Khosrow Hassanzadeh (en ), né à Téhéran le – ) est un artiste peintre, sérigraphe et artiste d'installations iranien.
Biographie Jeunesse et formation Khosrow Hassanzadeh naît le à Téhéran, dans une famille azerbaïdjanaise modeste de marchands de fruits. Il n'a que 16 ans lorsque la guerre Iran-Irak éclate ; il quitte alors l'école et s'engage dans la milice Basij, mais est ensuite contraint de rester sous les drapeaux. Ses supérieurs utilisent néanmoins ses talents artistiques à des fins de propagande. Selon lui, la guerre et la Révolution islamique le sauvent d'un sort plus funeste et lui ouvre les portes d'une carrière d'artiste, tant en Iran qu'à l'international, ce qui n'aurait pas été possible sous le régime précédent.. À son retour de la guerre, il choisit de travailler sur des thèmes reflétant son expérience du conflit..
Hassanzadeh réalise ses premières toiles au milieu des années 1980, alors après son retour à la vie civile, il reprend ses études à Téhéran : il suit un cursus de peinture à l'université Mojtama-e-Honar de 1989 à 1991, tient ses premières expositions en 1991 et 1993, puis intègre la faculté de littérature persane de l'université islamique Azad de 1995 à 1999 et rencontre son mentor dans son école d'art clandestine, dont l'approche surréaliste l'influence... Ses professeurs d'art lui conseillent de « dessiner en petit format » afin que son travail soit commercialisable, mais il ignore ce conseil. Dès le départ, il est déterminé à peindre de grandes fresques et des affiches.
Carrière Reconnaissance internationale avec War Khosrow Hassanzadeh expose pour la première fois dans les années 1980, mais n'acquiert une reconnaissance internationale qu'avec (« Guerre », 1998), un journal intime sombre et incisif composée de dessins cauchemardesques en noir et blanc représentant des personnages portant des masques à gaz et des sacs mortuaires, dans lequel il relate ses expériences de soldat volontaire pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988). Cette exposition marque un tournant dans sa carrière, car son public est principalement occidental. Il décide par la suite de « poser un regard critique sur sa propre société » et « cherche des signes de culture et d'identité » : c'est ainsi qu'il intègre l'Islam dans ses œuvres.
Introduction des thèmes religieux avec Achoura et Chador Dans Achoura (2000), une interprétation « féminine » de la cérémonie religieuse chiite la plus vénérée, il représente des femmes vêtues du tchador, entourées d'iconographie religieuse. Il peint la même année (2000), en réponse à la perception occidentale du voile comme symbole de l'oppression des femmes musulmanes.
Exploration de la sociologie iranienne avec Prostitutes et Terrorists Avec (2002), il poursuit son exploration des thèmes sociologiques propres au paysage urbain iranien ; il utilise des photos d'identité judiciaires pour rendre hommage à seize prostituées assassinées à Machhad, capitale religieuse de l'Iran. Elles sont créées après que le cinéaste Maziar Bahari lui commande une affiche pour son film (« Et l'araignée est arrivée »).
Dans (2004), l'artiste remet en question le concept de « terrorisme » dans la politique internationale (dont le point de vue est très différent en Occident et au Moyen-Orient) en se représentant lui-même, sa mère et ses sœurs comme des « terroristes », à la manière des portraits de terroristes talibans et d'Al-Qaïda diffusés sur Internet : lui et sa famille sont considérés comme tels à cause de leur foi.. La taille des sérigraphies impressionne le spectateur et l'amateur : il a fallu énormément de précision à Hassanzadeh pour réaliser les pochoirs.
Carrière en Iran puis mort soudaine Contrairement à nombre de ses contemporains qui quittent l'Iran, Hassanzadeh choisit de continuer à vivre et à travailler comme artiste dans son pays.. Installé à Téhéran, il exerce les métiers d'acteur, d'artiste plasticien et de céramiste. Son œuvre est présentée dans de nombreuses expositions en Europe et au Moyen-Orient. Le magazine Time le décrit un jour comme l'un des artistes les plus en vue du pays Time, vol. 169, 2007, p. 39..
Khosrow Hassanzadeh meurt le , à l'âge de , des suites d'un coma causé par une intoxication au méthanol (après avoir bu de l'arak de contrebande frelaté). Sa mort émeut le public iranien, qui accuse le gouvernement d'être responsable de ne pas règlementer l'alcool, ce qui conduit à produire clandestinement des produit dangereux, voire même d'empoisonner volontairement certaines boissons alcoolisées.....
Marié et divorcé deux fois, d'abord à Ashraf Mehmandoost, avec qui il a eu deux enfants, puis à Eugenie Dolberg, avec qui il a deux enfants, il laisse dans le deuil sa compagne, ses enfants, sa sœur et son frère.
Œuvre Analyse Khosrow Hassanzadeh est influencé en Iran par le mouvement Saqqa-Khaneh, l'art persan ainsi que par son mentor le peintre surréaliste , et par les artistes pop art Andy Warhol et Roy Lichtenstein en Occident.
Il travaille principalement la peinture, la sérigraphie, la mosaïque et les techniques mixtes. Avec la combinaison des techniques de sérigraphie et de céramique, Hassanzadeh produit des œuvres pop art qui traitent de façon très critique de la vie quotidienne des Iraniens et de questions sociologiques telles que la guerre, les femmes, les célébrités, la culture traditionnelle, les héros, la famille ainsi que la relation entre la société iranienne et l'Occident. Les spécialistes décrivent son style comme se situant entre l'art dissident et l'art du régime. L'artiste lui-même qualifie son travail d'« art du peuple » car il traite de problèmes sociaux qui affectent le quotidien des Iraniens.
Il représente aussi des figures emblématiques de la classe ouvrière, notamment des lutteurs, avec sa série de sérigraphies aux couleurs très vives (2003), où il reproduit d'anciennes photographies de lutteurs traditionnels qui avaient une fonction sociale et étaient très respectés, et des musiciens « légendaires », comme Gholamreza Takhti et Gougoush.. Selon Basciano, , des thèmes que l'on peut retrouver dans d'autres œuvres.
Après que son œuvre a pris un tournant dans les années 2000 lors desquelles il inclut des thématiques religieuses dans ses sujets, Khosrow Hassanzadeh (comme d'autres artistes du Moyen-Orient) se montre très critique sur la perception occidentale des artistes musulmans ou de la région, qui selon lui détourne l'attention de la valeur artistique de leurs œuvres. Selon Mirjiam Shatanawi,
Œuvres principales
, série de peintures (1988–1998). , série de pastel sur papier (1988) (1998), série de peintures , huile sur toile, (1999) , installation (collaboration avec Sadegh Tirakhan), au Musée d'art contemporain de Téhéran (2001). , série de peintures (2000) , série de collages et peintures (2002) , série de peintures, dont certaines sur céramique (2003) , série de sérigraphies de grand format basées sur des photographies (2004) Ya Mi Modal, sérigraphie et huile sur papier, (2008). , techniques mixtes, (2007-2009).
Conservation Ses œuvres figurent dans les collections du British Museum, du Musée d'art contemporain de Téhéran, de la Banque mondiale et du Wereldmuseum, entre autres institutions.
Expositions notables Khosrow Hassanzadeh a organisé des expositions personnelles à Amsterdam, Beyrouth, Dubaï, Londres, Phnom Penh et Téhéran.
Les plus notables sont : (1998) au Diorama Arts Centre de Londres, qui lui donne une renommée internationale (2000), installation multi-médias de sculptures, vidéos, photographies et peintures sur les effets nocifs de la pollution atmosphérique sur les enfants (collective, 2001), au Barbican Centre de Londres (collective, 2002), au musée d'art contemporain de Téhéran (2005), première exposition de photographies au Centre de Cultura Contemporània de Barcelona à Téhéran Rétrospective au Wereldmuseum Amsterdam (2006). Exposition individuelle au French Cultural Centre de Damas (2007) , exposition collective au Victoria and Albert Museum, à Londres (2021) Exposition individuelle au Vida Heydari Contemporary à Pune (Inde), où il a présenté une série de peintures poétiques autobiographiques pour explorer l'histoire commune de la poésie de l'Inde et de l'Iran
Cinéma Khosrow Hassanzadeh a été acteur dans Le voyage de Maryam de Sepideh Farsi, sorti en 2003..
Notes et références
Annexes Bibliographie
.
; et rééd. 2008, p. 146.
Documentaires Maziar Bahari, , 1999 (notice sur IMDb).
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