L'arrêt des activités gouvernementales fédérales de 2025 aux États-Unis (en anglais : ), souvent abrégé en de 2025, est le onzième et plus long shutdown de l'histoire des États-Unis. Il s'étend sur 43 jours, du à minuit au à 22 h 25 (heure de Washington).
Cet arrêt est la conséquence de l'absence d'un accord au Congrès des États-Unis sur un budget gouvernemental fédéral pour l'année fiscale 2026, qui débute officiellement le même jour. Les activités gouvernementales sont interrompues, et les Démocrates ont refusé à quatorze reprises d'adopter un texte proposant la continuation du texte de l'année fiscale précédente qui était proposée par les Républicains. Les sénateurs démocrates basent leur refus sur l'absence de législations favorables aux citoyens les plus précaires, notamment au sujet de l'assurance maladie.
Le shutdown provoque la mise en congés forcés d'environ fédéraux et la suspension du versement des salaires de près de deux millions de travailleurs supplémentaires. Certains programmes fédéraux dont Medicare et Medicaid ont poursuivi leurs activités, tout comme le département de la Défense et la Transportation Security Administration. Les activités d'autres agences fédérales ont été partiellement ou totalement suspendues, notamment celles des National Institutes of Health et des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.
Contexte vignette|Le président Trump réunissant les représentants des différents groupes au Congrès afin d'éviter un shutdown le 30 septembre 2025. Le dernier shutdown avait duré , de à , et était alors le plus long.
Financement des activités gouvernementales fédérales L’article I de la Constitution des États-Unis confère au Congrès l'autorité d'allouer les fonds prélevés auprès du département du Trésor. Depuis 1977, l'adoption du budget fédéral, qui couvre une année fiscale s'étendant du au de l'année suivante, est composé de 12 lois de finances distinctes. Toutes doivent obtenir l'accord des membres du Congrès. La polarisation politique a contribué à l'établissement de ce processus, ce qui pousse assez régulièrement à adopter des lois de finances qui s'inscrivent dans la continuité des précédentes afin de ne pas bloquer le financement des activités gouvernementales.
L'échec d'un accord au sein du Congrès provoque l'arrêt des activités gouvernementales fédérales dès le . En conséquence, les agences fédérales dont le travail est considéré comme à la vie du pays continuent leur activité, mais les employés fédéraux et les contractuels sont mis en congés forcés et leur paye est retardée jusqu'à l'adoption du nouveau budget fédéral. Le directeur du Bureau de la gestion et du budget supervise le bon fonctionnement des activités gouvernementales vitales, et le président des États-Unis dispose également d'un droit de regard.
Antécédent de mars 2025 En anticipation d'un manque de financement des activités gouvernementales attendu pour , les Démocrates du Congrès ont largement refusé de financer le gouvernement alors que le président Donald Trump menaçait de suspendre voire de supprimer une partie des aides sociales ainsi que de retirer plusieurs postes au sein de l'administration fédérale. Quelques heures avant que le budget ne soit suspendu, le chef de la minorité au Sénat Chuck Schumer annonce qu'il soutient une résolution de continuité du financement des activités gouvernementales jusqu'en septembre, expliquant que les volontés du président Trump seraient restreintes voire annulées par la Justice — ce qui ne serait plus le cas dans l'éventualité d'un shutdown où le département de l'Efficacité gouvernementale bénéficierait d'une plus grande marge de manœuvre et où les pressions des acteurs économiques internationaux et des marchés mondiaux pousseraient les congressistes à trouver un accord sous peu, quitte à concéder la continuité et à donner finalement raison au président. Le soutien apporté par Schumer a conduit les Démocrates à voter en faveur de la continuation proposée par les Républicains, qui permet d'éviter un shutdown. Il est critiqué par plusieurs membres de son parti pour cette décision, notamment par Hakeem Jeffries.
Subventions de la loi sur les soins abordables La loi sur les soins abordables (en anglais : Affordable Care Act, ACA) était une réforme majeure du système de santé américain qui, entre autres, établissait des crédits d'impôt basés sur les revenus pour subventionner le coût de l'assurance maladie. Pour les ménages admissibles, les subventions de l'ACA auraient réduit les primes d'assurance à un pourcentage compris entre 2,07 % et 9,38 % des revenus totaux. Les ménages gagnant plus de 400 % du seuil de pauvreté établi par le gouvernement fédéral n'étaient pas admissibles aux subventions, créant ainsi un fossé important en matière de protection sociale.
L’American Rescue Plan Act de 2021 a temporairement augmenté et étendu les subventions pour 2021 et 2022 en supprimant le plafond de revenus et en plafonnant les contributions des ménages entre 0 % et 8,5 % du revenu. Conformément au plan de relance Build Back Better Plan, les législateurs démocrates ont proposé des projets de loi visant à pérenniser les crédits d'impôt élargis. À titre de compromis, lInflation Reduction Act de 2022 a prolongé les subventions élargies jusqu'en 2025.
En 2025, le Congrès a laissé expirer les subventions élargies et a procédé à des coupes supplémentaires dans le système de protection sociale médicale en vertu de la loi One Big Beautiful Bill Act. La controverse autour de ces coupes a engendré un conflit majeur parmi les congressistes, conduisant à la paralysie des services gouvernementaux.
Débats parlementaires sur le budget du gouvernement fédéral Les négociations sur le budget échouent après que les sénateurs démocrates aient refusé de voter le budget, ceux-ci s'opposant notamment aux coupes prévues quant à la sécurité sociale. À partir du 5 novembre, il entre dans son et devient le plus long shutdown de l'histoire des États-Unis.
Premières discussions et émergence de divergences La résolution de continuité du budget du gouvernement fédéral est adoptée par les Républicains bien avant la fin de l'année fiscale 2025. En juillet, ils approuvent la demande du président Trump de retirer 9 milliards de dollars de financements publics destinés à l'aide humanitaire et à la radiodiffusion publique. La sénatrice de l'État de Washington Patty Murray, qui fait partie du comité sénatorial des crédits, déclare au New York Times que le compliquait le travail entre les Démocrates et les Républicains quant à l'adoption d'un budget fédéral pour l'année fiscale 2026. Le même mois, les sénateurs commencent à débattre une série de projets de loi relatifs aux crédits, traitant notamment de projets liés à la construction de nouvelles infrastructures militaires et des programmes destinés aux vétérans. Les Démocrates expriment également leur volonté d'éviter un shutdown. En juillet, le directeur du Bureau de la gestion et du budget Russell Vought déclare que , précisant que la Maison-Blanche ne soutiendrait pas des accords bipartisans en matière de dépense et réitérant sa croyance en le fait que lImpoundment Control Act de 1974 relatif au fonctionnement du Congrès était inconstitutionnel. Ces remarques ont provoqué de vives critiques de la part des Démocrates et une forme de résistance de la part du chef de la majorité au Sénat John Thune.
En août, les sénateurs adoptent une première série de projets de lois de dépenses, allouant 433 milliards de dollars aux programmes pour les vétérans, 19,8 milliards de dollars aux projets de construction d'infrastructures militaires et de logements familiaux, 27,1 milliards de dollars aux programmes pour l'agriculture et 7,1 milliards de dollars afin de poursuivre les activités du Congrès et des agences gouvernementales. Bien que les projets de loi aient été adoptés avant la pause parlementaire prévue ce mois-là, une première depuis 2018, les objections se sont multipliées, laissant présager de futurs débats intenses au Congrès. Le sénateur de la Louisiane John Neely Kennedy échoue à obtenir une réduction de 2 % du projet de loi de dépenses relative à l'agriculture. Un quatrième projet de loi qui aurait financé les départements du Commerce et de la Justice ainsi que les agences scientifiques est rejeté après l'opposition du sénateur du Maryland Chris Van Hollen. Le projet de loi de financement du pouvoir législatif propose essentiellement une continuité du budget précédent pour le Government Accountability Office (GAO), malgré le conflit entre l'agence et l'administration Trump. Le projet de loi proposé par la Chambre des représentants réduit de moitié le budget du GAO. En septembre, le président de la Chambre des représentants Mike Johnson et le chef de la minorité de la Chambre Hakeem Jeffries ont proposé d'étendre le financement actuel du gouvernement jusqu'en novembre ou décembre. L'adoption d'un budget de continuité apparaît dès lors comme une solution à une crise imminente, bien que plusieurs Démocrates aient exprimé des doutes quant à cette solution.
Impasse et blocage L'administration Trump, de même que plusieurs fiscalistes, ont plaidé pour la continuité du financement des activités gouvernementales jusqu'en janvier 2026. À l'inverse, les Démocrates et quelques Républicains ont cherché à trouver un terrain d'entente sur le budget avant novembre. La décision de l'administration Trump de retirer près de 5 milliards de dollars d'aides humanitaires du futur budget a ravivé les dissensions et consolidé l'impasse. Certains représentants de la Chambre et du Sénat ont suggéré l'adoption d'une loi de finances à destination des départements de l'Agriculture et des Anciens combattants, ainsi que des activités du Congrès pour une période d'un an avec la possibilité de l'étendre à d'autres agences gouvernementales. Le représentant Andy Harris, président du Freedom Caucus, a exprimé un soutien distant à l'adoption d'un projet de loi de finances temporaire proposé par le représentant Tom Cole, président du comité de la Chambre aux crédits, tant que Cole disposait des voix nécessaires. Les discussions au Congrès se sont heurtées à la demande de l'administration Trump de renforcer la sécurité pour les juges de la Cour suprême et d'augmenter le financement du Marshals Service peu après l'assassinat de Charlie Kirk. Les juges des juridictions inférieures ont également tenté de faire valoir ce droit.
Les Démocrates ont cherché à forcer les Républicains à étendre les subventions liées à l'assurance maladie, qui devaient expirer avant la fin de l'année. Trump a demandé publiquement aux Républicains de ne et a apporté son soutien à la proposition de continuité de Cole. L'ajout de financements supplémentaires pour les parlementaires faisant suite à la mort de Charlie Kirk a également retardé la publication du projet de loi. Le 16 septembre, Johnson publie le projet de loi de dépenses sans la mention des subventions liées à l'assurance maladie, s'attendant soit à ce que les Démocrates prennent le temps de discuter à son sujet et provoquent ainsi un shutdown, soit à ce qu'ils soutiennent le projet de loi qui était un statu quo défavorable aux ménages précaires. Les représentants Thomas Massie et Victoria Spartz ainsi que le sénateur Rand Paul, tous considérés comme des Républicains fiscalistes conservateurs, se sont opposés au projet de loi en raison des ajouts de dépenses qu'il contenait et du calendrier serré prévu pour un projet de loi sur les crédits plus important.