Bernard Cornut-Gentille, né le à Brest (Finistère) et mort le à , est un homme politique français qui fut préfet, ambassadeur, ministre en 1958-1960 et député. Il est maire de Cannes de 1959 jusqu'à sa démission en 1968, puis de 1971 à 1978.

Biographie

Jeunesse et études Une fois son baccalauréat obtenu, Bernard Cornut-Gentille s'inscrit à l'université. Il obtient une licence de droit et une licence de lettres. Admis à l'École libre des sciences politiques, il en obtient le diplôme.

Parcours professionnel Sous-préfet de Reims (Marne) en 1943, il démissionne pour assister Émile Bollaert, délégué de la France libre, jusqu'en 1944. Il est en 1944 successivement préfet d'Ille-et-Vilaine, de la Somme et du Bas-Rhin. Dans cette dernière fonction, selon Christiane Kohser-Spohn, il a imposé « des questionnaires individuels devant être remplis obligatoirement par tous les citoyens alsaciens et remis impérativement avant le », demandant en outre de signaler les suspects. C’était « ouvrir la voie à la dénonciation et à la délation ». Selon Robert Heitz, qui se vante de l’en avoir dissuadé, il aurait même décidé de « faire déporter dans le Sud-Ouest de la France, sans autre forme de procès, tous les habitants des quatre « noyaux » peu sûrs, à savoir les secteurs de 1) Ittenheim-Furdenheim, 2) Sarre-Union, 3) Bouxwiller-Ingwiller, 4) Hatten-Hunspach ».

Il sera ensuite, en 1948, Haut-commissaire de la République en Afrique-Équatoriale française (AEF) puis, de 1951 à 1956, en Afrique-Occidentale française (AOF). Il est représentant permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies puis ambassadeur en Argentine en 1957.

Un neveu, François Cornut-Gentille, est député de la Haute-Marne depuis 1993 et maire de Saint-Dizier de 1995 à 2017 et l'autre, Pierre Cornut-Gentille, est avocat.

Carrière préfectorale Sous-préfet de Vouziers (Ardennes) : Sous-préfet de Saint-Dié (Vosges) : - Sous-préfet de Reims (Marne) : 1943 Préfet d'Ille-et-Vilaine : Préfet de la Somme : - Préfet du Bas-Rhin : - Directeur des affaires départementales et communales au ministère de l'Intérieur : - Haut-Commissaire de la République, gouverneur général de l’Afrique-Équatoriale française (AEF) : - Haut-Commissaire, gouverneur général de l’Afrique-Occidentale française (AOF) : -

Carrière diplomatique Ambassadeur de la République française auprès des Nations unies et représentant permanent de la France au Conseil de Sécurité : juin – Ambassadeur de France en Argentine : 1957 - 1958.

Parcours politique Fonctions gouvernementales Ministre sans portefeuille du gouvernement de Gaulle III (du au ). Ministre de la France d'Outre-mer du gouvernement de Gaulle III (du au ). Ministre des Postes et Télécommunications du gouvernement Debré (du au ).

L'affaire des barricades d’Alger le conduit à démissionner le , en même temps que Jacques Soustelle et à rompre avec le gaullisme.. Il a été le seul au gouvernement à soutenir Jacques Soustelle qui a, lors du conseil des ministres du , déclaré comprendre les insurgés. Il démissionne de l'UNR en 1962.

Député Parachuté dans les Alpes-Maritimes, il est élu député UNR aux élections législatives de 1958 dans la cinquième circonscription du département (à cette époque Cannes et Antibes) avec des voix au second tour face au communiste Henri Pourtalet.. Il rejoint le groupe UNR mais est rapidement appelé au gouvernement. Lorsqu'il démissionne de ce dernier, il ne retourne pas à l'Assemblée nationale et son suppléant Maxime Roustan continue de siéger jusqu'à la fin de la législature.

Aux élections législatives de novembre 1962 convoquées de manière anticipée après la dissolution de l'Assemblée nationale faisant suite au vote de la motion de censure contre le gouvernement, il se présente dans la même circonscription, cette fois-ci sous l'étiquette du Parti radical.. Il est élu dès le premier tour avec des voix, et siège comme non-inscrit durant toute la législature. De à au moins 1968, il est membre du comité directeur du Centre démocrate... Aux législatives de 1967, au cours desquelles il reçoit le soutien de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), il est réélu de nouveau au second tour avec des voix, et siège toujours comme non-inscrit. Il ne se présente pas aux élections législatives de 1968.

Par la suite, il se rapproche de la gauche au fil des années tout en manifestant une farouche volonté d'indépendance à l'égard des partis. Lors des élections législatives de 1973, il est élu avec des voix au second tour face au gaulliste Pierre Pasquini. Il bénéficie du soutien du Parti socialiste (PS) lors des législatives de 1978 et de 1981 qui sont remportées par Louise Moreau (UDF).

Mandats locaux Il est maire de Cannes une première fois de jusqu'à sa démission en , qui intervient selon ses dires en réaction à la « situation politique générale » et pour s'éloigner d'une « fraction » de son conseil municipal.. Il est de nouveau maire de Cannes de 1971 à 1978. Il est également conseiller général des Alpes-Maritimes de 1963 à 1973, élu dans le canton de Cannes.

Comme maire de Cannes, il a évité une urbanisation excessive de sa ville. , il a mené à bien d'importants travaux d'utilité publique : réalisations sportives et sociales comme la bourse du travail, urbanistiques, comme la couverture de la voie de chemin-de-fer et la construction de la voie rapide, et d'assainissement des vieux quartiers. Sous son mandat, la promenade de la Croisette a été remodelée tout en gardant sa physionomie initiale. La place contigue à l'hôtel de ville de Cannes porte son nom.

Décorations

sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre du Mérite postal Le , Bernard Cornut-Gentille est nommé, à titre exceptionnel, au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur, au titre de . Fait chevalier de l'ordre, il est promu au grade d'officier, à titre exceptionnel, le , au titre de . Fait officier de l'ordre, il est promu au grade de commandeur, le , au titre de .

Il est également titulaire de la médaille de la Résistance française, depuis le .

Le , en tant que ministre des postes, télégraphes et téléphones, il est nommé, de droit, au grade de commandeur de l'ordre du Mérite postal, en qualité de président du conseil de l'ordre.

Bibliographie

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Notes

Annexes

Articles connexes Liste des préfets d’Ille-et-Vilaine, Liste des préfets de la Somme et Liste des préfets du Bas-Rhin Liste des dirigeants de l’Afrique-Équatoriale française Liste des dirigeants de l’Afrique-Occidentale française (et Administrateurs coloniaux au Sénégal) Liste des ministres français de l’Outre-mer et des Colonies Liste des dirigeants des Postes françaises Liste des représentants permanents de la France au Conseil de sécurité de l’ONU Liste des députés des Alpes-Maritimes

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