La pyramide d'Oudjebten est située au sud-est de la pyramide du roi , dont elle fut l'une des épouses. Elle fait partie intégrante de la nécropole bâtie à l'époque de autour de son complexe pyramidal à Saqqarah sud. Elle est découverte au début de la saison d'hiver 1925-1926 par Gustave Jéquier qui fouille la nécropole de la pyramide de dans les années 1920 et 1930.
Complexe funéraire vignette|gauche|Plan du complexe pyramidal d'Oudjebten
Mur d'enceinte
Un mur d'enceinte fait tout le tour du complexe ; il mesure de large à la base et repose sur des fondations peu profondes, en maçonnerie, qui remplissent un fossé creusé à cet effet. Ce mur est constitué de deux parois en gros blocs de pierre blanche soigneusement ajustés et taillée sur les faces apparentes ; l'intervalle entre ces deux parois est rempli de matériaux divers et du mortier. Il ne reste aujourd'hui pratiquement rien, au point même que les pierres de fondations ont en plusieurs endroits été enlevées, ne laissant que le fossé dans lequel elles se trouvaient ; il ne reste que quelques pierres en place en seulement trois points, au nord et à l'ouest mais aussi au coin nord-est sur trois assises ( de haut) où l'enceinte est également un mur de la chapelle funéraire. La hauteur du mur est inconnue, mais Gustave Jéquier suppose qu'elle ne devait pas dépasser quatre mètres et se terminait peut-être en dos d'âne comme dans de nombreux monuments analogues. Cette enceinte forme un carré décentré par rapport à la pyramide, la distance entre le mur d'enceinte et la pyramide étant plus élevée au sud, où se trouve une cour allongée, et à l'est, où se trouve la chapelle funéraire dont le mur fait partir intégrante, qu'au nord et à l'ouest, où l'espace ne forme qu'un couloir étroit.
La seule porte perçant l'enceinte se trouve à l'ouest du coin nord-est ; assez étroite, elle s'ouvre sur la chapelle funéraire et est aujourd'hui encore debout. Les montants de la porte sont constitués de grands blocs de grès gris, hauts de ; ils sont inscrits en creux sur la face donnant sur l'extérieur avec les titres et le nom de la reine au dessus d'une figure de cette dernière, sculptée en creux également. Cette porte pouvait être fermée par un système particulier : sur le montant droit, « à l'opposé de l'emplacement du pivot, une large rainure double monte du seuil contre la battue et se termine dans le haut, à peu près au milieu du montant, par deux élargissements superposés qui paraissent destinés à servir de logement à une double poignée. On pourrait supposer qu'il y avait là une tringle se mouvant verticalement, mais pour cela il aurait fallu des anneaux de fixation ou un système analogue, et il n'existe sur la pierre aucune trace quelconque d'un appareil de ce genre. Il n'y a même pas de trou dans le seuil au bas de la rainure. Les grandes portes de granit du temple funéraire de ont un système de fermeture identique, sauf qu'au milieu des élargissements terminaux sont percés des trous profonds, destinés sans doute à l'insertion de deux gros verrous ; il semblerait ainsi que celui d'Oudjebten n'a pas été achevé ».
En dehors de la chapelle qui remplit toute l'espace entre la pyramide et de le mur d'enceinte est, ont été découvertes des constructions en briques, de qualité médiocre et datant d'une réoccupation postérieure de cet emplacement, entre la fin du fonctionnement du complexe funéraire et sa destruction ; en effet, ces constructions reposent sur le sol même et non sur des couches de débris. La partie est de la cour, c'est-à-dire la partie adjacente à la chapelle funéraire, était peut-être séparée du reste de la cour par transversal, mais rien ne permet de le confirmer. Dans cette partie est de la cour se trouve presque accolé au mur sud un grand puits bien maçonné en pierres de dimensions moyennes, non parées, s'enfonçant jusqu'à une profondeur de trois mètres puis s'arrête sans aboutir à aucune chambre. Ce puits était dissimulé par d'épaisses dalles de calcaire blanc. Il semble, à l'allure du dallage le recouvrant, que ce puits n'était pas un puits inachevé, abandonné en cours d'exécution.
Chapelle funéraire
Appuyée d'un côte au mur est de l'enceinte qui en fait partie intégrante, de l'autre à la pyramide elle-même, se trouve la chapelle funéraire qui est découpée par un certain nombre de murs transversaux, formant ainsi plusieurs salles de même longueur mais de largeur inégale. Les murs, épais d'un mètre seulement, sont en gros blocs accolés, sans rien entre eux contrairement au mur d'enceinte. Ils reposent sur des fondations peu importantes en petits matériaux disposés dans un fossé creusé à cet effet sur le terrain aplani. Les dallages sont posés directement sur le sol, sauf lorsqu'une dalle trop mince nécessite un calage en mortier et petites pierres. La qualité d'exécution des décors de la chapelle funéraire est inférieure à la qualité des autres monuments royaux.
Arrivant par la porte extérieure décrite précédemment, la première pièce est une sorte de vestibule carrée, à côté de laquelle est ménagée à l'est une petite salle ayant du servir de logement pour le portier ou pour le prêtre de service. Du vestibule, deux portes donnent accès, à l'ouest à l'espace étroit entre la pyramide et le mur nord de l'enceinte, et au sud à la cour. De ces portes, il ne reste rien, si ce n'est le système de fermeture : un trou creusé en biseau dans le dallage côté vestibule à environ soixante centimètres de la porte, permettant de la caler solidement avec une pièce de bois posée obliquement.
La cour, de forme carrée, est la pièce la plus spacieuse de l'édifice. Plus tardivement, à une époque indéterminée, des murs de briques ont été rajoutés dans cette cour, créant ainsi deux pièces avec couloir central et quelques locaux très petits du côté ouest. Parmi les reliefs découverts se trouvent ceux où Oudjebten se présentait devant une déesse, Hathor ou Bastet, en lui apportant des offrandes. Dans l'une de ces scènes, la reine, gardée par le vautour qui plane au-dessus de sa tète, est suivie de ses servantes. Cette représentation devait être double, en miroir l'une de l'autre sur des parois en vis-à-vis d'une même salle, peut-être la cour. De cette cour proviennent également une frise de lions qui devait se trouver au niveau du socle d'une statue de la reine.
Au sud de la cour se trouvent quatre autres pièces étroites et parallèles, de même forme et de dimensions presque identiques. La première de ces pièces était probablement un simple corridor : s'ouvrant au nord-ouest et débouchant au sud-est ; elle est divisée en deux par un encadrement de porte. La pièce suivante est le sanctuaire, accessible depuis le nord-est et débouchant au sud-est à la pièce suivante. Du côté ouest de cette salle se trouvaient la stèle fausse porte en calcaire de Tourah et peinte en rouge pour imiter le granit, aujourd'hui à terre, et, devant elle, la table d'offrandes en albâtre encore en place. La table d'offrande ne se trouve pas exactement au milieu de la partie est de la salle, car elle se trouve dans l'axe de la pyramide, axe légèrement décalé au nord par rapport à l'axe de la pièce. Elle était fait d'un bloc d'albâtre épais de cinquante centimètres, large de et long de , posé sur le dallage et complété du côté est par un petit escalier de quatre marches. Les scènes figurant les offrandes ou les porteurs de ces dernières, dont une scène de boucherie, devaient provenir du sanctuaire ou de ses abords immédiats.
Les deux dernières salles étaient semblables au sanctuaire, mais il ne reste pratiquement rien de leurs murs et de leurs dallages, rendant leur reconstitution assez hypothétique. Gustave Jéquier a supposé que les statues de la reine se trouvaient peut-être là : même si la salle des statues avec les niches se trouve normalement avant le sanctuaire, l'absence d'un tel emplacement avant le sanctuaire permet de supposer qu'elle se trouvait après. Au delà des vestiges de ces deux dernières chambres, un escalier aux marches assez grossièrement taillées menant au toit de la chapelle s'élève sur une maçonnerie des plus rudimentaires, qui à première vue semble n'être qu'un tas de décombres. Autour de cette maçonnerie se trouvait un massif rectangulaire en gros matériaux appuyé à la pyramide et terminant l'ensemble de la chapelle. Un passage devait également exister entre ce massif et le mur est de l'enceinte, permettant d'accéder depuis la chapelle à la cour sud ; cependant, l'état de la ruine ne permet pas de reconstituer de manière certaine la disposition des lieux. L'escalier partait de la face sud du massif, du côté de la cour, tournait à droite après la sixième marche et devait aboutir au toit de la chapelle. S'il a subsisté jusqu'ici, c'est probablement du fait de la mauvaise qualité des matériaux qui aurait rebuté les carriers.
Autres éléments de la chapelle funéraire
Certains éléments découverts dans la chapelle, sans que leurs localisations d'origine exactes ne puissent être déterminées. Parmi ces éléments se trouvent une inscription mentionnant le pyramidion de la pyramide couvert d'électrum. Un autre élément est un montant d'une porte relativement modeste. Des fragments d'une inscription ont également été découverts : le texte semble être le décret de fondation de la pyramide de la reine daté de l'an 33 du règne de ; la particularité de ce décret et qu'il mentionne un certain nombre de témoins. Un autre élément est une caisse rectangulaire faite en dalles de calcaire peu épaisses ajustées les unes aux autres ; si cette inscription avait été funéraire, on aurait pu croire qu'il s'agissait du cercueil de la reine, mais l'inscription n'est pas religieuse mais relate simplement ce don royal pour sa reine.
Vestibule
À l'avant de la porte d'entrée de la chapelle funéraire se trouvait le vestibule construit en briques conservés sur une hauteur de quatre mètres. Ce vestibule s'étend vers l'est au delà sur mur d'enceinte, permettant par une autre porte d'accéder aux dépendances du complexes, construites en briques également. La porte de ce vestibule est située au nord, en face de la porte de la chapelle ; il ne reste que le seuil, tandis que le linteau semble être celui découvert dans le temple funéraire de . Quant à la porte menant aux dépendances, elle a été découverte encore debout : elle est constituée de deux montants faits chacun de deux blocs de longueur inégale. Le linteau porte une inscription sur sa face antérieure indiquant que la porte faisait partie d'un monument de la famille des prêtres attachés héréditairement au culte funéraire de la reine.
Dépendances
Le plan des dépendances est très confus du fait de la réutilisation des lieux à des époques ultérieures. L'ensemble est construit en briques crues. À l'est, l'espace est large de quatorze mètres, tandis qu'au sud, il est large au maximum de . L'ensemble a été réutilisé pour abriter des tombes de classes sociales inférieures probablement, peut-être de la Première Période intermédiaire.
Pyramide Superstructure vignette|gauche|Plan en coupe de la pyramide d'Oudjebten