« Margalide » Le Bondidier, née Marguerite Liouville le au Chesne-Populeux et morte le à Lourdes, est une pyrénéiste, conservatrice et cofondatrice avec son mari Louis Le Bondidier du Musée pyrénéen de Lourdes. En tant que directrice de ce musée, elle fut surnommée la « Fée du Château-fort ».
Origine familiale Le père de Marguerite Liouville, François Adolphe Liouville, est receveur de l'enregistrement et déplace sa famille en fonction de ses nominations successives (Vouziers, Mézières, Troyes, Rouen, Nancy). Sa mère est Clémentine Génin, fille d’agriculteurs de la Meuse. Á l’âge de 14 ans, Marguerite commence des études à l'école des Beaux Arts de Rouen, puis à celle de Nancy où elle se perfectionne aux arts décoratifs.
Le , à Clermont-en-Argonne, Margalide épouse un jeune confrère de son père, Louis Le Bondidier, lui aussi receveur de l'enregistrement et comme elle d'origine lorraine.
Musée pyrénéen
Pyrénéisme du couple Louis et Margalide Installé à Verdun, le couple a un fils, Yves, qui meurt le . Le , Louis Le Bondidier est nommé à Campan (Hautes-Pyrénées). Il est alors décidé à y rester le moins longtemps possible. Mais le couple découvre les Pyrénées, et entreprend aussitôt une exploration qui se mue en passion, enchaînant les courses de haut niveau. Marguerite adopte définitivement pour son prénom la forme pyrénéenne de Margalide.
Après quelques randonnées, l'ascension du pic du Midi de Bigorre est la première vraie course du couple, suivie par de nombreuses autres. Louis et Margalide ascensionnent successivement le Besiberri, la Maladeta, les Posets, réalisant cinq premières, pic Margalide, pic Maudit, pic d'Espadas, pic Beraldi, pic des Tourets. Le récit de cette équipée, publié dans le Bulletin pyrénéen, sera repris en un volume, Un mois sous la tente.
En 1908, alors que Louis organise le premier concours de ski aux Pyrénées, à Payoll, Margalide devient la première femme à pratiquer le ski dans les Pyrénées. En 1909, malgré la suppression du bureau de l'enregistrement de Campan, le couple choisit de ne pas quitter les Pyrénées pour autant.
Création du musée Alors que Louis Le Bondidier consacre désormais son temps à développer sa collection d'œuvres et d’objets typiquement pyrénéens, Margalide prend soin de réunir une collection de plantes pyrénéennes dont beaucoup sont issues de Gavarnie. Avec l'appui du Touring club de France, Louis réussit à convaincre la municipalité de lui confier le vieux château de Lourdes pour en faire l’écrin d’un musée consacré au pyrénéisme : un bail de 99 ans est signé, le Touring club étant locataire.
Le musée peut s'installer. Louis et Margalide Le Bondidier déploient une intense activité pour aménager les locaux, installer la bibliothèque dans le donjon. Le musée ouvre ses portes en 1921. Margalide a réalisé elle-même les 150 blasons de villes et de châteaux pyrénéens, ainsi que des maquettes de refuges, de maisons pyrénéennes, du village de Saint-Bertrand de Comminges, du village d'Alquézar en Haut-Aragon, de Saint-Martin du Canigou, des châteaux de Gaston Fébus. Véritable muséographe des collections et des espaces, les reconstitutions, les maquettes et les jardins composés par Margalide offrent une vocation artistique et pédagogique au parcours muséal.
Beaucoup moins visibles que certaines vitrines qu’elle a entièrement composées ou que les maquettes grandeurs nature rigoureusement exactes qu’elle a réalisées, d’importants dossiers documentaires ont également été patiemment conçus par Margalide.
Emporté le par une affection pulmonaire, Louis est inhumé à Gavarnie, à côté du monument funéraire de Franz Schrader. Déjà conservateur honoraire depuis 1930, Margalide lui succède comme conservateur du musée, jusqu'à sa mort en mai 1960. Après avoir fondé le musée avec son mari, après en avoir conçu la muséographie, à partir de 1945, Margalide va devenir la seule femme en France à la tête d’un musée avec plus de 400 000 pièces inventoriées. Ainsi, en 1958, Margalide Le Bondidier est à la tête de la 3e plus grande collection muséale en France après celles du Louvre et Versailles. On la surnomme la « Fée du Château-fort ».
Distinctions honorifiques et publications Margalide Le Bondidier est nommée en 1955 Correspondant de l’Académie (section Lettres) de Montpellier.
Publications
Le numero 30, Lourdes, éditions de l'Echauguette, 1940 La Vierge dans l'art et la tradition populaire des Pyrénées. Exposition France-Espagne, Musée pyrénéen de Lourdes, auteurs divers. Montpellier, imp. Causse, Graille, Castelnau, 1958 Les cires de deuil aux Pyrénées, Pau, Marrimpouey Jeune, 1959 Gastronomie Pyrénéiste La cuisine à 2000, édition MonHélios 2012, préfacé par Jean-Victor Parant
Distinctions honorifiques Ordre du Mérite touristique (1951) Croix de chevalier de la Légion d’honneur () Grande médaille de la Société nationale d’acclimatation de France
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Musée pyrénéen de Lourdes Château fort de Lourdes Pyrénéisme
Liens externes Site de la revue Pyrénées
Bibliographie
Catégorie:Collectionneur français d'œuvres d'art Catégorie:Pyrénéiste Catégorie:Personnalité liée à Lourdes Catégorie:Naissance en septembre 1879 Catégorie:Naissance dans les Ardennes Catégorie:Décès en mai 1960 Catégorie:Décès à Lourdes Catégorie:Décès à 80 ans