrin, née en 1898, a servi de modèle pour l'un des deux sujets.
Autres sculptures En 1904, pour l'Exposition d'Art décoratif qui se tient aux galeries Poirel, les architectes Alexandre Mienville et Eugène Vallin font appel pour les sculptures à Auguste Vallin (1881-1967), à deux élèves d'Ernest Bussière, Émile Georges Surmély (1875-1921) et Jean-Louis Burtin (1878-1940), et à Auguste Vautrin et l'entreprise Cayotte Frères. Vautrin est chargé d'exécuter les floraisons des figures décoratives et les décors des tympans. Toutes ces réalisations disparaitront à la fin de l'exposition. Porte de la Maison des Magasins Réunis Corbin-Guilbert & Cie de Nancy. Lors de l'agrandissement des Magasins Réunis en 1905-1908, c'est l'entreprise de plâtrerie Cayotte Frères qui réalise la grande arche intérieure en métallineLa métalline est un mortier composé de poudre et de granulats de calcaire dans du plâtre qui imite la pierre naturelle.L'encadrement de cette grande porte intérieure en métalline est exécuté en grès émaillé de la manufacture de Rambervillers (. sculptée par Auguste Vautrin sur les dessins de Lucien Weissenburger, dans la nouvelle entrée sud-est des Magasins Réunis située à l'angle des rues du Faubourg Saint-Jean et Victor-PoirelDétruite lors de l'incendie de janvier 1916.. Pour l'Exposition internationale de l'Est de la France de 1909 à Nancy, Vautrin œuvre avec l'entreprise des frères Cayotte. Dans le cadre de cette exposition sont organisés les défilés du Cortège historique de Lorraine, pour lequel il réalise les sculptures du char de la Révolution et du char de Charles III. En 1915, Vautrin érige une stèle funéraire pour le fils d'Édouard Thomas (surveillant général de l'École d'apprentissage du bâtiment de Nancy) mort en 1914 à la bataille du Léomont. vignette|redresse=0.5|Monument aux morts : signature de la maquette originale 1918 voit la réalisation du monument commémoratif de Bathelémont-lès-Bauzemont dédié aux trois premiers soldats américains morts en France le . Ce monument dessiné par Louis Majorelle a été modelé par Auguste Vautrin et construit en pierre d'Euville par l'entreprise France-Lanord et Bichaton. Le modèle original en plâtre, avec l'inscription « Composition de L. Majorelle, A. Vautrin sculpteur » est conservé dans la famille du sculpteur.
Sculptures en plâtre : buste de sa femme, main de sa fille, jardinière, bougeoirs… Sculptures sur bois : présentoir à médailles, miroir face à main, sceau de sa fille…
Céramique Les céramiques de Vautrin sont éditées par la Société anonyme de produits céramiques de Rambervillers dirigée par Alphonse Cytère, qui publie un catalogue en 1905, avec suppléments en 1906 et 1907. Pied de lampe Eucalyptus, récompensé par un prix au concours de l'École de Nancy du . Bonbonnière, récompensée par une mention au concours de l’École de Nancy de 1906.
La manufacture de Rambervillers commercialise deux modèles de cheminées de salon signés Auguste Vautrin Cheminée Capucines, 1907 (n° 102 du catalogue) Cheminée Le Singe et le Chat, grès émaillé à reflets métalliques cuivrés, 1907 (n° 103 du catalogue), ou Bertrand et Raton, avec sculpture illustrant la fable de La Fontaine.
Voir aussi
Articles connexes Art nouveau Art nouveau en France École de Nancy
Liens externes
Notes et références Notes
Références
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