L'affaire Airbus libyenne est une affaire politico-financière, révélée pendant l'enquête lors du procès Sarkozy-Kadhafi, et concerne la vente de 12 avions Airbus à la Libye en 2006. Elle met en jeu le versement de financements occultes à divers intermédiaires lors de la vente.

Description En 2006, Airbus a vendu 12 avions à la Libye (trois A319, six A320 et trois A330) pour la somme de 800 millions d’euros.

L’accusation estime qu’Airbus aurait versé au total 12 millions d’euros à divers intermédiaires, sans qu’aucun travail réel ne soit identifiable. Après avoir visité les usines d’Airbus à Blagnac en compagnie d’Alexandre Djouhri, le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf Al‐Islam Kadhafi aurait touché la somme de 4 millions d’euros de l’avionneur.

Édouard Ullmo, ancien cadre d'Airbus, a été interpellé le à Courchevel, où il séjournait avec son épouse. Placé en garde à vue puis déféré devant les juges, il a nié avoir donné quelconque ordre de virement.

Alexandre Djouhri Revendiquant un rôle important dans la vente d’avions à la compagnie libyenne Afriqiyah, Alexandre Djouhri réclamait une commission de 15 millions d’euros. Il n’en a finalement touché que deux. Il déclare avoir convaincu Bechir Saleh, président du fonds souverain Libya Africa Investment Portfolio (LAP) qui finançait l'opération, de choisir Airbus.

Les 2 millions d’Airbus effectivement perçus sont passés par Hong Kong et Singapour par deux intermédiaires ayant reconnu avoir servi de double écran. Le tribunal s'est intéressé à un virement de 2 millions d’euros reçu en sur un compte UBS à Singapour de la part de la société thaïlandaise Network, agent habituel d’Airbus, avec sur l’ordre de virement: « commission to friend ».

Selon les témoignages d’anciens cadres d’Airbus, Claude Guéant aurait fait pression sur un responsable du groupe aéronautique pour que des fonds soient versés à son ami Alexandre Djouhri en lien avec les avions vendus à Kadhafi en 2006.

Reconnaissance d'Airbus La société Airbus a reconnu les faits quant aux commissions occultes versées en marge du marché libyen en signant, en 2022, une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP), qui lui a permis d’éviter un procès contre le paiement d’une amende, pour un montant de 15 millions d’euros d’amende dans cette affaire.

Ces multiples affaires ont forcé le constructeur aéronautique à mener une opération « mains propres » sur fond de guerre économique, comme le raconte le documentaire « La bataille d’Airbus ».

Références

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