vignette|360x360px| Des ambulanciers militaires américains évacuant un plastron en tenue militaire lors de la simulation d'une fusillade à la base aérienne d'Eglin en Floride en 2014. Un plastron (également appelé acteur de crise, acteur-patient ou acteur de victime) est un individu jouant le rôle d'une victime lors de formations ou d'exercices représentant des situations de crise ou d'urgence, telles que des attentats terroristes, des incendies ou des catastrophes naturelles.
Les plastrons permettent de former des personnels tels que les soignants, les gendarmes ou les pompiers en créant des simulations plus réalistes.
Le terme a également été employé dans le cadre de certaines théories du complot qui affirment que des fusillades de masse sont organisées pour promouvoir divers objectifs politiques, et dont les « victimes » apparentes seraient des acteurs.
Simulations et mises en situation Dans un entraînement aux situations de crise, les plastrons sont appelés à incarner des victimes fictives simulent des blessures spécifiques suite à une catastrophe afin de donner davantage de réalisme à une formation aux situations de crise ou d'urgence. Des maquillages et cosmétiques de théâtre, ainsi que des appareils en caoutchouc et en latex, sont souvent utilisés afin de créer des moulages pour simuler diverses blessures ou pathologies reproduisant fidèlement les blessures des victimes.
Des plastrons peuvent également être déployés pour incarner des journalistes, des proches de victimes et des citoyens concernés afin de former le personnel en formation à faire face à une variété de demandes dans des conditions dégradées. Compte tenu de la spécificité de leur rôle, les plastrons peuvent également recevoir une formation spécifique leur permettant d'incarner le rôle d'un malade ou d'une victime de façon crédible.
Les plastrons peuvent être des collègues des participants à l'entraînement, ou des intervenants extérieurs, soit bénévoles soit professionnels.
Théories du complot et diffamation Le terme de « plastron » ou d'acteur de crise a également été utilisé par des complotistes, notamment aux États-Unis, qui affirment, sans fondement, que les fusillades de masse seraient fausses et que leurs victimes ne seraient que des acteurs, et qu'en réalité elles auraient être mises en scène afin d'avancer des buts politiques, comme la règlementation des armes à feu. Cette théorie s'est répandue depuis en vue de discréditer la parole de témoins ou de victimes d'attentats terroristes, de crimes de guerre, ou encore de la Covid-19.
La popularisation de cette théorie dans le milieu complotiste remonte à 2012, lorsqu'un billet de blog du complotiste James Tracy suggérait que les autorités publiques aurait pu faire appel à une agence artistique nommée Visionbox pour les aider à mettre en scène la fusillade de l'école primaire de Sandy Hook. Visionbox proposait aux acteurs une formation théâtrale « sur le comportement criminel et des victimes » afin de « donner un réalisme intense aux simulations d'incidents impliquant de nombreuses victimes dans l'espace public ».
Tracy a également promu une théorie du complot des acteurs de crise concernant l'attentat du marathon de Boston. Les théoriciens du complot prétendirent, de façon inexacte, que ces drames auraient été des « opérations sous fausse bannière » volontairement mises en scène par des autorités publiques ou des entreprises, afin d'atteindre un objectif tel que justifier une surveillance gouvernementale accrue, le désarmement de la population ou une action militaire contre les nations ou les groupes accusés.
Plusieurs proches des enfants tués lors de la fusillade de Sandy Hook ont poursuivi Alex Jones, un influenceur complotiste, pour diffamation, notamment pour avoir affirmé que les victimes de cette fusillade et leur proches seraient des acteurs de crise.
M. Jones a été condamné dans trois instances distinctes à verser la somme totale de plus de 1,4 milliard de dollars aux divers demandeurs au titre des dommages et intérêts subis par eux du fait de la théorie complotiste répandue par Alex Jones.
Au cours d'un des procès, Jones a reconnu que la fusillade de Sandy Hook était « 100 % réelle » et il était d'accord avec son propre avocat qu'il était « absolument irresponsable » de propager des mensonges sur la fusillade et ses victimes.
Pendant la guerre entre Israël et le Hamas commencée en 2023, des accusations selon lesquelles les victimes des deux camps seraient des « acteurs de crise » ont circulé sur les réseaux sociaux, avec l'emploi du mot Pallywood pour les victimes palestiniennes.
Voir aussi Jeu de rôle
Références
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