María Teresa Castells Arteche, née à Busturia (Biscaye) en 1935 et morte à Saint-Sébastien (Guipúzcoa) le , est une libraire espagnole connue pour sa lutte culturelle contre le franquisme et le terrorisme d'Euskadi ta Askatasuna (ETA). Pendant des décennies, elle a eu à pâtir de l'un comme de l'autre, sa Librairie Lagun, dans la ville de Saint-Sébastien, ayant été menacée et attaquée à de multiples reprises. Son époux, José Ramón Recalde, qui partageait sa lutte en défense des libertés, a été victime d'un attentat de l'ETA le , auquel il a survécu bien que le tir à bout portant l'ait atteint à la mâchoire.....

Biographie María Teresa Castells est née en 1935, un an avant le début de la guerre civile espagnole. Elle était fille du notaire valencien Miguel Castells Adriaensens (1904-1987) et de María Isabel Arteche, d'origine basque. Sa famille résidait à Saint-Sébastien depuis 1944. L'un de ses frères est l'homme politique Miguel Castells (1931).

Dès l'enfance, María Teresa Castells avait un grand intérêt pour la lecture et s'est intéressée aux nouveautés littéraires, devenant par la suite une grande défenseuse et divulgatrice de la langue basque.

Librairie Lagun En 1968, sous le franquisme, Castells fonde la librairie "Lagun" ("ami ou amie" en basque), en collaboration avec son mari José Ramón Recalde et Ignacio Latierro. L'établissement réputé était sur le point de fêter 50 ans d'existence au moment du décès de María Teresa en 2017. Finalement, la librairie a fermé ses portes faute de ventes suffisantes en .

La librairie, , selon le juge Joan Cremades, est devenue tristement connue après avoir subi des menaces et attaques répétées, aussi bien sous Franco, par des supports du régime, que par la gauche nationaliste basque radicale pendant la démocratie, c'est-à-dire au nom d'idéologies complètement contraires. Après l'une de ces attaques, endommagée par des cocktails molotov, le magasin a été déplacé de son emplacement dans le vieux quartier de la ville à une zone plus tranquille, sans que les attaques cessent pour autant.

Face à ces situations, María Teresa a aussi reçu le soutien d'un grand nombre des habitants de sa ville.

De son côté María Teresa a toujours été une défenseuse de ses racines et de la liberté au sens le plus large du terme. Elle organisait dans son établissement culturel des rencontres et manifestations de caractère divers, la plupart en relation avec la culture basque.

Dans les premières années d'existence de la librairie, il lui est arrivé d'être arrêtée pour son activité, car dans l'arrière-boutique elle vendait des livres interdits par le régime franquiste et organisait des réunions politiques, recevant de plus des visiteurs qui se déplaçaient spécialement dans ce but, y compris depuis la France, comme Pierre Vilar ou Manuel Tuñón de Lara.

La librairie Lagun a reçu en 2020 le prix des Droits Humains de la Fondation Enrique Ruano.

Hommages et reconnaissances

Médaille d'Or au Mérite Citoyen de la ville de Saint-Sébastien (2002) Médaille d'Or au Mérite dans le Travail (2007) Prix Ramón Rubial (2016)

Références

Catégorie:Décès à Saint-Sébastien (Espagne) Catégorie:Militante espagnole du XXe siècle Catégorie:Militante espagnole du XXIe siècle Catégorie:Antifranquiste basque