300px|alt=Carte de l'Océanie avec les villes étapes de la tournée|link=Fichier:Oceania location map.svg
La tournée des Lions britanniques de 2019 est une série de test-matchs de rugby à XIII disputée à l’automne 2019 par la sélection réunissant les meilleurs joueurs d’Angleterre, d’Écosse, du Pays de Galles et d’Irlande sous la bannière historique des « Great Britain Lions ». Il s’agit de la première tournée des Lions depuis 2007, marquant le retour d’une entité commune britannique après plus d’une décennie d’interruption, période durant laquelle les nations constitutives avaient engagé leurs propres équipes nationales.
Le projet de relance, porté par la Rugby Football League (« RFL »), visait à renouer avec la tradition des grandes tournées des décennies 1960 à 1990, tout en renforçant la visibilité du rugby à XIII britannique sur la scène internationale. Les Lions disputent quatre rencontres sur le sol de l'hémisphère Sud : deux face à la Nouvelle-Zélande et deux contre des sélections du Pacifique, Tonga et Papouasie-Nouvelle-Guinée.
La tournée s’achève sur un échec sportif puisque les « Lions » s’inclinent lors de leurs quatre rencontres, suscitant un vif débat au Royaume-Uni sur la pertinence de cette reformation et sur la place du rugby à XIII britannique dans la hiérarchie mondiale. Elle constitue néanmoins un moment symbolique, ravivant le souvenir des grandes épopées des Lions et témoignant de la volonté de la RFL de reconstruire une identité commune au-delà des frontières nationales.
Contexte thumb|James Graham est désigné capitaine de la sélection des « Lions britanniques » pour cette tournée. La tournée de 2019 marque le retour des Lions britanniques sur la scène internationale, douze ans après leur dernière apparition, en 2007, lors d’une série victorieuse face à la Nouvelle-Zélande. Après la Coupe du monde 2008, la Rugby Football League (« RFL ») avait décidé de suspendre l’équipe unifiée du Royaume-Uni au profit de sélections nationales distinctes — Angleterre, Écosse, pays de Galles et Irlande — afin de favoriser le développement du rugby à XIII dans chacune de ces nations.
Pendant plus d’une décennie, la Grande-Bretagne ne dispute donc aucune rencontre officielle, laissant l’Angleterre incarner la principale puissance britannique sur la scène internationale. Sous la direction de Wayne Bennett, nommé sélectionneur en 2016, l’Angleterre atteint la finale de la Coupe du monde 2017, perdue face à l’Australie (6–0), puis remporte une série de tests face à la Nouvelle-Zélande en 2018.
En 2019, la RFL décide de réactiver l’équipe des Lions afin de renouer avec la tradition des grandes tournées britanniques du siècle. L’objectif est double : redonner une identité commune au rugby britannique et préparer la Coupe du monde 2021 organisée en Angleterre. La tournée doit permettre aux joueurs anglais, écossais, gallois et irlandais de se retrouver sous un même maillot, bien que la sélection, composée quasi exclusivement d’internationaux anglais, suscite des critiques sur son manque de représentativité.
Le programme initial comprend quatre test-matchs : contre les Tonga, puis deux contre la Nouvelle-Zélande et un dernier face à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’équipe, conduite par leur capitaine James Graham (St Helens) et emmenée par des cadres comme Gareth Widdop, John Bateman et Josh Hodgson, ambitionne de renouer avec le prestige historique des « Lions ».
Déroulement de la tournée
Test match 1 : les Lions surpris par les Tonga
thumb|Michael Jennings est l'un des artisans de la victoire tongienne. Le , au FMG Stadium de Hamilton (Nouvelle-Zélande), les Tonga affrontent la Grande-Bretagne pour le premier test match de la tournée des Lions, qui effectuent leur retour sur la scène internationale après douze ans d’absence. Devant spectateurs, la sélection tongienne s’impose 14 à 6, confirmant sa place parmi les nations majeures du rugby à XIII mondial.
Avant le coup d’envoi, une minute de silence est observée en hommage à Mike McClennan, ancien sélectionneur du Tonga et entraîneur de St Helens. Dirigée par Kristian Woolf, l’équipe tongienne débute avec un effectif remanié, privé d'Ata Hingano et de Kotoni Staggs, remplacés respectivement par Tesi Niu, 18 ans, titularisé à l’arrière, et Konrad Hurrell au centre.Le début de rencontre est à l’avantage de la Grande-Bretagne, mais la défense tongienne, très agressive, prend progressivement le dessus. Les Lions peinent à sortir de leur camp, accumulent les fautes de main et concèdent deux renvois sous les poteaux. À la demi-heure de jeu, un ballon mal contrôlé par Gareth Widdop et Lachlan Coote permet à Michael Jennings d’inscrire le premier essai du match, transformé par Sio Siua Taukeiaho (6-0). Dans les dernières secondes de la première période, les Tongiens réalisent une action collective spectaculaire : après une série de passes successives, Jennings adresse un coup de pied rasant pour Sione Katoa, qui marque en coin. Taukeiaho réussit la transformation depuis la touche, donnant à Tonga un avantage de 12-0 à la pause.
La Grande-Bretagne tente de réagir au retour des vestiaires. Oliver Gildart croit inscrire un essai à la minute, mais la vidéo confirme que David Fusitu'a le devance de justesse en-but. Peu après, Gildart quitte le terrain, touché à l’épaule, tandis que Luke Thompson doit également renoncer, blessé aux côtes. Profitant d’une faute adverse à dix mètres de la ligne, Taukeiaho ajoute une pénalité (14-0). À onze minutes de la fin, John Bateman marque pour les Lions, Widdop transformant (14-6), mais la défense tongienne résiste jusqu’à la sirène finale.
Cette victoire confirme la progression du rugby tongien sur la scène internationale, deux ans après le succès historique contre la Nouvelle-Zélande en Coupe du monde 2017. Malgré les dissensions internes entre la fédération et les joueurs, qui ont conduit à la création d’une sélection « invitational », les Tongiens affichent une cohésion remarquable et un engagement constant. Michael Jennings, auteur d’un essai et d’une passe décisive, est considéré comme le principal artisan du succès, tandis que le jeune Tesi Niu impressionne par sa maturité et son activité défensive.
Côté britannique, cette défaite ternit le retour des Lions après douze ans d’absence. L’équipe de Wayne Bennett, composée de cadres de Super League et de NRL, apparaît dominée physiquement et en manque de repères collectifs. Le sélectionneur se déclare néanmoins confiant pour la suite de la tournée, qui doit se poursuivre face à la Nouvelle-Zélande à Eden Park une semaine plus tard.
Test match 2 : Les Kiwis dominent les Lions à Eden Park
thumb|L'arrière néo-zélandais des « Kiwis », Roger Tuivasa-Sheck, s’est illustré par une action décisive et une défense exemplaire. Le , la Nouvelle-Zélande affronte la Grande-Bretagne à l'Eden Park d’Auckland pour le premier des deux test-matchs de leur série, dans le cadre de la tournée des Lions britanniques en Océanie. Devant plus de spectateurs, les Kiwis s’imposent 12 à 8 à l’issue d’une rencontre accrochée, marquée par la solidité défensive et le manque d’inspiration offensive des deux équipes.
Les deux sélections se retrouvent pour la première fois dans une série de test-matchs depuis 2007, où la Grande-Bretagne avait remporté les trois confrontations et soulevé la « Baskerville Shield ». Douze ans plus tard, le contexte est tout autre : la Nouvelle-Zélande reste sur une lourde défaite contre l’Australie (4–26), tandis que la Grande-Bretagne vient d’être battue 14–6 par les Tonga à Hamilton.
Le match d’Auckland débute sur un rythme prudent, les deux équipes privilégiant la conservation du ballon. Cinq minutes seulement après le coup d’envoi, le Néo-zélandais Kieran Foran doit quitter le terrain, victime d’une luxation de l’épaule. Deux minutes plus tard, Jamayne Isaako ouvre le score sur pénalité (2–0), avant que Gareth Widdop ne réplique au pied pour les Lions, portant le score à 2–2 à la mi-temps.
La rencontre s’anime en seconde période grâce à un éclair de Roger Tuivasa-Sheck. Le capitaine néo-zélandais transperce la défense britannique, attire plusieurs défenseurs et transmet acrobatiquement à Isaako pour le premier essai du match. Ce dernier transforme (8–2). Trois minutes plus tard, un essai de Briton Nikora est annulé pour en-avant, mais les Kiwis accentuent leur domination : Corey Harawira-Naera s’impose en puissance dans l’en-but malgré quatre plaqueurs. Isaako ajoute la transformation pour porter le score à 12–2 à l’heure de jeu.
La tension monte à l’approche du dernier quart d’heure, marquée par plusieurs échauffourées après un plaquage en retard de Joseph Tapine sur James Graham. Les Lions retrouvent un sursaut d’énergie en fin de rencontre : Daryl Clark marque à la minute après un offload d’Alex Walmsley, et Widdop transforme (12–8). À quatre minutes du terme, Jermaine McGillvary pense égaliser dans le coin, mais Kenny Bromwich réalise un plaquage décisif qui fait échapper le ballon à l’ailier anglais dans l’en-but.
Malgré cette fin de match animée, les Kiwis conservent leur avantage et s’imposent logiquement 12–8. Roger Tuivasa-Sheck, omniprésent en attaque comme en défense, est salué pour son influence sur le jeu néo-zélandais. Pour la Grande-Bretagne, cette deuxième défaite consécutive en tournée illustre une attaque encore en rodage, malgré une meilleure discipline et davantage d’occasions que face à Tonga. Wayne Bennett, le sélectionneur des Lions, se veut toutefois optimiste, estimant que son équipe « progresse dans le bon sens » malgré les blessures de Ryan Hall (genou) et Oliver Gildart (épaule).
Test match 3 : les Lions balayés par les Kiwis
thumb|Jamayne Isaako s’est illustré par son sang-froid au pied et son influence décisive au tableau d’affichage. Le , la Nouvelle-Zélande affronte la Grande-Bretagne à l'Orangetheory Stadium de Christchurch pour le second test-match entre les deux équipes et le troisième match de la tournée des Lions britanniques en Océanie. Les Kiwis s’imposent 23 à 8 à Christchurch, remportant ainsi la série face à la Grande-Bretagne par deux victoires à zéro, leur première victoire de série contre les Lions depuis vingt et un ans et condamnant les Lions à un troisième revers consécutif .
Après une entame équilibrée et deux pénalités rapidement échangées entre Jamayne Isaako et Gareth Widdop (2–2), les Néo-Zélandais prennent l’ascendant à la minute : Joseph Manu résiste à trois défenseurs pour inscrire le premier essai du match. Isaako ajoute ensuite deux pénalités avant que Shaun Johnson, de retour à la charnière, ne réalise une action individuelle décisive en mystifiant la défense britannique pour marquer le deuxième essai. Avec la transformation, les Kiwis mènent 16–2 à la mi-temps.
La supériorité néo-zélandaise se confirme au retour des vestiaires. L’ailier Ken Maumalo conclut une séquence de passes rapides par une spectaculaire plongée en coin, portant le score à 20–2. La Grande-Bretagne, remaniée et affaiblie par les blessures de Ryan Hall, Oliver Gildart et Zak Hardaker, aligne exceptionnellement Blake Austin, habituel demi, sur l’aile. Malgré ce dispositif improvisé, les Lions retrouvent un peu d’élan lorsque Josh Hodgson profite d’un offload de Josh Jones pour inscrire un essai transformé par Widdop (20–8). Deux essais britanniques sont ensuite refusés par la vidéo, avant qu’Isaako ne scelle la victoire par un drop goal et une ultime pénalité (23–8).
Cette rencontre confirme la domination néo-zélandaise, portée par le duo Shaun Johnson – Benji Marshall à la création et la puissance du pack emmené par Jared Waerea-Hargreaves. Isaako, auteur de onze points, marque également les esprits en réussissant l'un de ses meilleurs matchs sous le maillot noir, disputé dans sa ville natale de Christchurch devant son père gravement malade.