vignette|Pièce romaine à l'effigie de Marcus Terentius Varron. Antiquités divines et humaines (Antiquitates rerum humanarum et divinarum) est l'une des œuvres majeures de Marcus Terentius Varron, écrivain, savant et magistrat romain du Cette œuvre ne s'est pas conservée, et n'est connue que par des citations.

Survivance L'ouvrage est aujourd'hui perdu, mais son contenu peut être en partie reconstitué grâce aux nombreuses citations trouvées dans La Cité de Dieu d'Augustin d'Hippone (). Dans livre IV, il le présente comme un Augustin d'Hippone, La Cité de Dieu, IV, Chapitre 1 (lire en ligne)..

Des citations de cet ouvrage ont également été transmises, dans une moindre mesure, par d'autres auteurs, notamment Pline l'Ancien, Aulu-Gelle, Censorin, Maurus Servius Honoratus, Nonius Marcellus, Macrobe et Priscien de CésaréeFragments des Antiquités humaines et divines archive conservés par d'autres écrivains, texte latin mis en ligne par forumromanum..

Contenu

Organisation Les Antiquités étaient divisés en 41 livres : les 25 premiers traitaient des Res humanae (« affaires humaines ») et les 16 suivants des (« affaires divines »). Plus précisément, selon Augustin, il traite .

L'ouvrage était principalement un récit de l'histoire culturelle et institutionnelle de la Rome antique, notamment sa religion. Il a été écrit dans les années 50 ou 40 du L'ouvrage a été publié avant 46 av. J.-C. (année où il est cité par Cicéron), et après l'interdiction des cultes égyptiens en 59-58 av. J.-C. Ottavo Contributo Alla Storia Degli Studi Classici E Del Mondo Antico (1987), p. 269. T. P. Wiseman, Remembering the Roman People: Essays on Late-Republican Politics and Literature (2008), p. 115.

Affaires humaines Des 25 premiers livres, sur les affaires humaines (c'est-à-dire romaines), nous savons peu de choses : le livre d'introduction était suivi de quatre sections probablement de six livres chacune, sur les gens (de hominibus : les habitants de l'Italie), sur les lieux (de locis), sur les temps (de temporibus) et sur les choses (de rebus)The Oxford Companion to Classical Civilization, Simon Hornblower, Antony Spawforth, Esther Eidinow, OUP Oxford, 2014..

Aulu-Gelle dans ses Nuits attiquesAulu-Gelle, Nuits attiques, chap. XXV. (lire en ligne). nous présente un passage de la partie De la guerre et de la paix :

Affaires divines Dans Affaires divines, Varron introduit la division de la théologie en trois parties : la , la théologie naturelle et la théologie civile. Plus précisément :

La théologie mythique est la théologie des poètes, pleine d'éléments imaginatifs et légendaires. La théologie naturelle ou physique est l'étude du divin menée par les philosophes. La théologie civile « établit quels dieux doivent être adorés publiquement et quels sacrifices doivent leur être offerts »Saint Augustin, La Cité de Dieu, VI, Chapitre 5 (lire en ligne)..

Le concept de « théologie naturelle » en particulier est devenu influent grâce à la médiation d'Augustin. Les seize livres, consacrés à César comme pontifex maximus, après un livre d'introduction générale, étaient divisés en cinq triades : les livres 2 à 4 étaient consacrés aux sacerdoces (de hominibus), les livres 5 à 7 aux lieux de culte (de locis), les livres 8 à 10 au calendrier des fêtes religieuses (de temporibus), les livres 11 à 13 aux rites (de sacris) et les livres 14 à 16 aux dieux (de dis). Cette dernière triade traitait notamment de l’étymologie des noms des divinités.

L'ouvrage adopte un point de vue stoïcien. Varron réfute la théologie poétique, ou « théologie mythique », la considérant comme une simple superstition populaire. Il déplore que la pure vénération du divin ait été ruinée par l'influence des poètes, mais considère le débat philosophique sur la nature des dieux comme précieuxWolfgang Speyer, Frühes Christentum im antiken Strahlungsfeld (1989), 416–419.. Il présente le roi romain Numa Pompilius comme le modèle de la pietas des anciens. Numa était associé au pythagorisme, bien que Varron ait soutenu que Numa ne pouvait être pythagoricien, ayant vécu avant Pythagore lui-mêmeMarkus Peglau, "Varro und die angeblichen Schriften des Numa Pompilius" in: Andreas Haltenhoff, Fritz-Heiner Mutschler (eds.), Hortus litterarum antiquarum (2000), 441–450..

Varron réfute aussi ce qu'il considère comme des erreurs étymologiques constatées chez son maître Aelius Stilo, comme le souligne Aulu-Gelle dans ses Nuits attiques :

Notes

Bibliographie

Jörg Rüpke, « Historicizing Religion: Varro's Antiquitates and History of Religion in the Late Roman Republic », History of Religions 53.3 (février 2014), pp. 246-268.

Liens externes

M. Terentii Varronis Antiquitates Rerum Humanarum et Divinarum (forumromanum.org) Fragments des Antiquités humaines et divines archive conservés par d'autres écrivains, texte latin mis en ligne par forumromanum

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