Les Rayons et les Ombres est un film français réalisé par Xavier Giannoli et sorti en 2026.

Le film se déroule principalement à Paris, dans l'entre-deux-guerres et sous l’Occupation, puis, à partir de 1944, à Sigmaringen et en Forêt Noire.

Il évoque, à travers les destins de Jean Luchaire (1901-1946), journaliste, de sa fille Corinne (1921-1950), actrice, et d'Otto Abetz (1903-1958), professeur de dessin devenu ambassadeur d'Allemagne à Paris en 1940, l'évolution qui a mené deux pacifistes des années 1920, proches d'Aristide Briand et Gustav Stresemann, à la politique de collaboration sous l'Occupation (1940-1944) et à leurs condamnations, à mort pour Jean Luchaire et à l'indignité nationale pour Corinne par les tribunaux de l'épuration en 1946.

Le personnage de Corinne Luchaire, jeune première du cinéma français de l'époque, est incarné par Nastya Golubeva, fille de Katerina Goloubeva et de Leos Carax.

Ce film, doté d'un budget d'environ trente-et-un millions d'euros, est le plus coûteux des films coproduits et distribués par la Gaumont depuis 2018.

Synopsis Après avoir été reconnue et agressée en 1948, l'actrice Corinne Luchaire, étoile déchue du cinéma raconte ses souvenirs et l'histoire de sa famille qui l'a menée à sa situation avilie par des choix désastreux et immoraux pendant l'Occupation.

Son père le journaliste Jean Luchaire et son ami allemand Otto Abetz œuvrent dans les années 1920 pour l'amitié franco-allemande. Aucun d'eux n'a alors d'attirance pour le nazisme. Lors d'un meeting, ils ont invité des représentants de la LICA (aujourd'hui, LICRA).

L'arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne en 1933 fait progressivement d'eux des complices du nouveau régime.. Otto Abetz est expulsé de France en 1937, mais réapparaît à l'été 1940 comme ambassadeur d'Allemagne à Paris (alors que le gouvernement français se trouve à Vichy), chargé d'une politique de collaboration entre le Troisième Reich et la France vaincue. Jean Luchaire fonde alors Les Nouveaux Temps, organe de presse visant à soutenir la politique d'Abetz.

Parallèlement, Corinne Luchaire, actriceElle joue notamment dans une pièce de Julien Luchaire, son grand-père, Altitude 3200, créée en 1937, aux côtés de Bernard Blier. et mannequin dès avant la guerre, malgré son jeune âge, tente de se faire une place dans la France occupée., mais subit les conséquences de la tuberculose que son père lui a transmise, et qui l'empêche de travailler. Elle alterne les séjours en sanatorium et une vie de débauche à Paris avec les comtesses de la Gestapo.

En contrepoint, apparaissent des figures plus positives, notamment celle du père de Jean Luchaire, Julien, universitaire et époux d'une Allemande juive, qui désavoue son fils dans une lettre ouverte publiée par Le Figaro en zone libreLa lettre de Julien Luchaire à son « imbécile » de fils Jean, date de 1933, où Julien décrit les rouages du nazisme et du racisme : « quand j'assiste à la persécutions méthodiques contre des centaines de milliers de citoyens (…) que l'on couvre d'infamie que l'on laisse mourir de faim… ça me gêne, Jean Luchaire !» in Julien Luchaire, « Le Cas de conscience devant Hitler », L’Éveil des peuples, 4 juin 1933, p. 1. La publication dans le Figaro est une invention scénaristique, puisque le Figaro se saborde en 1942.. Un certain nombre de journalistes quittent la rédaction lorsque le virage collaborationniste devient clair ; l'un d'eux, Labarrière, meurt par la suite victime de la répression contre la Résistance.

Subventionné par l'ambassade d'Allemagne, le journal de Jean Luchaire, travaille à la propagande nazie et est ouvertement antisémite et anticommuniste. Il participe activement au retour des cendres de l'Aiglon.

Après la Libération, Corinne et Jean Luchaire trouvent refuge à Sigmaringen en Allemagne en 1944 avec le gouvernement de Pétain et Louis-Ferdinand Céline. Ils sont arrêtés par des militaires américains. sur une route de la Forêt-Noire en mai 1945. Après un procès devant la Haute Cour de Justice en janvier 1946, Jean Luchaire est fusillé en juillet 1946 et Corinne condamnée à dix ans d'indignité nationale. En butte à l'hostilité générale, elle vit quasi recluse, mais reçoit cependant un jour la visite amicale de Léonide Moguy, cinéaste juif originaire d'Ukraine, avec lequel elle avait tourné avant la guerre. Comme elle lui demande des nouvelles de sa sœur, il lui dit qu'elle est morte dans un camp de concentration, et Corinne dans un murmure : « Pardon, je ne savais pas. » À quoi Moguy répond : « Est-ce que tu as cherché à savoir ? »

Le film est construit comme une série de flashbacks à partir de la situation de Corinne après la guerre, qui enregistre son histoire dans un magnétophone, en voix off. Lors du procès de Jean et Corinne Luchaire, le procureur emprunte, pour résumer l'accusation, une formule à l'écrivain Charles Dantzig : (Théories de théories, p. 149).

Fiche technique

Titre original : Les Rayons et les Ombres Réalisation : Xavier Giannoli Scénario : Jacques Fieschi et Xavier Giannoli Musique : Guillaume Roussel Décors : Riton Dupire-Clément Costumes : Pascaline Chavanne Photographie : Christophe Beaucarne Son : Cyril Moisson Montage : Mike Fromentin et Cyril Nakache Production : Olivier Delbosc, Sidonie Dumas et Patrick Godeau Production déléguée : Christine De Jekel Production associée : Émilien Bignon Sociétés de production : Curiosa Films, Gaumont et , en coproduction avec France 3 Cinéma et Umedia Sociétés de distribution : Gaumont (France) ; Cinéart (Belgique) et Pathé Films AG (Suisse romande) Budget : .. Pays de production : Langue originale : français, allemand Format : couleur — — Genre : drame historique Durée : . Dates de sortie : France, Suisse romande : Belgique : Québec :

Distribution Jean Dujardin : Jean Luchaire. Nastya Golubeva : Corinne Luchaire. Meherio Patoux : Corinne, enfant August Diehl : Otto Abetz André Marcon : Julien Luchaire Olivier Chantreau : Guy de Voisinsle comte Guy de Voisins-Lavernière, mari de Corinne Luchaire, épousée en 1941, est le propriétaire de la Villa la Baraka à Barbizon, où il organise des soirées avec la Carlingue et ses comtesses. Anna Próchniak : Lydia Rogers Elina Löwensohn : Tosia Luchaire, alias Antonina Vallentin Chloé Astor : Françoise Luchaire Lucile Vignolles : Suzanne de Bruycker, épouse d'Otto Abetz Valeriu Andriuta : Léonide Moguy Philippe Torreton : Raymond Lindon, procureur Vincent Colombe : Guy Crouzet, journaliste Philipp Weissert : Ernst Achenbach, conseiller de l'ambassade d'Allemagne Nicolas Avinée : Philippe Giorgia Sinicorni : Delphine Maria Cavalier-Bazan : Eva François de Brauer : Pierre Labarrière, qui, au journal, refuse la Collaboration Philippe Lévy : Louis-Ferdinand Céline Colette Crouzet : Marina Éric De Staercke : Hibbelen Nicolas Lumbreras : Jérôme, le comptable Jochen Hägele : Obliz Éric Herson-Macarel : le médecin Markus Schleinzer : le général Van Haffel Armand Éloi : l'amiral François Darlan David Baalcke : le général Dietrich von Choltitz Rodolphe Sand : l'agent de Corinne Luchaire Aurore Broutin : la femme de la résistance à l'imprimerie Fabrice Delorme : l'homme de la résistance à l'imprimerie : Simonne Kaminker, future Simone Signoret, secrétaire de Luchaire

Production Genèse et développement

Attribution des rôles

Tournage Le tournage débute en à Paris. Il se déroule en Seine-et-Marne, notamment aux TSF Studios 77 près de Coulommiers., ainsi qu'à Vervins dans l'Aisne (notamment dans les locaux du Démocrate de l'Aisne). et dans la commune de Passy en Haute-Savoie.. Il dure ..

Cette fresque historique. est le plus gros budget parmi les films coproduits et distribués par la Gaumont depuis L'Empereur de Paris (2018), avec plus de (hors ), principalement à cause de l'importante reconstitution historique...

Accueil Accueil critique En France, à sa sortie, le film reçoit en général un bon accueil de la presse, avec une moyenne de .. Des critiques voient cependant le jour concernant notamment des arrangements avec la vérité historique. alors que Xavier Giannoli évoque de simples ..

Critiques négatives , dit Libération., , ajoute L'Humanité., avec , disent Les Cahiers du cinéma et , pour Le Monde..

Charlotte Garson, dans Le Masque et la Plume, critique une complicité proche du confusionnisme, tandis que Nicolas Schaller compare l'obsession de l'argent de Giannoli à celle de Martin Scorsese (Casino, Killers of the Flower Moon)..

Dans une tribune au journal Le Monde, Bénédicte Vergez-Chaignon, l'historienne spécialiste de l'Occupation, identifie de nombreux arrangements avec la réalité historique, anachronismes, impossibilités ou inventions d'épisodes n'ayant jamais existé, en particulier pour dénigrer la Résistance, et conclut : .. Le critique Léonard Haddad estime de son côté, dans la même rubrique du Monde, qu'il s'agit d'un mauvais procès et que la mise hors champ des victimes du nazisme, nullement négligente, est une manière de saisir l’entre-soi collaborationniste, considérant que ..

Dans , l'historien Laurent Joly émet des réserves quant à la manière dont Jean Luchaire est dépeint. ..

Pour le fondateur d'Arte, et ancien directeur général du Centre national de la cinématographie (CNC), Jérôme Clément, .

Critiques positives Télérama parle d'« un défi ambitieux porté magistralement par Jean Dujardin et la jeune actrice Nastya Golubeva. » et Le Figaro d'. Le Journal du dimanche évoque un film qui », et Paris Match célèbre . Dans Marianne, l'historien Olivier Dard considère que le film restitue avec justesse la complexité de Jean Luchaire"Luchaire était détesté par beaucoup dès les années 30" : on a vu "Les Rayons et les Ombres" avec l'historien Olivier Dard, Marianne, 9 avril 2026..

Dans Quotidien, Xavier Giannoli échaudé par les critiques négatives dénonce une , reprend Xavier Giannoli. Le cinéaste avait pourtant invoqué à plusieurs reprises lors de la promotion du film les mots de Victor Hugo, dont le recueil de poèmes a inspiré le titre du film : ..

Dans Le Point, l'historienne Barbara Lambauer, conseillère historique du film, et spécialiste d’Otto Abetz, déclare que ..

Box-office

Distinctions Festival du film de Cabourg 2026 : Swann d'or de la révélation féminine pour Nastya Golubeva

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Collaboration en France Épuration à la Libération en France Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale

Liens externes

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