Deepak Chopra (en hindi : ), né le à New Delhi, est un médecin, conférencier et auteur indo-américain, spécialisé dans la spiritualité et les médecines alternatives.

Formé à l'endocrinologie aux États-Unis, il devient dans les années 1980 l'une des figures du mouvement de la méditation transcendantale auprès de Maharishi Mahesh Yogi, dont il promeut l'Ayurveda, avant de s'en séparer en 1993. Il fonde, avec le neurologue David Simon, le , ouvert en 1996 en Californie. Auteur prolifique dans les domaines du développement personnel et de la spiritualité New Age, il a publié des dizaines d'ouvrages, traduits en plus de trente langues et vendus à plusieurs millions d'exemplaires, dont plusieurs best-sellers. En 1999, le magazine Time le compte parmi les « 100 icônes et héros du ».

Ses théories sur la « guérison quantique », selon lesquelles la conscience agirait sur la santé au niveau subatomique, sont toutefois largement rejetées par la communauté scientifique, qui les assimile à une pseudo-science ; en 1998, il reçoit à ce titre le prix Ig Nobel de physique. Sa carrière a par ailleurs été marquée par de nombreux litiges judiciaires. En 2026, la publication des documents judiciaires relatifs à Jeffrey Epstein met au jour des liens de proximité passés entre Chopra et le financier, suscitant une controverse médiatique.

Biographie

Jeunesse et formation médicale Deepak Chopra naît le à New Delhi. Il est le fils de Krishan Chopra, cardiologue. Initialement attiré par le journalisme, il s'oriente finalement vers la médecine et suit ses études au (AIIMS) de New Delhi, où il obtient son doctorat.

En 1970, il émigre aux États-Unis et effectue son internat au de Plainfield, dans le New Jersey. La même année, il épouse Rita, avec qui il a deux enfants. Il poursuit sa formation par une résidence à la clinique Lahey, dans le Massachusetts, et à l'hôpital universitaire de Virginie, et obtient une certification en médecine interne et en endocrinologie. Il exerce ensuite l'endocrinologie en cabinet à Boston et enseigne dans les facultés de médecine des universités Tufts et de Boston. Au début des , il occupe le poste de chef de service () au de Stoneham.

Chopra dit éprouver à cette période une lassitude croissante à l'égard de la médecine occidentale et de sa dépendance aux médicaments, ce qui le conduit à s'intéresser à la méditation.

Période « méditation transcendantale » Initié à la méditation transcendantale en 1980, Chopra se rend en 1983 en Inde, où il visite le siège du mouvement fondé par Maharishi Mahesh Yogi et devient l'un de ses proches disciples. Bien qu'il n'ait pas de formation en Ayurveda, il étudie auprès du principal spécialiste ayurvédique de Maharishi, .

À partir de 1985, Chopra quitte ses fonctions hospitalières pour se consacrer à la promotion de l'Ayur-Veda Maharishi. Il dirige jusqu'en 1993 le de Lancaster, dans le Massachusetts, cofonde avec Maharishi la société de produits à base de plantes et préside l', qu'il a contribué à créer. Selon l'universitaire , sa capacité à exposer en termes simples des notions ayurvédiques complexes confère une large visibilité aux programmes de Maharishi, dont l'Ayur-Veda devient le plus prospère. En 1989, Maharishi lui décerne le titre honorifique de « Dhanvantari », du nom du médecin des dieux dans la mythologie védique.

Les tensions s'accentuent à mesure que la notoriété personnelle de Chopra grandit au sein du mouvement. En 1991, un article qu'il cosigne dans le lui vaut de vives critiques de la part de ses pairs (voir infra). Estimant que son association avec la méditation transcendantale nuit à sa crédibilité, et alors que Maharishi cherche selon lui à restreindre les conférences et les livres dont il tire ses revenus, Chopra quitte officiellement le mouvement en 1993.

Transition et fondation du Chopra Center Installé en Californie après cette rupture, Chopra devient en 1993 directeur exécutif du , rattaché au groupe hospitalier Sharp HealthCare, ainsi que consultant principal du qui lui est associé.

À la suite de désaccords avec la direction de Sharp, il fonde, avec le neurologue David Simon, le . Fondateur et président-directeur général de l'établissement à partir de 1995, il en assure l'ouverture en 1996. Le centre, présenté comme un lieu d'enseignement et de bien-être inspiré de l'Ayurveda, est implanté dans le comté de San Diego. À cette époque, Chopra a renoncé à toute activité clinique, les soins étant désormais dispensés par d'autres praticiens.

Activités depuis 1996 Le se développe ensuite en une organisation construite autour de la notoriété de son fondateur. Selon une étude de cas de la (2018), ses programmes découlent en grande partie des écrits de Chopra et d'une douzaine d'émissions spéciales diffusées sur le réseau PBS ; devenu une structure mature, l'établissement s'interroge alors sur la rationalisation de son offre, la numérisation de ses programmes et sa continuité au-delà de son fondateur.

Chopra investit par ailleurs le champ de l'engagement public. En 2003, il lance l', un mouvement international qu'il présente comme voué à la résolution des conflits, à la lutte contre la pauvreté et à la sécurité mondiale ; il en expose les objectifs lors d'une conférence de presse aux Nations unies en . Parmi les membres fondateurs figurent les lauréats du prix Nobel de la paix Óscar Arias et Betty Williams, la militante Kerry Kennedy et le chanteur Ricky Martin.

Plus récemment, Chopra fonde la Chopra Foundation, organisation à but non lucratif consacrée à la recherche sur le bien-être, ainsi que la société Chopra Global. En 2024, il présente au Cannes Creative Festival un « jumeau » numérique fondé sur l'intelligence artificielle, baptisé Digital Deepak, développé avec plusieurs partenaires technologiques.

Œuvre et présence médiatique

Œuvre littéraire Le succès de Chopra comme auteur s'établit avec Ageless Body, Timeless Mind (1993), qui demeure neuf mois en tête des listes de best-sellers. Une intervention d'une heure dans l'émission télévisée d'Oprah Winfrey, en 1993, en fait vendre le lendemain. Les titres s'enchaînent ensuite : en 1996, ses livres se sont écoulés à environ six millions d'exemplaires ; en 2008, Time fait état de vingt-neuf ouvrages vendus à plus de dix millions d'exemplaires pour la seule édition anglophone et traduits en plus de trente langues.

Pour le journaliste Ptolemy Tompkins, Chopra est alors la figure la plus étroitement associée à la fois à la médecine alternative, à la spiritualité orientale et à la philosophie New Age, au point d'être sollicité comme commentateur — ainsi par Larry King au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Ses enfants Gotham et Mallika poursuivent des activités voisines dans l'édition et les médias.

Programmes, médias et projets numériques Dès les , Chopra décline son activité sur divers supports : cassettes vidéo — dont une coproduction avec Time-Life Video —, CD-ROM et site web.

À partir de 2013, il s'associe de nouveau à Oprah Winfrey pour une série de programmes de méditation en ligne, l'« Oprah & Deepak 21-Day Meditation Experience », coproduite par Harpo Studios et le Chopra Center. Gratuits et accessibles par application mobile, ces programmes, dont les méditations quotidiennes sont dites par Winfrey et Chopra, revendiquent une audience en forte croissance : plus de 2,6 millions de participants début 2014, puis plus de 4,1 millions et huit programmes différents à la mi-2015.

Chopra mène par ailleurs une intense activité de conférencier, donnant plusieurs dizaines de séminaires par an ; en , il se produit à guichets fermés à la salle Pleyel, à Paris.

Réseau de relations Chopra entretient des liens avec de nombreuses personnalités. Dans les , l'actrice Demi Moore le qualifie de « gourou » et siège, avec Naomi Judd et George Harrison, au comité de parrainage de son centre ; comptent alors aussi parmi ses proches Michael Jackson, la styliste Donna Karan et le financier Michael Milken. En 2008, Time souligne l'étendue de son cercle d'amis et d'admirateurs, qui compte jusqu'au dalaï-lama.

Sa relation avec Michael Jackson, qu'il dit avoir rencontré à la fin des pour lui enseigner la méditation, est la mieux documentée. Le chanteur séjourne à plusieurs reprises chez les Chopra. Après la mort de Jackson en 2009, Chopra intervient dans plusieurs médias pour alerter sur sa dépendance aux médicaments sur ordonnance : il rapporte avoir refusé, en 2005, de lui prescrire un antalgique opioïde, et met en cause les médecins qui fournissaient au chanteur de tels narcotiques.

Théories et réception scientifique

« Médecine quantique » et mysticisme quantique À la fin des , avec Quantum Healing (1989, publié en français sous le titre Le Corps quantique), Chopra popularise une approche qu'il nomme « guérison quantique » : il y soutient que le corps et l'esprit forment un tout et que la conscience peut agir sur la santé au niveau subatomique, là où, selon lui, matière et énergie deviennent interchangeables. Cette « médecine quantique » s'inscrit, selon Le Monde, dans la lignée du mysticisme quantique issu de la mouvance New Age, qui emprunte au vocabulaire de la physique quantique davantage qu'à ses concepts.

Ces théories sont largement rejetées par la communauté scientifique. Plusieurs physiciens jugent dénué de sens l'usage que Chopra fait de la terminologie quantique : le prix Nobel Murray Gell-Mann range ce type de discours sous le terme de quantum flapdoodle (« charabia quantique »), que Victor Stenger retrouve chez Chopra ; en France, les physiciens Claude Aslangul et Julien Bobroff tiennent la transposition de la physique de l'infiniment petit à l'organisme humain pour une absurdité scientifique. Dans le Skeptical Inquirer, le physicien Sadri Hassani reproche à Chopra de banaliser la physique fondamentale et de parer ses idées du nom de savants comme Einstein, Planck ou Schrödinger, estimant que son Quantum Healing relève du charlatanisme. Interrogé en 2013 sur ces emprunts, Chopra a reconnu n'y voir qu'une métaphore. Dès 1998, son maniement de la physique quantique lui avait valu le prix Ig Nobel de physique « pour son interprétation de la physique quantique appliquée à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur économique ».

En 2015, une étude de psychologie cognitive publiée dans s'est appuyée sur des messages de Chopra publiés sur Twitter, délibérément choisis pour leur caractère vague, afin de construire une échelle de réceptivité au « charabia pseudo-profond » () : les participants jugeaient ces énoncés aussi profonds que des phrases composées de mots à la mode assemblés au hasard.

Critiques de la communauté scientifique et médicale Le chirurgien et blogueur scientifique David Gorski compte parmi les contempteurs les plus constants de Chopra, dont il dénonce le ton arrogant et condescendant et qu'il range parmi les promoteurs de pseudo-médecine (woo). Il a notamment critiqué l'essai clinique lancé par Chopra en 2014 (la ), y voyant une étude sans hypothèse vérifiable et méthodologiquement déficiente. En 2013, après que le biologiste l'eut qualifié de « pseudo-scientifique » dans The New Republic, Chopra a répliqué en faisant valoir ses titres médicaux et ses collaborations universitaires, Coyne maintenant ses critiques en retour. Chopra entretient par ailleurs une polémique publique récurrente avec le biologiste Richard Dawkins, qui le critique à chacune de ses apparitions publiques.