La chapelle Saint-Vincent de Puy-Saint-Vincent est un lieu de culte catholique situé dans la commune de Puy-Saint-Vincent, dans le département français des Hautes-Alpes.

Remarquable par ses fresques peintes dans un contexte de reconquête catholique sur les vaudois, elle est classée monument historique.

Description Cette chapelle est constituée d'une nef unique en moellon de pierre de taille avec au sud deux fenêtres et une porte en plein-cintre et au nord une autre fenêtre. Elle se termine par une abside en cul-de-four percée d'une fenêtre. Elle a un clocher-arcade et est recouverte d'un même toit d'ardoise à longs pans.. vignette|gauche|Vue extérieure. À l'intérieur, cette chapelle est entièrement décorée de fresques qui forment une frise continue tout le long de la nef, du mur sud jusqu'au mur nord. L'iconographie reprend différents thèmes : le Christ en majesté et les symboles des évangélistes, les apôtres, l'Annonciation, plusieurs saints, sainte Marguerite issant du dragon, le repas chez Simon, le martyre de sainte Catherine d'Alexandrie, le jugement de sainte Lucie, une Vierge à l'Enfant, la lapidation de saint Etienne, une tentation de saint Antoine et différents épisodes de la vie et du martyre de saint Vincent.

La scène du repas chez Simon correspond au texte de l'évangile selon Luc, dans lequel Marie Madeleine oint les pieds du Christ avec du parfum. Précisément, le moment représenté est celui où le Christ, devinant que Simon désapprouve intérieurement le gaspillage que constitue cette dépense de parfum, lui enseigne par une parabole à laquelle Simon répond. Simon parle, en levant la main gauche et en dressant l'index. À ce geste répond celui du Christ, qui désigne Marie Madeleine à ses pieds, représentée devant la table pour être visible mais aussi parce que sa mise en avant permet de rappeler la parole de pardon que lui adresse alors le Christ. La table symbolise l'autel de l'église.

Histoire La chapelle date du . Elle a pu être construite après la prédication de Vincent Ferrier dans la région de 1399 à 1403 ou après sa canonisation en 1455. Les fresques sont datées de vers 1475, après la canonisation de Vincent Ferrier. Leur programme iconographique s'inscrit dans un contexte de reconquête catholique de la vallée de la Vallouise, où les vaudois sont nombreux. Il met en valeur des modèles tirés de l'Ancien Testament, acceptés par les vaudois et des épisodes des vies des saints, qu'ils refusent.

Il donne aussi à voir une morale édifiante par les œuvres, celles de Marie Madeleine oignant les pieds du Christ, de saint Étienne, sainte Marguerite, sainte Catherine, saint Antoine et saint Vincent. Le choix de la version de Luc du repas chez Simon permet d'insister sur le pardon des péchés et le salut assuré à celui qui se repent, qui revient à la foi catholique. Cette scène voisine avec celle de Marguerite sortant du dragon, montrant que les deux femmes, la vierge avalée fidèle et la prostituée repentie, peuvent accéder toutes deux au salut. Cette chapelle, édifiée en territoire vaudois, par son déploiement d'images des saints, est un rappel insistant du dogme catholique.

Au , cette chapelle est un lieu de pèlerinage.

Les peintures murales sont classées au titre d'objets le . et restaurées en 1989. La chapelle, qui appartient à la commune, est elle-même classée monument historique par arrêté du ..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . .

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