Le Courrier du Pas-de-Calais est un journal conservateur publié à Arras entre 1830 et 1944. Il est le dernier avatar d'une série de journaux arrageois débutée en 1803.
Histoire
Le Courrier du Pas-de-Calais est le nom donné à partir du à la Feuille hebdomadaire du département du Pas-de-Calais, fondée en 1803 et rebaptisée Feuille d'affiches, annonces et avis divers de la ville d'Arras en 1811, puis Affiches et annonces judiciaires, administratives et commerciales de la ville d'Arras et du département du Pas-de-Calais en 1826Bougard et Bellart, ..
La Feuille hebdomadaire du département du Pas-de-Calais est fondée le par la veuve de l'imprimeur Nicolas. Ce journal a le caractère d'un organe officiel de la préfectureLe Courrier du Pas-de-Calais, 1-2 janvier 1928, -2..
Le , Auguste Tierny (1798-1871) achète l'imprimerie Nicolas ainsi que la Feuille d'affiches publiée par celle-ci. Sous son impulsion et grâce au concours d'associés proches des députés Harlé père et fils, le journal est réorganisé sous son titre final en 1830-1831. Tandis que Tierny assume les responsabilités de directeur-gérant du Courrier, le poste de rédacteur en chef ou directeur politique est confié successivement à différents journalistes dont le plus connu est Auguste-Félix de Joncières, en poste jusqu'en 1848.
Sous la monarchie de Juillet, la ligne politique du journal est de la nuance du parti de la résistance, ce qui l'oppose au Progrès du Pas-de-Calais de Frédéric Degeorge, dont il récupéré l'électorat le plus modéré. Toujours conservateur, le Courrier évolue de l'orléanisme au bonapartisme après avoir momentanément toléré la République en 1848Alain Nolibos, « La presse arrageoise et le développement des cultures politiques dans le Pas-de-Calais au cours de la première moitié du XIX siècle : le rôle de Frédéric Degeorge (1797-1854) », in Odile Parsis-Barubé (dir.), Arras, le savoir et la curiosité. Aspects de la vie culturelle dans une ville-préfecture au XIX siècle, Arras, 2000, et 75 (consultable sur Gallica)..
Sous le Second Empire, le Courrier bénéficie de la disparition de ses deux principaux concurrents, La Liberté du chanoine Fréchon (supprimée en 1852) et Le Progrès (disparu en 1857).
En 1857, Tierny cède le journal à son neveu Auguste Tierny (1824-1877), rédacteur en chef depuis 1851. En 1867, Tierny neveu est remplacé par le baron Gustave de Sède (1824-1888). Son fils Paul de Sède (1853-1910), rédacteur en chef du Courrier, lui succède comme directeur vers 1886.
En 1890, la Société anonyme du Pas-de-Calais, dirigée par Paul-Marie Laroche (1839-1909) et qui édite un autre journal, Le Pas-de-Calais, rachète la Société de Sède et . Le Courrier absorbe alors l'édition quotidienne du Pas-de-Calais. Par la suite, l'ancien journal bonapartiste devient une feuille catholique.
En 1902, un nouvel immeuble est construit en face de la gare, suivant les plans de l'architecte Pierre Normand (fils de Clovis Normand), pour abriter les locaux du journal, auparavant situés rue d'Amiens. L'année suivante, Laroche est remplacé par l'ingénieur Jules Eloy.
Eloy a la lourde tâche de sauver le journal après la Première Guerre mondiale. Les locaux de la place de la Gare ayant été détruits par les bombardements allemands, le journal est transféré au du boulevard de Strasbourg.
Au , les rédacteurs en chef sont successivement Arthur Martin, l'avocat Georges Lenoir, de 1907 à 1914La Croix, 29 novembre 1907, La Croix, 23 novembre 1911.Dictionnaire des journalistes des Hauts-de-France, panckoucke.org, Paul Deron, décédé durant la Première Guerre mondialeLa Croix, 29 juillet 1916. puis Georges Lequette de 1922 à 1940.
vignette|Le conseil d'administration du journal vers 1925-1927. De gauche à droite : André Fleury, l'abbé Jean-Marie Laroche, Marc Scailliérez (président), Pierre Saudemont-Bachelet et Jules Dassonville.
En 1925, l'abbé Jean-Marie Laroche (1882-1957), fils de Paul-Marie Laroche, fonde la Nouvelle société anonyme du Pas-de-Calais afin de remplacer la Société anonyme du Pas-de-Calais et d'exploiter le CourrierAbbé J.-M. Laroche, « Il vivra ! Il vivra ! », Le Courrier du Pas-de-Calais, 28 juin 1925, (consultable sur Gallica).. Il bénéficie de l'appui de la société La Presse régionale.
Compromis dans la collaboration sous l'Occupation, le journal disparaît après la Libération. Le , la Nouvelle société anonyme du Pas-de-Calais est condamnée par la cour de justice du Pas-de-Calais à la dissolution, à la confiscation de ses biens et à l'interdiction de se reconstituerÉtudes de presse, mars 1946, ..
À la Libération, des presses de la Nouvelle Société anonyme du Pas-de-Calais sort un nouveau quotidien, La Liberté du Pas-de-Calais. La direction du journal est assurée par l'avocat Philippe Gerber, administrateur démissionnaire () de l’ancien Courrier et membre du Comité de Libération d'Arras, président-fondateur de la fédération du Pas-de-Calais du Mouvement républicain populaire (MRP). En , ce journal est remplacé par Libre-Artois, toujours imprimé par la Nouvelle Société anonyme du Pas-de-Calais, cependant dissoute par la Cour de justice en 1946. Le conseil d’administration du quotidien est présidé par le socialiste Guy Mollet. Georges Lequette, ancien rédacteur en chef du Courrier dans l'entre-deux-guerres, en devient le rédacteur en chefNelly Dupré, « La presse arrageoise à la Libération », L'Abeille, journal de la société de Panckoucke, n° 24, septembre 2013, p. 15-18 (Lire en ligne ).
Collaborateurs notables Auguste-Félix de Joncières Arthur Martin
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Pierre Bougard et Ghislaine Bellart, « La presse arrageoise des origines à 1870 », Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts d'Arras, série, t. IV, 1960-1965, -71 (consultable sur Gallica). Jean-Paul Visse, « Du Consulat à la Libération, Arras attendait le Courrier », L'Abeille, journal de la société de Panckoucke, , (Lire en ligne ) Jean-Paul Visse, « La presse du Nord Pas-de-Calais pendant l’Occupation. Le cas du Courrier du Pas-de-Calais », L'Abeille, journal de la société de Panckoucke, n° 24, , p. 7-14 (Lire en ligne )
Liens externes Liste des exemplaires numérisés consultables sur Gallica.
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