Le suicide d'Aimée Flegeau-Kihal est le suicide d'une étudiante en architecture française trans le . Cet évènement catalyse une mobilisation interne de dénonciation des conditions d'étude et du harcèlement de l'équipe enseignante qui poussent au surmenage des élèves de l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-Val de Seine.
Durant l'année 2020, Aimée Flegeau-Kihal avait été hospitalisée pour un syndrome anxio-dépressif dû à un harcèlement causé par différents professeurs sur ses deux années de cours. Sa dernière rentrée avait été empirée par un environnement transphobe dû à son début de transition.
Trois jours après les faits, plusieurs étudiants dénoncent dans une lettre ouverte le rôle de la dans le surmenage ; ils obtiennent le soutien écrit d'une centaine de camarades. Aimée elle-même venait de fonder une association étudiante contre cette pratique. En 2022, une enquête est ouverte par le parquet de Paris.
Faits Situation personnelle d'Aimée
Aimée Flegeau-Kihal, âgée de , est étudiante depuis deux ans à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-Val de Seine. Aimée est née le à Angers (Maine-et-Loire), ville où elle a grandi et qui l'avait rendue passionnée d'architecture depuis l'enfance. Sa mère, Noura Kihal-Flégeau, est sous-préfète de la Mayenne. Elle suit des cours du soir en auditrice libre au Louvre.
Études et harcèlement Dès sa première année d'études, Aimée subit le harcèlement d'une professeure d'un atelier de beaux-arts. Elle témoignera auprès de ses proches d'une enseignante qui la . Sa sœur décrit à Libération en 2022 qu'à chaque veille de rendu, elle subit un stress . Plusieurs étudiants témoignent auprès du journal de la violence de la professeure.
Alors, Aimée repique son année et change d'atelier pour éviter cette professeure, mais elle continue de subir des violences similaires de la part d'autres professeurs. Elle finit hospitalisée plus d'un mois pour un syndrome anxio-dépressif, s'étant rendue aux urgences à pied directement après la sortie d'un rendu de projet. Elle réussit tout de même son année et un rendez-vous avec le directeur de l'établissement est prévu pour échanger sur sa situation, mais il se retrouve annulé par le premier confinement. Au cours de l'été, Aimée entame une transition féminisante. Sa sœur évoque un qu'elle subit à partir de la rentrée.
Aimée Flegeau-Kihal participe à un mouvement étudiant constitué dès via Facebook pour lutter contre ces dérives violentes. À la rentrée, elle venait de fonder une association étudiante, Entr'Seine. L'association lui survivra.
Suicide Lors de sa rentrée 2020, Aimée apprend qu'elle est de nouveau changée d'atelier. Le à Bures-sur-Yvette (Essonne), après avoir quitté sa fête d'anniversaire, elle se suicide.
Affaire de société Réactions Les faits sont annoncés par le directeur de l'école, Philippe Brach, dans un courriel aux étudiants le . Il appelle dans le même temps la presse à avoir , évoquant une fragilité psychologique de l'étudiante déjà connue.
La ministre de la Culture Roselyne Bachelot adresse un courriel de condoléances à la mère d'Aimée et l'invite à la rencontrer. L'entretien aura lieu sans qu'il n'en soit connu le contenu.
Mise en avant des mauvaises conditions de travail Le suicide met en lumière médiatiquement une situation de violences internes aux écoles d'architecture loin d'être propre au cas d'Aimée ou de son école. Déjà à l'ENSA Val de Seine, le mouvement grondait depuis . Les écoles d'architecture ont institué une pratique pédagogique qui rythme l'année, appelée : des ateliers qui réunissent des étudiants autour d'un même projet et nécessitent, pour le réaliser à temps, de se priver de sommeil. En 2018, une étude de l'Union nationale des étudiants en architecture et paysage relevait que la majorité des étudiants enduraient manque de sommeil et stress.
Le lendemain du courrier du directeur, sept étudiants adressent à l'ensemble des élèves de l'école une lettre ouverte qui affirme que et ont et invite aux témoignages. Ils reçoivent les témoignages d'une centaine d'étudiants, qui évoquent scènes d'humilation, insultes racistes, violences sexistes et sexuelles, harcèlement. L'association Entr'Seine fondée par Aimée lance une et affirme projeter de lutter contre la charrette et de former le corps enseignant à la pédagogie.
À la fin du mois d'octobre, des étudiants de l'ENSA Montpellier publient une lettre ouverte qui est citée par Libération. Le suicide est couvert par Le Monde en novembre. Il intervient lors d'une vague de suicides d'étudiants commencée début 2020, et répétée par deux fois en septembre .. Il reste évoqué encore plusieurs années après..
En , le ministère avait engagé une mission d'inspection, qui a été suivie par un plan d'action sur cinq ans annoncé début 2022 et intitulé .. Le plan prévoit des efforts dans la formation pédagogique et dans l'organisation des enseignants.
Affaire judiciaire Déclarant avoir pris conscience de l'ampleur systémique et non pas unique du harcèlement qui a touché Aimée, sa famille porte plainte en contre l'école pour harcèlement, omission de porter secours et homicide involontaire. Le parquet de Paris ouvre une enquête, toujours en cours en 2022.
Notes et références Notes
Références
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