La Mythologie grecque d'Arcadie, fait de cette région le théâtre d'épisodes de la vie terrestre des dieux. Ainsi Zeus, Poséidon, Déméter, Héra, Athéna, Hermès, Asclépios et Pan seraient nés en Arcadie ou auraient passé une partie de leur vie parmi les mortels, faisant de ces derniers les commensaux des dieux. La Mythologie grecque d'Arcadie fait aussi état de Pélasgos, premier de la race des Pélasges, peuple mythique selon toutes vraisemblances, fils de Zeus et de Niobé selon Acousilaos, ou selon Hésiode fils du sol.
Témoignages littéraires
Les Arcadiens sont absents du système généalogique des Grecs, selon lequel ces derniers descendraient d'Hellen par ses fils Doros, Aiolos et Xouthos, qui engendra Ion et Achaios. L'ensemble mythique consacré aux Arcadiens, quant à lui, ne fait aucune référence aux autres Grecs, bien que l'on retrouve des traces du mythe de la charte des Arcadiens chez Hésiode . La raison de cette absence est obscure . Thomas Nielsen a démontré l'existence d’une identité ethnique arcadienne aux époques archaïque et classique . De même dans la mythologie, les Arcadiens constituent un terme de peuple véritablement distinct, et la meilleure source à ce sujet reste Pausanias (115-180), qui retrace l'intégralité du mythe . Cependant hormis Pausanias, et les Hymnes homériques, les documents, notamment archéologiques, sont pauvre sur ce mythe des origines propre à l'Arcadie des périodes archaïque et classique . Selon Pausanias, Pélasgos est le premier être humain à avoir habité ces terres ; en tant que roi, Pélasgos développe des formes rudimentaires de civilisation . À cette époque, la région est appelée Pélasgie (« terre de Pélasgos »). Le fils de Pélasgos, Lycaon, fonde la cité de Lykósoura, la première de toutes les cités de la terre, et établit le culte de Zeus Lykaios . Lycaon a aussi une fille, Callisto qui attire la convoitise de Zeus et la colère d'Héra, qui la transforme en ourse, laquelle est ensuite tuée par Artémis. Zeus envoie alors Hermès secourir son fils à naître, Arcas, fils de Zeus et de Calisto ; au cette histoire fait partie d'une version arcadienne officielle. Arcas succéda à Nyctimos autre fils de Lycaon, et qui donne son nom au peuple et à la terre. Alors que Pélasgos avait introduit le gland, faisant des Pélasges des « mangeurs de gland » , Arcas introduit le blé , ce qui marque traditionnellement le commencement de la civilisation en Arcadie. Des récits fragmentaires suggèrent que ce mythe existait déjà durant les époques archaïque et classique .
Les Pélasges dans les sources littéraires antiques apparaissant diversement comme grecs, semi-grecs, non-grecs et pré-grecs et en l'absence de preuves archéologiques probantes, les font relever du mythe . Dès le début du , le mythe des origines arcadiens était élaboré et constituait aussi un mythe fondateur de la civilisation, connu tant par les auteurs arcadiens, que ceux extérieurs à l'Arcadie . Ce complexe mythique pourrait expliquer pourquoi les Arcadiens sont souvent décrits comme « autochtones » . La tradition d'autochtonie arcadienne pourrait également sous-tendre certains passages d'Hérodote et de Thucydide. Selon Thucydide, l'Arcadie n'a jamais connu de vagues d'immigration , ce qui serait une . Cette préséance arcadienne est aussi exprimée par le terme , présent chez , qui exprime que les Aracadiens seraient apparu avant que la lune n'apparaisse . Séléné, la Lune, fille du Titan Hypérion et de Théia, appartient à la même génération divine que Zeus et ses frères et sœurs. À l'époque de la naissance de Séléné, .
C'est l'histoire racontée par Ovide dans les Fastes :
Et Jost de dire que les Pélasges auraient donc pu assister à la naissance de la première génération de dieux olympiens (Zeus, Poséidon, Héra et Déméter), la suivante (Athéna et Hermès), ainsi qu'à celle d'Asclépios et de Pan. Artémis, Apollon, Aphrodite présents en Arcadie doivent par contre être associés à Délos pour les deux premiers, et née de la mer, pour la dernière. Dionysos est venu d'Orient . À l'exception d'Héphaïstos, tous les dieux communs aux Grecs se retrouvent en Arcadie .
L'Arcadie mythique a inspiré les poètes, de Hésiode à Virgile, jusqu'aux philosophes modernes. Pour la plupart des chercheurs, l'Arcadie idéalisée de Virgile, le « rêve arcadien » ne serait qu'une « invention » de Virgile ; pour d'autres cette opinion n'est pas fondée. Antonio Corso montre que l'Arcadie poétique de Virgile a des précédents dans la Grèce Archaïque : Mont Érymanthe, Nysa, lieu incertain de la naissance de Dionysos, l'Arcadie elle-même décrite relativement à Hermès. Une des premières idéalisations de l'Arcadie se rencontre donc chez Homère sur le Mont Érymanthe, au nord-ouest de l'Arcadie, région réputée pour ses forêts, ses montagnes et ses animaux sauvages, lieu de prédilection de la déesse Artémis et de belles nymphes des bois, filles de Zeus qui porte l'égide, et se divertissent avec elle ; Léto se réjouit en son cœur ; ; :
Et de fait, la très forte présence de la nature — montagne (Pan, Zeus Lykaios, Apollon, Hermès), grottes (Déméter, Rhéa), rivières et sources (Poséidon Hippios), bois sacrés (Despoina) ; les arbres même, sans oublier les lacs et les nombreux gouffres (Artémis Stymphale) — forme un paysage idyllique, véritable pouponnière des divinités . On trouve chez Hésiode une volonté de se retirer du monde, ce qui est une apriori du « mythe arcadien ». Phlégon informe qu'Hésiode rapporte la transformation en femme de Tirésias sur le mont Cyllène en Arcadie, après avoir frappé des serpents en train de copuler ; ainsi que la légende panhellénique des filles de Prœtos errant folles dans l'Arcadie . Hésiode est également la première source connue du mythe de Lycaon, Callisto et Arcas, en Arcadie . Pélasgos, fils de Zeus et de Niobé selon Acousilaos, selon Hésiode fils du sol, a eu un fils, Lycaon, de Mélibée, fille d'Océan, ou, selon d'autres, d'une nymphe Cyllène. Lycaon, régnant sur les Arcadiens, engendre de plusieurs femmes, cinquante fils.
Hermès, grand dieu d'Arcadie, est mentionné dans le quatrième hymne homérique ; il possède un sanctuaire au sommet du Mont Cyllène, « au-dessus de la zone des nuages », comme le précise Géminus. Il est défini comme , ce qui évoque des images pastorales . Il est fort possible que l'évocation des racines territoriales de l'autorité royale d'Hermès soit destinée à faire écho aux mythes d'origine arcadiens. Hermès se trouve dans la généalogie des rois fondateurs qui, comme lui, descendent du .
L'Arcadie est aussi connue pour être le berceau des Géants, des Centaures, et surtout pour de nombreuses divinités grecques dotées de particularités qui les rendent uniques par rapport au reste des traditions grecques . Pausanias demeure la référence ; il évoque que l'Arcadie serait le lieu de naissance et/ou d'enfance des dieux et des déesses et où évoluent les nymphes. Certains de ces mythes sont connus, déclinés de mille façons sur le terrain, et font l'objet de discussions multiples, dont Pausanias se fait parfois l'écho .
Selon Vincent la mythologie grecque d'Arcadie, présente des similitudes indo-européennes : Pan (Pushan), Déméter Mélania (Saranyū) .
Les hommes commensaux de dieux Pausanias raconte que, selon la tradition arcadienne, les hommes mangeaient autrefois à la même table que les dieux. Pausanias ajoute que cette époque révolue était celle de la justice et de la piété, mais aussi celle du châtiment des méchants . Cette tradition moralisatrice, héritière des « interprétations philosophiques » de l'Âge d'or, si l'on en croit Hésiode, s'achève avec le sacrifice d'animaux, inaugurant un nouvel ordre et établissant « des frontières infranchissables » entre les dieux et les hommes, et entre les hommes et les bêtes . Ici c'est un sacrifice humain qui est effectué par Lycaon, mettant fin à la « commensalité » avec les dieux . Lycaon, fondateur de Lycosura et des jeux organisés en l'honneur de Zeus Lykaios, les Lykaia, devient ainsi le père d'une humanité à la fois civilisée et limitée par sa condition humaine. Parfois, c'est ce même Lycaon qui est dépeint comme , offrant à Zeus, qu'il reçoit à sa table, un sacrifice humain ; d'autres fois, la responsabilité incombe à ses fils .
Versions locales et versions panhelléniques des mythes arcadiens
La Mythologie grecque d'Arcadie fait de cette région le théâtre d'épisodes de la vie terrestre des dieux. Ainsi Zeus, Poséidon, Déméter, Héra, Athéna, Hermès, Asclépios et Pan y sont nés ou ont passé une partie de leur vie parmi les mortels. Souvent, il s'agit d'adaptations de thèmes panhelléniques, modifiées et intégrées au contexte local .
Témoignages archéologiques vignette|Vue O-NO depuis l'angle S-E du temple de Despoina à Lycosoura. Deux tambours de colonnes reposent sur le stylobate au premier plan. À l'arrière du temple, on aperçoit le socle des statues de culte, et à gauche, la porte latérale donnant sur la cella et l'espace de sièges aménagé en théâtre. vignette|Lykosoura S-O Certaines divinités sont propres à l'Arcadie, comme Aléa assimilée à Athéna, mais qui conserva toujours son importance et sa spécificité. Despoina est vénérée à Lycosoura ; les Grandes Déesses sont originaires de la région de Mégalopolis . Certains cultes sont agencés en binôme comme Poséidon et Déméter, Despoina ou Coré (Perséphone), domine Déméter, toutes constituent les éléments féminins les plus importants .
Selon Jost, trois régions sont à distinguer ; cette organisation est reprise par Jost en 2018 : les régions Nord () et Ouest, les plus sauvages ; les bassins de l'Est, avec les cités les plus importantes ; au Sud, la Mégalopolitide,
Sites remarquables en Arcadie
L’autel de Zeus sur le mont Lycée est le site le plus remarquable d'Arcadie ; Le sanctuaire de Zeus Sôter à Mégalopolis est connu depuis longtemps . Des cultes de Pan se retrouvent dans toute l'Arcadie, où une montagne entière, comme le mont Mainalon, pouvait servir de sanctuaire . De nombreux sanctuaires ont été découverts et son toujours fouillés. La plupart ne sont pas renseignés par Pausanias, probablement parce qu'ils n'existaient plus à son époque. Les archéologues sont aujourd'hui très prudents avant d'associer une divinité à un sanctuaire et certains sanctuaires demeureront anonymes . Parmi les sanctuaires renseignés : Sanctuaires de Phénéos (), d’Asklépios (Asclépiéion), d’Artémis Pyrônia (Chelmós), de Déméter Thesmia, la « grotte d’Hermès » sur le mont Cyllène, sanctuaire de Déméter Thesmia, sanctuaires de Lousoi, temple de Grémoulias, sanctuaires de Psophis, sanctuaire du mont Haghios Pétros
Région Nord et Ouest
Phénéos
— Sanctuaire d’Asklépios ; d’Artémis Pyrônia ; de Déméter Thesmia ; « grotte d’Hermès » sur le mont Cyllène
Lousoi
— Depuis la fin du , le sanctuaire d’Artémis Héméra, est connu
Temple de Périvolia
Perivólia —
La frange argolido-arcadienne et l’Arcadie orientale Sanctuaires de Stymphale, Orchomène, Mantinée et les sanctuaires de Gortsouli ; Sanctuaires et Temples de Tégée (sanctuaire d’Athéna Aléa et Sanctuaire d’Haghios Sostis)
Mégalopolitide
Le bassin de Mégalopolis, la capitale de l'Arcadie, et des massifs montagneux qui la bordent ; comprenant l'ensemble des localités qui ont contribué au synoecisme de Mégalopolis entre 371 et 360 À Mégalopolis, grâce au texte de Pausanias, on a pu identifier avec vraisemblance les édifices dégagés, pour ce qui nous intéresse le sanctuaire de Zeus Sôter; au sud de l'Hélisson, le péribole de Zeus Lykaios et Pan, le temple de la Mère des Dieux , le temple d'Hermès Akakésios, le sanctuaire des Grandes Déesses , l'autel d'Arès et divers sanctuaires . Pour la partie sud-ouest, trois sanctuaire sont abondement décrits par Pausanias : à Lykósoura, au Mont Lycée et près de Phigalie ; le sanctuaire de Lykósoura est très exactement décrit par Pausanias.