Le VII congrès du Front national se tient du au à Versailles, ville « symbole du passé historique de la France » comme la présente Jean-Marie Le Pen à la tribune.

Ce congrès marque le lancement de la campagne des législatives de 1986 pour le parti.

Contexte Le , Jean-Marie Le Pen fait, avant le VII congrès, sa deuxième apparition dans L'Heure de vérité devant 17 millions de téléspectateurs (record d’audience). Le parti obtient également quelques jours avant le congrès des bons résultats dans une cantonale partielle en Haute-Savoie en obtenant .

En amont du congrès, le Front national annonce plusieurs ralliements importants : le président de la Cour d’assises de Paris André Giresse ; Henri Yrissou, inspecteur des finances et ancien directeur de cabinet d'Antoine Pinay ; et le président Valabregue, ancien vice-président gaulliste de l’Assemblée nationale.

Élections internes vignette|Jean-Marie Le Pen à la tribune du VII congrès. Des modifications sont apportées aux statuts : dorénavant le président du parti est élu par le congrès et non plus par le comité central. Le samedi 2, le président du Front national est réélu par acclamation par les congressistes. Jean-Marie Le Pen ironise alors en disant : « Une unanimité presque soviétique, à une différence près : chez nous, il n’y a pas de Goulag ! ».

Comme lors des précédents congrès, des listes confectionnées par Jean-Pierre Stirbois circulent. Elles tentent d’écarter les proches du duo Le Pen-Le Chevallier. Il reproche à ce dernier de vouloir faire du FN « le creuset de toutes les tendances de la droite au prix de tous les compromis ».

Le président du FNJ Carl Lang arrive en tête du comité central avec 17 130 voix suivi par Roger Holeindre avec 17 030 voix. Dans les 10 premiers nous retrouvons ensuite Olivier d’Ormesson, Bernard Antony, Pierre Durand, Michel Collinot, Jean-Pierre Stirbois, Michel de Camaret, Yves de Verdilhac, et Jean-François Jalkh.

Déroulement du congrès À l’ouverture du congrès, Jean-Marie Le Pen commence par l’accueil des invités étrangers : une délégation de l’Alliance nationale de Berne, de Vigilance de Genève, de l'EPEN grec et du MSI représenté par son secrétaire général Giorgio Almirante et son épouse.

Le congrès du Front national se déroule à huis clos, sauf lors des discours du président Jean-Marie Le Pen. Lors de son discours, Le Pen donne rendez-vous à tous « ses détracteurs » en , espérant un « petit chelem ». Il annonce en ce sens qu’il .

vignette|centre|Tribune du VII congrès.|548x548px

La journée du congrès est consacrée au travail des dix « forums » et à l’adoption d’un programme en vue des prochaines élections législatives et régionales. Les forums traitent de sujets variés comme « la priorité et la dignité des Français face à l’emploi » ou encore « la France, moteur de l’Europe ».

C’est à l’occasion de ce congrès que le programme électoral des législatives intitulé « Pour la France » et axé sur la préférence nationale est officiellement diffusé pour faire concurrence à la plateforme RPR-UDF, marquée elle aussi par .

Jean-Pierre Stirbois développe à la tribune l’idée que le FN doit attirer l’électorat populaire. Son ambition est de parvenir à faire voter . Deux principes dominent : donner une assise électorale de plus en plus large au FN et développer son discours social. Le programme est adopté à la quasi-unanimité. Celui-ci se polarise sur ce qu’il qualifie de .

L’après-midi est réservé à l’intervention des différents rapporteurs des commissions permanentes du Front national, qui soumettent aux congressistes les travaux de leurs groupes. C’est ainsi que Jean-Claude Martinez pour la politique générale et les institutions, Michel de Poncins pour l’économie et les finances, Gérard Prioux pour l’immigration, Germaine Burgaz pour la famille, Martial Bild pour la culture, le colonel Champagne pour la défense et Olivier d’Ormesson pour la politique extérieure se succèdent à la tribune.

Analyses Pour l’historienne Valérie Igounet, le FN ne se contente pas lors de ce congrès de confirmer sa nouvelle stratégie électorale de rassemblement des déçus de la droite, il affirme vouloir s’ouvrir à d’autres catégories sociales (ouvriers, agriculteurs, employés) et les appelle à rejoindre le FN qui défendrait . Selon elle, les médias et la classe politique perçoivent alors le FN comme un mouvement franchissant une étape supplémentaire vers sa reconnaissance.

Ce congrès intervient alors que le Front national réalise une nouvelle percée sur le plan national le avec 10,95 % des suffrages exprimés lors des élections européennes. Ce score lui ayant permis d'avoir dix élus au Parlement européen. Pour le politologue Pascal Perrineau, cela marque « la véritable « entrée en politique » du Front national.

Références

7 Catégorie:1985 en France