Noémie Delobelle (épouse Suchet), née le à Burbure (Pas-de-Calais) et morte en déportation le au camp de concentration de Flossenbürg, est une résistante française.

Membre des Francs-tireurs et partisans (FTP), elle est connue pour avoir participé, lors de sa déportation, au sabotage d'une usine d'armement nazi, acte pour lequel elle fut exécutée. Elle a été décorée de la Médaille de la Résistance française à titre posthume en 2024.

Biographie

Jeunesse et engagement Noémie Delobelle naît à Burbure dans une famille ouvrière du bassin minier. En , elle épouse Élie Suchet, un mineur d'Auchel militant au Parti communiste français.

Dès le début de l'Occupation, le couple s'engage dans la Résistance au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) dans le secteur du Lillérois. Noémie Delobelle officie comme agente de liaison (« estafette »). Son rôle consiste à transporter des messages, guider les combattants clandestins et fournir des planques. Elle soigne également des résistants blessés ou traqués, notamment les frères Dellerue.

Arrestation et déportation Le , à la suite d'une dénonciation, la police française encercle son domicile à Burbure. Si son mari Élie parvient à s'échapper, Noémie est arrêtée.

Elle est incarcérée successivement à la prison de Béthune, à la citadelle d'Arras, puis à la prison de Loos. Classée « Nuit et brouillard » (NN), elle fait partie des résistants voués à disparaître sans laisser de traces, conformément au décret du , elle est déportée vers l'Allemagne. Elle arrive au camp de concentration de Ravensbrück le (matricule 25122), avant d'être transférée en au camp de travail de Holleischen (Holysov), un commando dépendant du camp de Flossenbürg, situé dans les Sudètes.

Sabotage et exécution À Holleischen, Noémie Delobelle est affectée au travail forcé dans une usine d'armement des usines Škoda, produisant des munitions pour la DCA allemande.

Au sein du camp, elle intègre un groupe de résistance avec notamment Simone Michel-Lévy (Compagnon de la Libération) et Hélène Lignier. Début , les trois femmes parviennent à saboter une presse hydraulique géante, ralentissant considérablement la production d'obus.

Le sabotage est découvert. Alors que les troupes alliées approchent et que le camp est sur le point d'être évacué, Noémie Delobelle, Simone Michel-Lévy et Hélène Lignier sont extraites du Kommando et transférées au camp principal de Flossenbürg. Elles y sont pendues le , dix jours seulement avant la libération du camp par l'armée américaine.

Distinctions et hommages

Décorations et reconnaissances posthumes Noémie Delobelle reçoit plusieurs distinctions après la guerre. Le , elle est décorée à titre posthume de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil. La mention « Mort pour la France » lui est attribuée le .

Malgré son engagement au sein des FTP et son décès en déportation, elle ne reçoit pas la médaille de la Résistance lors des attributions d’après-guerre. Selon l’Ordre de la Libération, cette absence s’explique par le fait que Noémie Suchet avait obtenu en le titre de « déportée politique » et non celui de « déportée résistante », condition exigée par les textes pour l’attribution automatique de la distinction.

L’affaire est réexaminée à partir de 2023, lorsque Vladimir Trouplin, directeur scientifique de l’Ordre de la Libération, propose le dossier de Noémie Suchet à la Commission nationale de la Médaille de la Résistance française (CNMRF). À partir d’archives et de travaux de plusieurs chercheurs (Pierre-Emmanuel Dufayel, Jacques Pequeriau, Anne Savigneux) ainsi que de contributions institutionnelles (Arolsen Archives, Service historique de la Défense, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon), la commission établit la réalité de son engagement clandestin et de sa participation à des actes de résistance.

Grâce à l’appui de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONaCVG), le titre de « combattante volontaire de la Résistance » est attribué à Noémie Suchet le . Cette reconnaissance ouvre la voie à l’examen de son éligibilité à la Médaille de la Résistance française. Après accord de sa famille, le dossier est soumis au ministère des Armées puis à la CNMRF lors de sa séance du , qui émet un avis favorable à l’unanimité.

Suivant cet avis, le président de la République lui décerne la Médaille de la Résistance française à titre posthume par décret du .

Voici ses rubans de décorations reçues à titre posthume :

50px Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil ; (décret du ).

Lieux de mémoire La ville de Burbure honore sa mémoire à travers plusieurs lieux : La rue principale de la commune a été renommée « Rue Noémie-Delobelle » en 1969. L'école primaire publique porte le nom « École Noémie-Delobelle ». Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Femmes dans la Résistance intérieure française Liste de résistants en France

Liens externes

Fiche sur le site de l'Ordre de la Libération

Catégorie:Résistante française Catégorie:Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Survivant de Ravensbrück Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Naissance en août 1920 Catégorie:Naissance dans le Pas-de-Calais au XXe siècle Catégorie:Décès en avril 1945 Catégorie:Décès à 24 ans Catégorie:Décès au camp de concentration de Flossenbürg Catégorie:Condamné à mort exécuté par pendaison Catégorie:Condamné à mort exécuté en Allemagne au XXe siècle Catégorie:Décès dans le Troisième Reich Catégorie:Mort pour la France Catégorie:Condamnée à mort exécutée