Le centre pénitentiaire de Fresnes, couramment appelé la prison de Fresnes, est un établissement pénitentiaire français situé à Fresnes, dans le département du Val-de-Marne, en région Île-de-France. Conçue par l'architecte Henri Poussin et inaugurée en 1898, elle est la première prison parisienne à ne pas être construite dans Paris intra-muros mais dans un village proche, aujourd'hui en banlieue sud de la capitale.
À l'époque de sa construction, son architecture innove par ses individuelles répondant à l'exigence d'emprisonnement individuel posé par la loi du et par son approche hygiéniste favorisant la circulation de l'air. Prévue pour un maximum de , elle était à son ouverture la plus grande prison du monde. Ses conditions de détention en font la prison la plus moderne du (eau courante, chauffage alimenté par la vapeur, éclairage électrique, lit métallique, douches, monte-charges, ascenseurs). L'établissement fait d'ailleurs l'objet d'un recensement à l'inventaire général du patrimoine culturel depuis 1995.
L'établissement regroupe aujourd'hui plusieurs quartiers soumis à des régimes de détention différents, d'où son appartenance à la catégorie des centres pénitentiaires : la maison d'arrêt des hommes, la maison d'arrêt des femmes, le centre national d'évaluation, l'unité hospitalière sécurisée interrégionale, l'unité hospitalière spécialement aménagée et le centre pour peines aménagées de Villejuif. Le domaine pénitentiaire comprend également l'établissement public de santé national de Fresnes, héritier de l'infirmerie centrale des prisons de la Seine.
Avec Fleury-Mérogis et la prison de la Santé, Fresnes est l’un des trois principaux établissements pénitentiaires de la région parisienne, et aussi l'un des plus importants de France. Comme la plupart des maisons d'arrêt, il est touché par une importante surpopulation carcérale qui s'ajoute à la vétusté des bâtiments, lesquelles participent à la dégradation des conditions de détention et de travail du personnel.
Histoire thumb|Prison de Fresnes (inauguration en juillet 1898). thumb|right|Médaille de l'inauguration des prisons de Fresnes-les-Rungis. La prison fut construite de 1895 à 1898 par l'architecte Henri Poussin. Une médaille fut frappée à cette occasion par le graveur Oscar Roty. L'architecture mise en place est innovante et fonctionnelle, elle sera connue sous le nom de plan « en pôle téléphonique ». Pour la première fois, les blocs cellulaires sont disposés perpendiculairement à un corridor central, qui dessert les autres blocs et les pièces communes. Elle servira de modèle pendant près d'un siècle à bien d'autres prisons en France comme les Baumettes à Marseille, ou aux États-Unis, Rikers Island à New York.
En 1978, l'administration décida d'y faire entreposer la guillotine, désirant faire de la prison le seul lieu habilité aux exécutions capitales en France, un emplacement spécial en béton étant réservé pour monter l'instrument. Cependant, la « veuve » y restera muette, les derniers détenus qui ont été transférés à Fresnes en vue de leur éventuelle exécution ayant tous été graciés ou ayant eu leur peine convertie à la suite de l'abolition de la peine de mort.
En 2008, une unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) est créée au sein de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Elle est rattachée à la maison d'arrêt de Fresnes.
En 2009, à la suite de l'intégration du centre pour peines aménagées de Villejuif (CPA de Villejuif) la Maison d'arrêt de Fresnes devient centre pénitentiaire de Fresnes.
En 2011, le centre pénitentiaire de Fresnes se voit adjoindre une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) crée au sein du centre hospitalier Paul-Guiraud à Villejuif.
Depuis de nombreuses années, elle est régulièrement pointée du doigt en raison de sa vétusté, sa surpopulation et des conditions de vie fortement dégradées.. La prison est notamment infestées par les rats et les punaises de lit. Le , alors que la Cour européenne des droits de l'homme condamne la France en raison de sa surpopulation carcérale, elle mentionne le centre pénitentiaire de Fresnes aux côtés de cinq autres établissements pénitentiaires.
Description thumb|Le CP de Fresnes.Il y a trois principaux types d’établissements pénitentiaires en France (hors établissements de semi-liberté et centres de détention pour étrangers ou pour mineurs) : maisons d’arrêt, centres de détention et maisons centrales, ces deux derniers étant des établissements pour peine, c’est-à-dire des prisons pour personnes condamnées, à la différence des maisons d’arrêt censées n’accueillir que des personnes prévenues (en attente de jugement) et des personnes condamnées à des reliquats de peine inférieurs à deux ans.
L’organisation actuelle du centre pénitentiaire de Fresnes est complexe. Elle est due, notamment, à son statut très particulier, voire unique, dans le parc carcéral français.
D’abord, le CP de Fresnes est réputé pour être un établissement « école », où les évolutions ne sont pas simples à mettre en place en raison de l'architecture difficilement modifiable (considérée comme patrimoine de la nation). Nombreux est le personnel de surveillance qui y fait un stage ou ses premiers mois au service de l’État. Autre spécificité : Le domaine pénitentiaire de Fresnes accueille également la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris (DISP), chargée de la région Île-de-France, alors que les sièges institutionnels des services déconcentrés de l’État sont quasiment toujours installés dans la capitale. Fresnes a été préféré comme siège de la DISP au domaine de Fleury-Mérogis, pourtant la plus grande prison d'Europe, ou encore à la prison de la Santé, située dans Paris.
Ensuite, c’est le second établissement de France par sa taille et le nombre de personnes incarcérées ( et une centaine de femmes en ), après Fleury-Mérogis (maison d’arrêt de l’Essonne, la plus grande d’Europe avec environ ).
Elle est par ailleurs surnommée dans la pénitentiaire « la gare de triage », en raison du grand nombre de détenus en attente d'affectation dans un établissement pour peine (centre de détention ou maison centrale). Les périodes de transfert peuvent courir sur plusieurs années en raison du numerus clausus ( = ) en vigueur dans les établissements pour peines.
En outre, la fermeture temporaire de la maison d'arrêt de Paris la Santé pour une réhabilitation complète entraîne une répartition des détenus sur les autres établissements.
Ainsi, le centre pénitentiaire de Fresnes est divisé en plusieurs structures et plusieurs bâtiments.
La maison d’arrêt hommes (MAH) (« Le Grand quartier ») C'est le bâtiment principal du domaine pénitentiaire et du centre pénitentiaire de Fresnes.
Cette maison d’arrêt hommes est divisée en trois divisions, elles-mêmes réparties en aile Nord et en aile Sud le long d'un grand couloir central (dont le parquet est classé aux monuments historiques). Les divisions sont « étanches » entre elles afin, notamment, de permettre d’incarcérer des personnes mises en cause dans une même affaire sans qu’elles aient la possibilité de communiquer. Elles respectent toutes le principe de la séparation prévenus-condamnés.
Il y a entre 600 et par division selon les périodes. On peut définir les grands axes de répartition entre les trois divisions en abordant les spécificités de chacune : la accueille le quartier arrivant, le quartier isolement, le quartier médiatique, des ateliers, le quartier spécialement adapté (QSA), le centre national d'évaluation de Fresnes et un quartier de semi-liberté (QSL) Le centre national d'évaluation (CNE), appelé jusqu'en 2010 « centre national d'observation » (CNO), est situé au sein de la , c’est un secteur où sont « observés » pendant six semaines des détenus considérés comme difficiles et condamnés à de lourdes peines ( et plus)Fresnes - Établissement pénitentiaire - maison d'arrêt, sur le site annuaires.justice.gouv.fr, consulté le 24 novembre 2012 afin de les orienter vers des établissements pour peines correspondant à leurs profils. Il peut, sur demande du juge d'application des peines, observer des condamnés toujours à de longue peine qui entrent dans une phase d'aménagement de peines. Dans l'attente d'une place en établissement pour peine les détenus en fin de cycle CNE sont placés en . Le CNE est indépendant du reste de la détention. Le Quartier Spécialement Adapté est un secteur pour une prise en charge psy. C'est un « hôpital de jour » puisque le personnel médical n'est présent sur cette structure qu'en journée. la accueille les détenus en transit CNE, les cellules PMR (personnes à mobilité réduite) et une cellule CProU (cellule de protection d'urgence) la accueille un centre scolaire, des ateliers, une salle polyvalente d'une capacité de (historiquement appelée « chapelle ») et le quartier disciplinaire
La maison d’arrêt femmes (MAF) La maison d'arrêt femmes est située au bout de l'allée du domaine pénitentiaire, c'est un bâtiment distinct de la MAH. On y dénombre entre 80 et . Le nombre relativement peu élevé de femmes incarcérées permet en règle générale l'encellulement individuel et d’accéder assez facilement au travail. Nombreuses sont les détenues de nationalité étrangère impliquées dans le transport de produits stupéfiants.
Depuis 2015, la MAF de Fresnes dispose d'un quartier de semi-liberté de quatre places (QSL)
NOTA : L'enceinte de la MAF accueille également une unité spécialisé : Les ERIS (équipe régionale d'intervention et de sécurité) de la DISP de PARIS
L'UHSI (unité hospitalière sécurisée inter-régionale) Cette structure dépendante du centre pénitentiaire de Fresnes est délocalisée puisqu'elle est située dans l'enceinte de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. C'est donc un des satellites qui compose le CP. Elle accueille les « patients-détenus » pour des soins ambulatoires. Gérée conjointement par du personnel pénitentiaire et du personnel médical, l'UHSI a une vocation inter-régionale. La durée moyenne du séjour d'un « patient-détenu » est de .
L'UHSA (unité hospitalière spécialement aménagée) Ouverte en 2014, cette structure de , dépend également du Centre Pénitentiaire de Fresnes. Elle est délocalisée à Villejuif au sein du groupement hospitalier Paul Guiraud. C'est un des satellites qui compose le CP. L'UHSA accueille les « patients-détenus » pour des soins psychiatriques. Les unités de soins sont gérées exclusivement par du personnel médical. Le personnel pénitentiaire assure la garde périmétrique de la structure et effectue le transfert des détenus entre leur établissement et l'UHSA.
Le QPA (quartier pour peines aménagées) À l'origine c'est un établissement indépendant (CPA : centre pour peines aménagées) qui est situé sur la commune de Villejuif. Il est rattaché à la prison de Fresnes en 2009. C'est ce rapprochement qui transforma l'appellation de « Maison d'arrêt de Fresnes » en centre pénitentiaire de Fresnes puisque Fresnes aura dès lors plusieurs régimes de détention.
Il est composé de deux secteurs : Un quartier de semi-liberté (QSL) de qui permet aux personnes détenues d'effectuer leur peine en partie en prison et en partie a l’extérieur Un quartier pour peines aménagées (QPA) de qui permet à des personnes détenues sans projet de sortie de se réadapter à la société sous un régime progressif et contrôlé
Détenus notables