La bataille de Willems est un affrontement la guerre de la Première Coalition qui oppose le au niveau du village de Willems près de Courtrai à environ à l'ouest de Bruxelles, l'armée républicaine française, commandée par Charles Pichegru, aux forces de la Coalition, menées par le prince Frédéric d'York. Cette bataille s'inscrit dans une tentative française de contrer une contre-offensive alliée et de poursuivre son offensive en direction des Provinces-Unies, qui avait déjà été couronnée de succès avec la bataille de Mouscron et la prise des villes importantes de Menin et Courtrai. Bien que la bataille de Willems se soit soldée par une défaite tactique française, la victoire remportée à Courtrai le lendemain, conjuguée à la prise de conscience par le duc d'York de son infériorité numérique, entraîna la retraite des Alliés et une victoire stratégique pour les Français, qui conservèrent Menin et Courtrai. Au cours de cet affrontement, l'infanterie française, organisée en carrés, repoussa pour la première fois de la guerre la cavalerie de la Coalition.
Le plan des offensives Pour la campagne du printemps 1794, Lazare Carnot, du Comité de salut public, conçoit une stratégie selon laquelle les armées républicaines françaises attaquent les flancs des forces de la Coalition dans les Pays-Bas autrichiens.. Sur le flanc ouest, reçoivent l'ordre de prendre Ypres, puis Gand, et enfin Bruxelles. Sur le flanc est, doivent progresser vers Liège et Namur afin de couper les communications autrichiennes avec Luxembourg. Pendant ce temps, tiennent le centre de la ligne française près de Bouchain et Maubeuge. Le défaut de cette stratégie d'enveloppement double réside dans le fait que les Alliés peuvent concentrer l'essentiel de leurs forces sur l'une ou l'autre aile française et l'écraser.
Charles Pichegru, le nouveau commandant français, prend le commandement de l'Armée du Nord le .. Auparavant, il avait commandé l'Armée du Rhin.En , l'Armée du Nord compte , dont sont disponibles pour le combat. En incluant les de l'Armée des Ardennes, qui leur est subordonnée, ce qui fait en tout . À la mi-, les unités de l'Armée du Nord en Flandre occidentale étaient, d'Ouest en Est : la division Michaud () à Dunkerque, la division Moreau () à Cassel, la division Souham () à Lille et la brigade Osten () à Pont-à-Marcq.
Au début , les forces de la Coalition, sous le commandement général du prince de Saxe-Cobourg-Saalfeld, sont déployées comme suit. Avec son quartier général à Tournai, Clerfayt commande une armée de Autrichiens, Hanovriens et Hessois sur l'aile droite alliée. Clerfayt est chargé de défendre Menin, Ypres, Nieuport, Orchies et Marchiennes. Ludwig von Wurmb et tient Denain entre l'aile droite et le centre. Le duc d'York et forme le centre-droit, avec son quartier général à Saint-Amand-les-Eaux. Cobourg et tient le centre allié, avec son quartier général à Valenciennes. Guillaume V d'Orange-Nassau et néerlandais forme le centre-gauche, avec son quartier général à Bavay. L'aile gauche, sous les ordres de Franz Wenzel de Kaunitz-Rietberg, compte autrichiens et néerlandais et couvre le terrain entre Bettignies (près de Maubeuge) et Dinant. Sous le regard de François II, empereur du Saint-Empire romain germanique, l'armée principale de la coalition de Cobourg avance le et assiège la forteresse de Landrecies. Le siège de Landrecies commence le et s'achève le par une reddition française..
Mouscron
Le , la cavalerie alliée écrase une colonne française de qui tentait de secourir Landrecies, infligeant pertes et capturant son commandant, le général Chapuy, ainsi que les plans de Pichegru pour la conquête des côtes flamandes. Pendant ce temps, les Français harcèlent les troupes de Wurmb à Denain, contraignant Clerfayt à leur envoyer de son aile droite. Le , la division Michaud, forte de , avance vers Nieuport et Ypres, la division Moreau, forte de , encercle Menin, et la division Souham, forte de , se dirigea vers Courtrai, qu'elle prend. Disposant des plans de Pichegru, Cobourg envoye sur l'aile droite un renfort composé de 12 bataillons d'infanterie et de 10 escadrons de cavalerie sous les ordres de Sir William Erskine, et ordonne aux de Clerfayt, stationnés à Denain, de retourner à Tournai. Il est trop tard ; Souham bat Clerfayt, largement inférieur en nombre, lors de la bataille de Mouscron le , lui infligeant pertes et s'emparant de 23 canons. La nuit suivante, la garnison de la Coalition abandonne Menin. À l'arrière des lignes alliées, les convois de ravitaillement en direction de Gand et de Bruxelles battent en retraite dans la panique.
Contre-offensive des coalisés gauche|vignette|Mouvement de troupes avant la bataille sur le front de l'Armée du Nord. Dès la chute de Landrecies, Cobourg envoye le duc d'York avec le reste de son corps à Tournai. De fortes pluies ralentissent la colonne du duc d'York, qui ne rejoignent les troupes d'Erskine à Tournai que le . York dépêche un détachement vers l'ouest, à Marquain et Lamain, pour relever de Clerfayt qui gardent ces places fortes. Près de Tournai, le corps de York compte , celui de Clerfayt , et la division hanovrienne de Georg Wilhelm von dem Bussche dispose de à à Warcoing et Espierre. Parmi les effectifs de Clerfayt figure une nouvelle brigade britannique commandée par Richard Whyte (, et régiments d'infanterie, et régiment de dragons légers), qui marche depuis Ostende et n'a pas encore rejoint le reste de l'armée.
Le , les commandants des corps alliés élaborent un plan selon lequel Clerfayt traverserait la Lys en aval de Courtrai et attaquerait la ville par le nord. Les forces de Clerfayt comprennent les unités hanovriennes suivantes : les et bataillons de grenadiers, et trois escadrons du régiment de dragons légers. Ses troupes autrichiennes sont composées de deux bataillons de chacun des régiments d’infanterie Clerfayt et Sztáray , du bataillon du régiment d’infanterie Stuart , de huit escadrons du régiment de chevau-léger Latour et du régiment de dragons Kaiser , soit environ .
Simultanément, le duc d'York doit progresser vers l’ouest depuis Tournai afin de couper Courtrai de la base française de Lille.. York estime que les forces françaises au nord de Lille, autour de Menin et Courtrai, étaient au nombre de et se trouvaient principalement au nord de Lille, ce qui lui permettrait de déborder leur aile droite et de les repousser contre Courtrai, ainsi que contre Clerfayt qui arrivait de l'autre côté.
Cependant, bien qu'ayant accepté le plan, Clerfayt hésite d'abord et refuse d'obtempérer jusqu'à recevoir des ordres directs du quartier général impérial.
Pendant ces préparatifs, Cobourg envoye les divisions de Kinsky et de l'archiduc Charles, vers l'est, en direction de Tournai.. D'autres divisions, sous les ordres de Maximilien Antoine de Baillet de Latour, Josef Alvinczy von Borberek et Franz von Werneck, se dirigent vers l'est pour soutenir l'aile gauche de Kaunitz.
Cobourg ordonne à Clerfayt de quitter Tournai et d'attaquer Courtrai. Clerfayt partit donc le et traversa la Lys jusqu'à la rive nord, à Harelbeke. Au même moment, Souham se précipita vers Dottignies, mais manqua Clerfayt et retourna à son camp d'Aalbeke. Le duc d'York commença alors son avancée vers l'ouest.
Malheureusement, les renseignements du duc d'York étaient erronés. Loin d'avoir que , Pichegru en dénombrait en réalité entre et entre Menin et Courtrai, soit deux fois plus. De plus, il avait également ordonné à la division Bonnaud forte de (ex division de Chapuy) de se déplacer de Cambrai à Sainghin-en-Mélantois, couvrant Lille et étendant le flanc droit français sur le front du duc d'York. À l'insu du duc, sa manœuvre de contournement s'était transformée en une attaque frontale contre des forces supérieures en nombre.
La bataille En réponse à l'avancée du duc d'York et de Clerfayt, les Français lancent une attaque contre les forces du duc avec les divisions Souham et Bonnaud, et les brigades Compère et Thierry – soit toutes les forces disponibles dans la région entre l'Escaut et la Lys.
La division Souham, importante, est positionnée sur la rive sud de la Lys et comprend les brigades Macdonald, Daendels, de Winter, Jardon et Malbrancq. Deux brigades indépendantes étaient présentes : celle de Compère près de Lannoy et celle de Thierry à Tourcoing. La division Bonnaud comprend les brigades de Salme, Pierquin et Noël, ainsi que la cavalerie de Baillot-Faral. Bonnaud commande , dont issus de la brigade d'Osten.
Le , Pichegru lance une attaque majeure qui franchit la Marque peu après l'aube. Sur le flanc droit, la brigade d'Osten marcha de Pont-à-Marcq à Bouvines, puis se dirige vers le sud-est en passant par Cysoing. À Bachy, les français rencontrent le régiment d'infanterie autrichien de Kaunitz. Ces deux bataillons, appuyés par trois escadrons de cavalerie, bloquèrent la progression des français et empêchèrent le contournement du flanc gauche du duc d'York. Au nord, Compère entre dans Lannoy tandis que la brigade Thierry avance vers Leers et Néchin et repousse les avant-postes de la Coalition. Selon une source, la division de Souham attaqua les troupes hanovriennes de Georg Wilhelm von dem Bussche à Dottignies et Coeyghem (Kooigem), juste après Mouscron, et les repoussa, mais elles furent chassées d'Espierre.
La division Bonnaud franchit le Marque à Tressin. Les 15 bataillons des brigades Pierquin et Noël occupent Gruson, tandis que la brigade Salme avance sur leur gauche. Après une défense acharnée, les Français chassent les troupes légères britanniques de Baisieux et occupent également Camphin-en-Pévèle. Bonnaud installe une grande batterie de 25 canons sur une crête à l'ouest de Baisieux et de Camphin et commence un bombardement prolongé des positions de la Coalition. Après trois heures de combats, quelques grenadiers autrichiens furent repoussés, mais l'attaque française s'interrompit, son flanc droit exposé entre Camphain et Wannehain, au sud.
Constatant une brèche entre les troupes d'Osten et le flanc droit de Bonnaud, le duc d'York décida d'envoyer seize escadrons de cavalerie dans la plaine au sud de Lamain afin de se positionner pour attaquer. Cette force de cavalerie, commandée par William Harcourt, est composée de deux escadrons de chacun des 1er, et 6th Dragoon Guards, des , 11e, 15e Hussars et régiments de dragons légers, et du régiment de hussards autrichien Erzherzog Leopold. Maximilian de Merveldt, officier de liaison autrichien du duc d'York, connaissait bien le terrain et guida la cavalerie jusqu'à sa mise en position. Une autre source mentionne la présence des , et Dragoon Guards. Bien que le terrain est plat et non clôturé, les cultures de colza locales semées en sillons rendent les charges de la cavalerie alliée difficiles. Voyant la cavalerie approcher, l'infanterie française se forma en carrés.
La cavalerie alliée chargea à neuf reprises, mais sans parvenir à percer les carrés. La lenteur des charges étant telle que l'infanterie française tint bon. Le 6th Dragoon Guards chargea un carré français positionné derrière un champ de colza. Les sillons fauchèrent de nombreux chevaux et ce seul régiment perdit (tués, blessés et disparus), ainsi que 95 chevaux tués. Pour sortir de l'impasse, le duc d'York envoya en avant la brigade d'infanterie Fox (14e, et régiments d'infanterie). Son flanc sud étant pris à revers, la division Bonnaud commença à se replier de Camphin vers le nord, couverte par la cavalerie française. Alors que la cavalerie de la Coalition la poursuivait, elle fut prise sous le feu de la grande batterie française. À ce moment-là, six escadrons britanniques supplémentaires vinrent renforcer la masse de la cavalerie alliée. Il s'agissait des , et Dragoon Guards.