Charles Bivort, né le à Troine et mort le à Paris, est un entrepreneur, écrivain, journaliste et inventeur d'origine luxembourgeoise et naturalisé françaisArchives Nationales de France, Décret de naturalisations du 27 janvier 1890, BB/34/398, 8704 X 87.

Enfance et jeunesse Son père, qui était douanier, fut transféré de Troine à Oberpallen quand Charles était enfant. Il y fit ses études primaires. Il fréquenta ensuite, pendant trois ans, l'Athénée Royal d'ArlonCalmes 1955.

Il publia, à Paris, en 1902, Mon village où il relate ses impressions d'enfance à Oberpallen. Il y décrit également l'histoire, les coutumes, la religion et les fêtes du villageKlensch 1928.

En 1865, après le décès de son père, il quitta le Luxembourg pour Paris. Il fut d’abord employé dans une fabrique de chocolats puis devint représentant de commerce dans le domaine du sucre.

Journaliste économique Entre 1870 à 1873, Charles Bivort fit paraître un Annuaire du commerce et de l'industrie du sucreStumper 1962. Vers 1876, il devint directeur du Bulletin des Halles, quotidien qui exposait les cours et actualités des produits de l'agriculture et de l'industrie. Sous sa direction, le nombre d'abonnés passa de . Il quitta la direction du journal en 1907Chevalier, 1991-1992.

Il a fondé le Journal de la meunerie en 1883 et organisé la première exposition française de meunerie en 1884.

En 1889, fut inaugurée la nouvelle Bourse de commerce de Paris. Charles Bivort publia à cette occasion La Halle au blé en 1789, la Bourse de Commerce en 1889 : Cent ans. Il a fondé au même moment l’Imprimerie de la Bourse de Commerce, située rue Jean-Jacques Rousseau, où il imprimait des journaux et revues, essentiellement dans le domaine du commerce et de l'industrieMarco 2018, p. 107.

Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur et reçut la croix d'officier de l'ordre de la Couronne de Chêne.

Société générale des téléphones En 1880, Charles Bivort a participé à la création de la Société générale des téléphones, une des toutes premières de l'industrie téléphonique. Il prétendait être à l’origine du mot « Allô » qui serait une déformation de « Allons ». L’anecdote est reprise par DauzatDauzat, Albert. Dictionnaire étymologique de la langue française, Paris : Larousse, 1938. mais relève probablement de la légende"Allô, allo" sur le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales.

Salons du Cycle Parmi les journaux fondés par Charles Bivort dans les années 1880, on trouve L'Industrie vélocipédique. Il fut directeur du premier Salon du Cycle qui se déroula à Paris, salle Wagram, en . Il fut de nouveau commissaire général chargé d'organiser le deuxième Salon du Cycle, en . Lors du troisième Salon du Cycle, en 1895, il reçut le président de la République, Félix Faure. Le quatrième Salon du Cycle, en 1896, est le dernier organisé par Charles Bivort.

vignette|Affiche du premier Salon du Cycle en 1894 Musée Saint-Georges Charles Bivort amassa progressivement une fortune considérable qui lui permit d'acheter une villa à Chelles, en Seine-et-Marne, près de Paris. Il y fonda son propre musée, le musée Saint-GeorgesNilles 1968.

Sténophile Bivort vignette|Sténophile Bivort Charles Bivort fut l'inventeur d'une machine à sténographier, la Sténophile Bivort dont il a existé trois versionsHilgert 2017. Malgré un succès initial, elle ne parvint pas à se maintenir durablement et, avec l'arrivée d'un concurrent, le Sténotype Grandjean, techniquement supérieur, son succès s'estompa peu à peu.

Cependant, l'aveugle Louis-Germain Lejeune vit le potentiel de l'invention de Bivort et commença à l'adapter aux aveugles. Avec l'aide du directeur de l'atelier de l'école Braille, le Sténophile Braille fut créé. Celui-ci fut utilisé dans une école spéciale que Bivort lui-même avait fondée. À partir de cette machine, Louis-Germain Lejeune et Pierre Villey construisirent le Sténophile Lejeune-VilleyFriedrich 1970.

Charles Bivort est mort le à Paris. Il est inhumé au cimetière du Père-LachaiseArchives de Paris, Registres journaliers d'inhumation, Cimetière du Père Lachaise (7/01/1920-10/03/1920).

Décoration

Bibliographie Calmes, Albert. « Au fil de l'histoire, Charles Bivort », Luxemburger Wort, , , . (lire en ligne) Chevalier, Gérard. « Histoire d'un chellois peu ordinaire : Charles Bivort », Chelles, notre ville, notre histoire : Vaires triage - Le Chélléen - Charles Bivort, Bulletin de la Société archéologique et historique de Chelles, , 1991-1992. Friedrich, Evy. « Ein Luxemburger erfand die erste Stenographiermaschine für Blinde », Siège social de l'Association des aveugles du Luxembourg, édité par l'Association des aveugles du Luxembourg, 21-23, 1970. Hilgert, Romain. « Die Beschleunigung der Stenotypistinnen », d'Lëtzebuerger Land, , , . (lire en ligne) Klensch, Jules. « Charles Bivort, Auteur du livre "Mon Village" », L'Illustré luxembourgeois, , , . (lire en ligne) Marco, Luc. Histoire de l'édition gestionnaire française 1486-1914, Edi-Gestion, 2018. (lire en ligne) Muller, Roger. « Charles Bivort », Dictionnaire des auteurs luxembourgeois (Centre national de littérature), autorenlexikon.lu. Consulté le Nilles, Léon. « Charles Bivort: Prestige in Paris », Revue, , , . (lire en ligne) Stumper, Robert. « Luxemburger im Ausland, Charles Bivort (1845-1920) », d'Lëtzebuerger Land, , , . (lire en ligne)

Références

Liens externes

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