Jules Bastien, dit Jules Bastien-Lepage, né le à Damvillers et mort le à Paris, est un peintre et graveur naturaliste français.
Biographie
Fils de Claude Bastien et de Catherine Adèle Lepage, Jules Bastien-Lepage naît à Damvillers, près de Verdun, dans un milieu modeste et humble de propriétaires terriens et de paysans. Il suit des études secondaires à Verdun au lycée Buvignier et, muni de son baccalauréat ès-sciences après une scolarité sans relief particulier, où il manifesta une timide vocation artistiqueSon professeur de dessin au collège de Verdun, probablement Théodore Achille Fouquet, l'initie ainsi que son camarade, le futur peintre Raphaël Collin, aux rudiments de la composition académique., il arrive à Paris en 1867. Il entre à l'administration générale des Postes en tant que surnuméraire, ce qui lui laisse le temps de travailler le dessin. La situation n'est cependant pas glorieuse. À la même époque, il tente le concours de l'École des beaux-arts de ParisNotice « Jules Bastien-Lepage » du Dictionnaire Bénézit sur bastien-lepage.blogspot.fr.. Il ne sera pas reçu mais pourra fréquenter les cours en tant qu'aspirant. L'année suivante, il est admis dans l'atelier d'Alexandre Cabanel où il s'entraîne à dessiner. Le , il est enfin reçu premier au concours et entre aux Beaux-Arts dans la section peinture ainsi que son ami Raphaël Collin. Commencent alors de nombreuses démarches pour l'allocation de bourses et aides financières diverses. Il débute au Salon de 1870 avec un portrait qui ne fut pas remarqué.
En 1873, il expose Au printemps et, en 1874, Portrait du grand-père de l'artiste, tous deux particulièrement appréciés par les critiques. Il obtient une médaille de troisième classe pour le portrait de son grand-père au Salon de 1874. En 1875, l'Annonciation aux bergers lui permet d'être deuxième au grand prix de Rome. Il va hésiter entre deux directions : les thèmes traditionnels et ses goûts pour les scènes de la vie paysanne. Peintre de la vie rurale, il aime travailler près des paysans, les suivre dans leurs occupations quotidiennes. Viendront : Saison d'octobre, Le Père Jacques, L'Amour au village, Le Faucheur aiguisant sa faux
Pendant la décennie suivante, il exerce une grande influence sur les jeunes peintres, en France, dans toute l'Europe et en Amérique du Nord.
Dans le parc des Rainettes à Damvillers, alors vaste verger, il souhaite créer un atelier de plein air. Il y reçoit des personnalités, telles que le frère du roi de Serbie ou l'écrivain André Theuriet. Parallèlement, il fait une carrière de grand portraitiste par un travail qui rappelle la facture du réalisme flamand dans ses dimensions modestes et sa technique précise. Ce sont les portraits du prince de Galles, d'Albert Wolff, de Madame Godillot, de Juliette Drouet, de Sarah Bernhardt
Marie Bashkirtseff lui voue une admiration profonde. Il ne travaille guère plus de dix ans et, pourtant, il laisse une œuvre originale et innovante. Ses toiles figurent dans les plus grands musées du monde : Paris, Londres, New York, Moscou, Melbourne, Philadelphie… Il compte notamment parmi ses élèves Elena Samokich-Soudkovskaïa.
Jules Bastien-Lepage meurt le « Obsèques de Bastien-Lepage, inhumation à Damvillers », Le Temps, (en ligne sur Gallica). dans son atelier de la rue Legendre, dans le de ParisArchives de Paris, acte de décès dressé le , vue 13 / 31. d'un cancer testiculaire.Diagnostic révélé par le Dr Jules Watelet, médecin et ami intime ("Wava") de Jules Bastien-Lepage, pour faire taire les rumeurs de maladie vénérienne et les accusations proférées à son encontre par des journalistes. Cette révélation a été à l'origine de l'« affaire Watelet », qui lui vaudra une condamnation pour violation du secret professionnel. Jules Bastien-Lepage avait fait un portrait du fils de son ami, également prénommé Jules. Le sculpteur Hippolyte Lefèbvre a réalisé en 1892 un portrait du Dr Jules Watelet conservé au musée d'Orsay.. Après sa mort, c'est son frère ÉmileArchitecte des beaux-arts, il devint peintre paysagiste. qui donna au jardin des Rainettes son aspect de parc.
Distinction ()..
Œuvre Jules Bastien-Lepage est un des principaux représentants du naturalisme en peinture.
Une analyse du tableau de Bastien-Lepage par le critique Paul Mantz permet de mieux comprendre la complexité des réactions de l'époque devant ces images de moments de repos après des travaux pénibles : Cité in: Richard Brettell, Caroline Brettell, Les Peintres et le paysan au , Genève, Éd. Skira, 1983..
Émile Zola et Bastien-Lepage
, écrivent Patricia Carles et Béatrice DesgrangesDans les Cahiers naturalistes (http://www.cahiers-naturalistes.com/pages/Bastien.html en ligne)., Une lecture attentive des textes montre qu'il n'en est rien. Fidèle à sa méthode critique, qui constate et analyse les évolutions objectives de l'histoire de l'art plus qu'elle ne définit des règles, Zola montre comment Bastien-Lepage, formé par Cabanel, a inconsciemment subi l'influence dont il consacre le triomphe en l'affadissant, en la mettant à la portée du public. Mais le succès de Bastien-Lepage milite contre le peintre aux yeux de Zola : les vraies personnalités sont toujours en butte à l'hostilité de .
Citation ..
Œuvres dans les collections publiques Nemours, Château-Musée : Retour des champs, 1878, eau-forte, 41 x 30 cm. 2016.0.4. Paris : musée des Arts décoratifs : Petit Cireur de bottes à Londres, huile sur toile, .
Postérité
Le musée Jules Bastien-Lepage de Montmédy (Meuse) est consacré à son œuvre. Le peintre catalan Manuel Feliu de Limus le reconnaît comme source d'inspiration majeure Notice, sur Real Academia de la Historia.. Le Monument à Jules Bastien-Lepage par Auguste Rodin et Émile Bastien-Lepage (peintre, frère du peintre) a été érigé en 1889 à DamvillersNotice sur le site du musée d'Orsay.. Par la suite, des répliques de ce monument ont été fondues. On les trouve au square Carrier-Belleuse à Sèvres, au musée d'Art du comté de Los Angeles, dans le parc de l’université Stanford à Palo Alto, à Shizuoka au Japon, à la de Séoul en Corée, sur la place de France à Erevan en Arménie« Bastien-Lepage, de Damvillers à Erevan », sur le site du Conseil Régional de Loraine.. Une rue du de Paris porte son nom. Une rue de Nancy porte son nom.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie André Theuriet, Jules Bastien-Lepage : l'homme et l'artiste, Paris, G. Charpentier et , 1885.
Henri Claude, La Lorraine vue par les peintres, Thionville, Serge Domini, 2003, , 106, 144 . Bernard Ponton, Jules Bastien-Lepage, peintre lorrain, édition Citedis, 1999.
Liens externes
Bases de données et dictionnaires
Autres Musée Jules-Bastien-Lepage à Montmédy. Présentation de l'exposition « Jules Bastien-Lepage (1848-1884) » de 2007 au musée d'Orsay, sur le site de La Tribune de l'art. « Jules Bastien-Lepage » sur ArtCyclopedia. Notice « Jules Bastien-Lepage » du Dictionnaire Bénézit sur bastien-lepage.blogspot.fr.
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