Trimeresurus ciliaris est une espèce de serpents venimeux de la famille des Vipéridés (sous-famille des Crotales).
Dans le genre Trimeresurus, cette espèce se démarque des autres par son hémipénis long et papilleux ainsi que par la fusion partielle de la première écaille supralabiale avec la première écaille nasale.
Étymologie L'épithète spécifique ciliaris, du latin cilium (« cil »), fait référence au fait que cette espèce possède la caractéristique d'avoir trois ou quatre écailles supra-oculaires convexes ressemblant à des cils..
Morphologie Morphologie générale Trimeresurus ciliaris est un serpent possédant un corps long, cylindrique et fin avec une tête triangulaire qui en vue dorsale est nettement distincte de son cou .
Toujours en vue dorsale, le serpent possède un museau allongé, plat et arrondi.
On a observé chez ce serpent une longueur de corps de .
Couleurs Ce serpent arbore sur sa partie dorsale une coloration vert émeraude contrastée par en moyenne 75 bandes irrégulières de couleur rouge/brun. La partie ventrale de son corps quant à elle est de couleur crème. vignette|Trimeresurus ciliaris holotype coloration|gauche
Sa tête partage les mêmes teintes de vert et de rouge que sa partie dorsale mais ces teintes sont moins uniformément réparties.
Hémipénis vignette|hémipénis de Trimeresurus ciliaris Trimeresurus ciliaris a la particularité d'avoir un hémipénis long, bifide, porteur de papilles et muni d’épines basales souples de petites tailles.
La longueur de cet hémipenis ainsi que la souplesse des épines sont des caractéristiques permettant de distinguer ce serpent des autres espèces plus communes du genre Trimeresurus.
Écaillure Tête vignette|Têtes des paratypes de Trimeresurus ciliaris Les écailles du museau et de la région inter-orbitale sont plutôt lisses.
Les écailles de la région temporale et occipitale de sa tête sont carénées, elles possèdent chacune une petite arête.
Corps vignette|Corps de Trimeresurus ciliaris,en vue dorsale (A) et vue ventrale (B)Les écailles dorsales sont toutes très carénées excepté la première rangée.
Concernant les écailles ventrales et sous-caudales il n'y a pas d’informations sur leurs textures. Les mâles possèdent 172-175 écailles ventrales contre 171 écailles ventrales chez l’unique spécimen femelle capturé.
Le mâle présente 59-63 écailles sous-caudales contre 52 écailles sous-caudales chez la femelle. Ces écailles sous-caudales sont toutes divisées en deux.
L’échantillon d’individus femelle étant trop faible on ne peut pas réellement parler de dimorphisme sexuel, les auteurs n'ont pas pu l'estimer.
Dentition Le serpent possède deux maxillaires présentant chacune un crochet venimeux. Sur les maxillaires, aucune dents ne sont présentes derrière les crochets ce qui est typique des vipères à crochets mobiles.
Au niveau du palais le serpent possède trois dents implantées en arrière du vomer.
Sur les côtés extérieurs de la mâchoire supérieure et postérieure aux maxillaires, les rangées dites ptérygoïdiennes comportent chacune 11 dents fines et régulièrement espacées.
La mandibule inférieure compte 12 dents de tailles décroissantes vers l’arrière du crâne.
Répartition et écologie vignette|Carte de l'aire de répartition du complexe d'espèces Trimeresurus kanburiensis Jusqu'à fin 2023, Trimeresurus ciliaris a été aperçu uniquement dans le sud de la Thaïlande. L’espèce a été observée dans la province de Trang ainsi que dans la province de Satun. Dans ces deux régions le serpent vit exclusivement au niveau des zones calcaires.
vignette|Habitat de Trimeresurus ciliaris. Trimeresurus ciliaris vit dans les forêts de basses altitudes où l'on trouve de nombreuses roches de calcaire, plusieurs fois cette espèce a été observée près de grands blocs de roche calcaire recouverts de végétation dense et de litière de feuilles .
Ce serpent est majoritairement diurne, en effet, presque tous les spécimens ont été collectés de jour, seul un individu a été capturé la nuit.
Après sa découverte en 2023, son alimentation à l’état sauvage n'était pas précisément connue, mais des chercheurs ont pu le nourrir en captivité avec des petits geckos ainsi que des grenouilles microhylidées .
Toujours en captivité, un individu a montré un comportement de «caudal luring», ou leurre caudal en français, présent notamment chez Pseudocerastes urarachnoides, un autre Viperidae. Cet individu captif semblait utiliser l’extrémité de sa queue pour leurrer un gecko s’approchant de lui. Toutefois ce phénomène ne peut être généralisé pour l’espèce car observé qu’une seule fois en captivité, mais c’est une hypothèse intéressante quant à la méthode de prédation qu’il pourrait adopter à l’état sauvage.
Systématique Trimeresurus ciliaris est un serpent appartenant à la famille des Viperidae et plus précisément à la sous-famille des crotales ou Crotalinae.
D’après des analyses morphologiques et génétiques il a été établi que T. ciliaris appartient au sous-genre Trimeresurus sensu lato qui est lui-même divisé en sept taxons :
Trimeresurus sensu stricto, Viridovipera, les complexes d’espèces T. macrops-T. kamburiensis, Parias, Sinovipera, Himalayophis, Popeia.
Des analyses génétiques comparant des séquences d’ADN mitochondrial de plusieurs taxons du sous-genre Trimeresurus s. l. suggèrent que T. ciliaris serait un groupe frère des complexes d’espèces T. macrops-T. kamburiensis. Ce complexe inclut T. venustus, T. macrops, T. kamburiensis, T. cardamomensis, T. honsonensis et T. kuiburi. Cependant cette position phylogénétique n’est pas totalement confirmée et mériterait des études phylogénétiques supplémentaires.
Trimeresurus ciliaris apparait cependant comme un taxon clairement divergent de tous les autres dans le sous-genre Trimeresurus s. l. Cette constatation a été faite notamment en comparant la séquence du gène du cytochrome b présent dans l’ADN mitochondrial, celle-ci diffère très clairement chez T. ciliaris par rapport aux autres espèces du genre. Il se distingue aussi morphologiquement des espèces proches telles que T. kamburiensis, T. kuiburi et T. venustus s. str. Il compte par exemple trois ou quatre petites écailles supraoculaires contre une seule, grande chez les trois autres espèces.thumb|Arbre phylogénétique simplifié du groupe Trimeresurus s. l., d’après la phylogénie établie par Idiiatullina (2023)|centré|945x945px
Certaines études suggèrent que le sous-genre Trimeresurus s. l. pourrait ne pas former un groupe monophylétique (David et al. 2011), d’autres tendent à montrer le contraire (Malhotra et al. 2010).
Notes et références
Annexes Bibliographie .
Liens externes
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