Marie-Thérèse Figueur dite « Madame Sans-Gêne »Après la création de la pièce de Victorien Sardou, Madame Sans-Gêne. est une célèbre soldate française, née le à Talmay et morte le , à l'hospice des Petits-Ménages dans le de Paris.

Elle s'engage comme cavalière dans l'armée française durant la Révolution, et participe à de nombreuses campagnes militaires de la République puis de l'Empire.

Elle y gagne son surnom de « Sans-Gêne » en référence à son courage sur le champ de bataille.

Biographie Fille de François Figueur, meunier, et de Claudine Viard, Marie-Thérèse Figueur est orpheline de mère à la naissance puis perd son père à l'âge de neuf ans. Sa belle-mère ne souhaitant pas s'occuper de l'enfant, elle est confiée à un frère de sa mère, Joseph Viard, sous-lieutenant de Dienne-Infanterie, qui se retire du service avec le grade de capitaine et la croix de la Légion d'honneur.

Le , alors qu'elle a à peine dix-neuf ans, son tuteur l'autorise à s'engager comme cantinière dans la Légion des Allobroges commandée par le colonel Pinon, d'où elle passe successivement au et au régiment de dragons. Elle fait dans cette arme toutes les campagnes de la République et de l'Empire.

Elle y gagne son surnom de « Sans-Gêne », en référence à son courage et à sa carrière aventureuse.

La même année, un décret du Comité de Salut public interdit le service militaire des femmes. Ses officiers de l’armée des Pyrénées signent alors une pétition afin qu'elle puisse obtenir une exception. Grâce à celle-ci, elle peut alors continuer sa carrière dans l'armée.

Ses états de service indiquent qu'elle participe notamment à la plupart des campagnes de l'an II (1792) à l'an VIII (1798) aux armées du Rhin, d'Allemagne et d'Helvétie. Au combat de La Fonderie, en l'an III, elle sauve la vie du général Nouguez, grièvement atteint d'une balle à la tête. Elle est blessée au siège de Toulon en 1793, reçoit quatre coups de sabre à la bataille de Savigliano le 13 brumaire an VIII ().

Elle a successivement trois chevaux tués sous elle, et est faite deux fois prisonnière. Elle participe également aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz et d'Iéna.

Très appréciée de ses supérieurs, elle est citée en ces termes dans une lettre adressée en 1811 par le général Quesnel au colonel du régiment des gardes nationales de la garde impériale :

En 1815, après avoir été prisonnière en Angleterre, elle assiste à une revue en uniforme de chasseur devant l'empereur Napoléon, qui la distingue. Elle prend sa retraite peu après. En , elle épouse Clément Joseph Melchior Sutter, ancien soldat, qui était aussi son ami d'enfanceFabrice Fanet, Jean-Christophe Romer (dir.), Les Militaires qui ont changé la France, avec la collaboration de Thierry Widemann, Le Cherche midi, Paris, 2008, .

Elle meurt le à l'hospice des Petits-Ménages à Paris, .

Postérité thumb|upright|Plaque commémorative de la naissance de Thérèse Figueur à Talmay, en Côte-d'Or. Son souvenir s'est presque effacé des mémoires lorsque Victorien Sardou lui donne un regain de popularité en créant au théâtre du Vaudeville sa comédie Madame Sans-Gêne (1893) mais choisissant, pour des raisons dramaturgiques, d'attribuer ce surnom à la maréchale Lefebvre, Catherine Hubscher.

Les Mémoires de Marie-Thérèse Figueur sont publiées une première fois en 1842 sous le titre Les Campagnes de mademoiselle Thérèse Figueur, aujourd'hui madame veuve Sutter, ex-dragon aux et , de 1793 à 1815, écrites sous la dictée par Saint-Germain Leduc, chez Dauvin et Fontaine.

Ils ont les honneurs d'une seconde édition en 1894 à la suite du succès de la pièce de Sardou.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Liens externes

Catégorie:Personnalité féminine de la Révolution française Catégorie:Femme dans l'armée française Catégorie:Histoire des femmes dans la guerre Catégorie:Naissance en janvier 1774 Catégorie:Naissance dans la province de Bourgogne Catégorie:Décès en janvier 1861 Catégorie:Décès dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Amazone Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française