Le Niruyeh Moghavemat Basij (en français : « force de mobilisation de la résistance »), couramment appelé le Bassidj (transcrit aussi en Basij, le mot persan signifiant « mobilisé »), est une force paramilitaire iranienne fondée par l'ayatollah Rouhollah Khomeini en novembre 1979 afin de fournir des jeunes volontaires populaires aux troupes d'élite dans la guerre Iran-Irak.

Présentation thumb|right|L'emblème des bassidjis. Faisant partie du corps des gardiens de la révolution islamique, les bassidjis sont chargés de la sécurité intérieure et extérieure de l'Iran. Un membre de cette force est appelé bassidji.

Recrutement

Au début de la république islamique et de la guerre Iran-Irak, les bassidjis sont recrutés principalement parmi les jeunes adolescents qui s'étaient engagés, pleins d'espoir, dans la révolution, et qui refusent désormais l'usure de l'utopie à l'œuvre dans la majorité de la population, et parmi les jeunes chômeursFarhad Khosrokhavar, « "Bassidje", auxiliaires juvéniles de la révolution iranienne », Cultures et Conflits, 18, été 1995.. La jeunesse populaire, qui espère une promotion au front ou après, au sein de l'appareil d'État, est nombreuse à s'engager au Bassidj. Les bassidjis, qui sont près d'un demi-million à s'être engagés pendant la guerre, ont alors été employés comme chair à canon (ou candidats au chahid). Du fait de ses spécificités (vie sacrifiée à la révolution khomeiniste, aisance relative comparé aux difficultés socio-économiques de l'Iran, cohésion exceptionnelle du groupe, etc.), le Bassidj a pu être qualifié de « contre-société ».

À la fin de la guerre en 1988, le successeur de Khomeini, l'ayatollah Ali Khamenei, décide de ne pas les démanteler et d'en faire une milice chargée de la sécurité intérieure"Les bassidji, milice poreuse du régime iranien" d'Olivier Tesquet, L'Express, 17 juin 2009.. Celle-ci sert également à encadrer des jeunes majoritairement défavorisés et sans emploi. Au contraire des gardiens de la révolution, leur engagement idéologique est fragile et bon nombre d'entre-eux s'engagent pour des raisons uniquement matérielles, car leur statut de bassidji peut leur permettre d'accéder à l'université où des places leur sont réservéesSelon Azadeh Kian-Thiébaut, sociologue au centre Monde Iranien du CNRS, cité par L'Express, "Les bassidji, milice poreuse du régime iranien", 17 juin 2009.. Leurs privilèges sont néanmoins bien moindres que ceux accordés pendant la guerre. En général, les bassidjis ne portent pas d'uniforme militaire et évoluent en civil.

Organisation

La force Bassidj constitue la cinquième branche du corps des gardiens de la révolution islamique. Elle est constituée des brigades « Imam Hossein » et « Imam Ali », qui sont chargées des menaces à la sécurité..

La force Bassidj est présente dans de nombreuses composantes de la société iranienne, et notamment parmi : les élèves du primaire (Basij-e Danesh-Amouzi) les étudiants (Basij-e Daneshjouyi) la fonction publique (Basij-e Edarii) les tribus

Le bureau de Téhéran répertorie également un « Bassidj des guildes » (Basij-e Asnaf) et un « Bassidj du travail » (Basij-e Karegaran).

Commandement

N° PortraitNomDates de naissance et de décès Prise de fonction Départ Durée du mandat Réf 1 Amir Majd 2 (né en 1946) 3sans_cadre|80x80px(né en 1943) 4sans_cadre|99x99px(né en 1951)5sans_cadre|102x102pxMohammad Hejazi(1956–2021)199820076sans_cadre|99x99pxHossein Taeb(1963-)20072009.7sans_cadre|80x80px200920168sans_cadre|104x104px20162019.9sans_cadre|96x96pxGholamreza Soleimani(1964-2026)201917 mars 2026 (assassiné).

Effectifs Le général de brigade commandant le Bassidj, Mohammad Hejazi, estimait le nombre de bassidjis à en et à en . Le , il a affirmé que les bassidjis comptaient plus de de membres dans le pays. Selon d'autres sources, ils seraient . Des sources russes ont affirmé que l'Iran planifiait de créer une troisième force terrestre qui compterait un million de bassidjis. Cependant, ces plans n'ont pas été confirmés par l'Iran..

Rôle Le Bassidj constitue une « force d'intervention populaire rapide ». D'après Mohammad Hejazi pour l'agence de presse Fars : . Il a aussi décrit la « prohibition du vice » et la « promotion de la vertu » comme la « politique divine » des bassidjis. D'après l'Institut jordanien de diplomatie et GlobalSecurity.org, ils servent aussi à faire respecter les codes vestimentaires islamiques et d'autres lois iraniennes, et ils ont une branche dans pratiquement toutes les mosquées d'Iran..

Les bassidjis jouent un rôle décisif auprès du régime théocratique car toute contestation à l'encontre de son fondement peut aboutir à une intervention de la milice islamiste. Par exemple, lorsque les étudiants ont manifesté en masse dans la capitale iranienne, la plupart des manifestants, qui scandaient des slogans contre le guide suprême Ali Khamenei, ont été victimes de torture par les bassidjis. Depuis l'accès au pouvoir de l'ancien pasdaran Mahmoud Ahmadinejad, les bassidjis bénéficient du plein pouvoir sur le plan sécuritaire afin d'empêcher . Lors des manifestations qui ont suivi la réélection contestée d'Ahmadinejad en juin 2009, ils sont soupçonnés d'avoir tiré sur la foule des opposants, provoquant la mort de plusieurs dizaines de manifestants, dont Neda Agha-Soltan.

Bibliographie

Au cinéma Chroniques d'un Iran interdit, film de Manon Loizeau sorti en 2009.. Bassidji, documentaire réalisé par Mehran Tamadon en 2009 qui présente les bassidjis de l'intérieur.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des officiers des gardiens de la révolution Forces terrestres du corps des gardiens de la révolution islamique Marine du corps des gardiens de la révolution islamique Force aérospatiale du corps des gardiens de la révolution islamique Force Al-Qods Jour des armées Histoire militaire de l'Iran

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