Le Réveil du peuple est un journal hebdomadaire de tendance blanquiste fondé en 1892 par Henri Place.
Histoire En 1892, Henri Place, blanquiste et ancien boulangiste, lance le Réveil du peuple dont les articles sont rédigés dans leurs quasi-intégralités par les membres ou proches du Comité central socialiste révolutionnaire (CCSR) dirigé par Ernest Granger et Ernest Roche.
Ligne éditoriale Pour le contenu, les articles du journal contiennent les thèmes habituels du blanquisme comme les références fréquentes à Blanqui et à 1793 mais aussi des attaques contre le gouvernement et Édouard Vaillant car jugé comme ayant trahi la tradition blanquiste.
Toujours athées et attachés à un socialisme patriote spécifiquement français (articles : de Da Costa intitulé « Socialisme français », de Granger intitulé « Socialistes et patriotes », de Breuillé intitulé « Socialisme et patriotisme »), les blanquistes du Réveil du peuple le combinent à un antisémitisme de nature antichrétienne (inspiré en partie par Voltaire). Ernest Granger écrira par exemple dans le numéro 18 du journal à propos de Jules Guérin et du Marquis de Morès : « [Ce sont] des antisémites ardents et, à leur façon, des socialistes. Nous aussi, après Blanqui et Tridon, nous sommes philosophiquement, des antisémites. Nous pensons que le sémitisme a été funeste au génie aryen et nous déplorons que le sombre, persécuteur, impitoyable monothéisme juif ait triomphé des libres et naturalistes religions gréco-romaines. À cet égard, nous sommes même beaucoup plus antisémites que Drumont et Morès, car nous n'oublions pas que le christianisme et une religion sémitique, fille du judaïsme, et nous avons une égale horreur du juif Jésus que du juif Moïse. » L'antisémitisme du journal est également de nature anticapitaliste assimilant les juifs au pouvoir de l'argent et de la haute finance : Ernest Roche évoquera le « juif crochu » dans le numéro 83 tandis que Henri Place écrira un article intitulé « Juifs contre ouvriers ».
Très proches de Henri Rochefort, Le Réveil du peuple participe aux campagnes électorales de 1894 en polémiquant avec les candidats soutenus par La Petite république traités de « traitres, chercheurs de candidatures, agents de Rothschild, de Lépine ou de Loyola » et en soutenant les candidats présentés par L'Intransigeant.
Collaborateurs
Comité de rédaction Henri Place Ernest Granger Ernest Roche Alfred Breuillé Alfred Gabriel
Autres collaborateurs Gaston Da Costa Alexandre Girault Georges Feltesse Adrien Farjat Jules Doradoux Charles Mercier
Notes et références
Bibliographie
Marc Crapez, La gauche réactionnaire : mythes de la plèbe et de la race, Berg International Editeurs, 1997, p.193, 199-203 Bertrand Joly, Nationalistes et conservateurs en France, 1885-1902, Les Indes savantes, 2008, p.105
Catégorie:Titre de presse créé en 1892 Catégorie:Titre de presse disparu en 1894 Catégorie:Presse socialiste en France Catégorie:Presse hebdomadaire disparue en France